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Structure d’accueil, Utique
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Moez Toubal, Architecte, AMVPPC
Texte : Mohamed Sadok CHAIEB

L’agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle est l’organe qui gère les sites archéologiques en Tunisie. De part l’importance de sa mission, la délicatesse de l’intervention dans des sites archéologiques a doté ses architectes d’une grande sensibilité, et d’une attitude qui accompagne subtilement les visites.

Archi-Mag a choisi de présenter la structure d’accueil d’Utique, qui comme nous le savons, est l’une des villes les plus anciennes de Tunisie, fondée trois siècles avant Carthage par les phéniciens, vers le XIe siècle avant J.C.


Le site, qui nous dévoile à peine 20% de sa surface, est susceptible de devenir un site majeur, surtout avec le développement du tourisme culturel.

Il contient surtout des villas romaines, en extension d’autres puniques, ainsi que d’une nécropole, et d’un forum romain pas encore totalement fouillé. Les statues, mosaïques de valeur et autres sont conservées dans le musée limitrophe, que vient d’agrandir l’INP.

Cette structure d’accueil frappe par sa simplicité et sa légèreté. La clarté des volumes et les proportions de la construction sont un clin d’œil aux ruines se trouvant derrière.


Ses volumes candides se détachent nettement du vert environnant et la surélévation fait ressembler le bâtiment à un objet raffiné de design flottant sur la verdure environnante.

Le projet a été conçu dans le cadre d'une promenade architectonique qui introduit à la découverte historique d’Utique.

Un itinéraire part de ce volume à la découverte du site archéologique et de son territoire ; le bâtiment représente le point de départ d'une découverte de l’une des plus vieilles villes de Tunisie. Ses volumes simples incitent à une promenade sans préjugés culturels.


Ce volume constitue le lien symbolique et réel entre le site d’Utique, trois fois millénaires, et le monde.
L'architecture de ce bâtiment se distingue dans sa pureté et sa modernité en créant de forts liens avec les éléments environnants. Le rapport entre les nombreuses ouvertures et les parois continues crée un agréable jeu de contrastes, la différenciation extrême et recherchée de tous les détails engendre une incroyable variété dans chacune des vues possibles et invite le visiteur à chercher les différentes perspectives possibles.

On approche la structure aisément, et les terrains nus tout autour (dont le sous-sol est riche de vestiges) mettent en valeur ce petit objet architecturé.

Un portique à poteaux circulaires flotte légèrement sur d’autres volumes, tout aussi blancs. Un petit cube blanc, à la ferronnerie minimaliste, abrite les guichets sur le côté droit.

De l’autre côté, et toujours sous le même portique se dressent des supports carrés, servant à l’affichage d’informations sur le site, ainsi que le volume abritant les toilettes.

Le petit volume du guichet, ainsi que le portique, se détachent de la lourdeur de la masse à gauche, et se muent dans une direction inclinée, préparant du coup le visiteur à s’orienter vers le site proprement dit.

Un sentier battu prend en compte les visiteurs, et les accompagne vers les vestiges, qui commencent à se percevoir de loin.
Du coup, cette structure joue le rôle d’une préparation à la découverte, elle met en condition et prépare le visiteur à découvrir un parcours de l’histoire.

Une structure d’accueil calme et forte par sa blancheur, nous projette, comme par une force centrifuge, à la découverte d’un site trois fois millénaire.

Le choix d’un vocabulaire sobre, sans grandes références « acculturées », rend cette structure contemporaine, un élément qui reflète une nouvelle attitude, celle que recherche la jeune architecture en Tunisie, et dans le Maghreb.

Informations sur le site :
On dit d’Utique que c’est l’un des tout premiers comptoirs phéniciens implantés en terre africaine, probablement vers 1100 avant J.C. (Pline précise même : 1101 !).

Aînée de Carthage, Utique joua longtemps le rôle de capitale avant d’être éclipsée par sa voisine fondée à la fin du IXe siècle avant J.C. mais rapidement montée en puissance. Associée, parfois malgré elle, au destin de sa voisine, la ville connut des périodes fastes et des heures sombres.

Mais, au tournant décisif de la confrontation entre Carthage et Rome, elle sut se ranger du bon côté, ce qui, en 146 av. J-C., lui a valu le privilège de redevenir, pour 130 ans, la capitale de l’Afrique. Ensuite, il advint d’elle ce qui advint de la plupart des cités antiques de Tunisie : une fortune diverse scellée au VIIe siècle par un déclin irrémédiable.

Le site archéologique d’Utique, qui couvre une superficie des plus modestes, est aujourd’hui situé à 12 km de la mer par suite du rembloiement deltaïque de l'embouchure du fleuve Medjerda. Il comporte quelques édifices en surface, en particulier cette superbe « maison de la cascade », mais aussi d’autres maisons, des temples, un forum, des thermes, les traces de théâtres, cirques, amphithéâtres, etc.

Moins spectaculaire mais plus important, peut-être, le niveau souterrain qui a été dégagé et qui a mis au jour une nécropole punique. Des sépultures remontant jusqu’au VIIe siècle av. J-C. ont livré un précieux mobilier funéraire qui nous renseigne sur les croyances qui prévalaient à cette époque ainsi que sur le genre de vie de la population et de ses activités etc.
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