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Villa à Hergla
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| Entre la ville et le château d’eau |
Adel HIDAR, Architecte – Urbaniste IUP

Surplombant la Méditerranée et l’ouest de Hergla, le site se trouve en léger contrebas par rapport à un château d’eau édifié à la fin des années 1970 et qui s’impose aux environs par une forte présence signalétique. La parcelle du projet est comprise dans une position intermédiaire entre la ville et son territoire ; l’expansion de Hergla lui confère progressivement un statut urbain.

Dès les premières réflexions, il paraissait primordial d’établir un lien conceptuel entre la nouvelle construction et la ville.

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La disparité morphologique de la taille des parcelles urbaines et périurbaines, ainsi que la densité du bâti en centre ville, incitent à l’élargissement de la lecture paysagère au-delà de l’analyse architectonique des maisons et des constructions hergliennes. |

Le château d’eau, par son gabarit monumental, rétablit l’échelle entre le site et la ville : il installe la nouvelle construction dans un système paysager qui admet une certaine forme de verticalité.

Celle-ci se trouve matérialisée par la façade urbaine qui se déploie sur deux niveaux et dont l’orientation plein sud regarde la voie principale qui relie le site à Hergla.

Les ouvertures minimales de cette façade – qui accueille toutefois l’entrée principale – et la sobriété de ses lignes, dépourvues de toutes formes d’ornementation, s’inscrivent dans une logique de clôture, de retrait et d'isolement.

La linéarité de la façade urbaine se plie cependant à l’orientation paysagère de la maison. L’articulation de deux modes d’orientation (urbaine et paysagère) constitue la clef de voûte du parti architectural et urbain de ce projet.

Le patio, centre de vie et lieu de convergence des espaces intérieurs, s’ouvre sur un vaste panorama offrant au séjour principal la vue sur la chaîne montagneuse de Zaghouan et sa rencontre avec la mer.

Il octroie aussi aux habitants un contact direct avec la nature proche et aménagée. La végétation dépouillée du patio conforte le rythme des poteaux qui supportent une vaste galerie l’entourant partiellement.

La combinaison de ces deux échelles de paysage (proche et lointain) fait appel à un travail sur le cadrage des vues en fonction de la qualification de chaque espace.

Ces variations sur les dispositifs visuels intégrés à la construction sont les moteurs de diverses sensations spatiales.

La façade ouest de la maison, particulièrement exposée à la chaleur durant la saison chaude, est protégée par un système de double peau qui accentue l’ombrage des ouvertures amorcé par une épaisseur considérable des murs.

La double peau (qui abrite un espace de circulation) est elle-même rythmée par des ouvertures en décalage avec celles de la paroi extérieure de l’habitat. Un tel dispositif permet d’atténuer l’incidence directe des rayons de soleil tout en préservant la richesse visuelle.

Les différents réglages de la lumière s’accordent au principe que chaque pièce constitue une entité lumineuse indépendante. L’éclairage est optimisé aussi bien par l’orientation que par le travail sur les coupes du bâtiment, soulignant ainsi le jeu d’ombre et de lumière qui caractérise l’architecture de la Méditerranée.

Légende plans
1 Entrée principale
2 Jardin mineral sud
3 Skifa ou porche d’entrée
4 Hall de distribution
5 Séjour
6 Terrasse
7 Oust-e-dar ou Patio
8 Salle à manger
9 Cuisine
10 Cellier
11 Buanderie
12 Cour de service
13 Jardin intérieur
14 Espace tv et lecture
15 Suite des maîtres
16 Piscine
17 Pool house
Conçue essentiellement sur un seul niveau, la maison adhère au site par l’encrage de la façade urbaine et le caractère semi-rigide de la paroi en double peau dont l’élément extérieur suit le nivellement de la pente naturelle.

18 Bains
19 Vides sur r-d-c
20 Appartements invités
21 Mezzanine
22 Bibliothèque
Les espaces ludiques et liés à la période estivale sont regroupés au nord de la maison. Ils s’inscrivent dans une dialectique de prolongement des espaces intérieurs où la rupture entre le dedans et le dehors est amplement estompée.

Les circulations sont rationalisées à l’intérieur de l’habitat de sorte à préserver l’intimité et le confort de chaque individu. A l’extérieur, plusieurs types de déambulations sont rendues possibles grâce à deux transitions verticales qui permettent un accès aux différentes terrasses confortant ainsi l’interaction entre les espaces architecturaux et la nature environnante.
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