MAGAZINE D’ARCHITECTURE EN LIGNE
 
 
Retour
  

 

 

Houcemeddine Cherif, architecte
Commentaire : Mohamed Sadok Chaieb, architecte

L’apport des jeunes architectes dans le nouveau dynamisme dont témoignent les régions intérieures de la Tunisie est sans doute primordial pour requalifier les villes et villages. Avec le nombre sans cesse croissant qui viennent garnir les bancs des

demandeurs d’emploi, une nouvelle race de jeunes architectes dynamique est entrain d’émerger. On ne demande rien aux autorités, au contraire, on propose ses talents et ses intentions pour un avenir meilleur à nos villes et villages.

C’est dans ce contexte je crois, que nous pouvons présenter le travail de notre dynamique collègue Houcemeddine Cherif. Il va aussi au devant des aspirations de sa ville natale Gafsa.
Outre le fait qu’il participe activement dans le travail associatif, notamment dans l’association de sauvegarde de la médin de Gafsa, il propose aussi de nouveaux projets à sa ville.

On s’intéressera à trois projets : un rond-point à l’entrée sud de la ville au niveau du campus universitaire, une restructuration du marché, dont le fonctionnement et les façades ont été revus et corrigés, et enfin un nouveau centre commercial « Capsa Center ».

1- Requalification du marché central de Gafsa : Une requalification du marché central de Gafsa est susceptible de changer l'aspect du centre-ville de gafsa, lui donnant du coup une nouvelle splendeur. Voici l'état actuel du marché :

Et voici une nouvelle vision du marché et de ses environs :


Vue aérienne du marché projeté


L'intérieur avec l'aménagement d'un plan d'eau et d'une mosaïque évoquant les piscines romaines de l'antique Gafsa


Le marché des volailles


Détail de la fontaine

2- Capsa Center : Un nouveau centre commercial projeté au centre-ville de Gafsa

3- Centre médico-sportif de Gafsa :


4- STYLO-PHARE : La description du monument du rond-point stylo-phare (source : le livre d’or) :

A l'heure où la politique nationale de l'équipement et de l'aménagement du territoire mise en priorité sur les désengorgements des villes par une optimisation de la gestion de la circulation, des efforts considérables sont mis en œuvre afin de combiner aménagement et embellissement des villes.
L'époque des ronds-points ultra bétonnés ou portant deux plantes fanées en leur centre est dépassée.Pourquoi ne pas mettre à contribution de jeunes talents afin de rompre la banalité d'un simple rond-point ?
C'est dans ce cadre que la municipalité de Gafsa a lancé un concours faisant appel aux architectes de la région, leur demandant d'imaginer un monument pour le nouveau rond-point de 32 m de diamètre à l'entrée de la ville en arrivant de Tozeur, avec pour thème fédérateur la jeunesse, le savoir et l'espoir en l'avenir.
Houcemeddine Cherif, le lauréat du concours commente son projet :
La ville de Gafsa est une ville qui fonctionne le jour, pas la nuit. D'ailleurs on ne trouve pas souvent d'espaces verts éclairés le soir, d'autre part le meilleur moyen d'éclairer un giratoire est d'implanter en son centre un lampadaire élancé tel un minaret. En effet, dans l'architecture arabo-musulmane, les minarets ont toujours été des éléments de repère diurne et nocturne… souvent les directions des rues dans la médina amène vers une silhouette de minaret. Le soir, les minarets orientent par leur lumière et leur hauteur.

Ce monument accomplit pleinement le rôle de signalisation comme un phare de signal lumineux pour indiquer sa position et accomplir sa fonction. Cette dimension est importante lorsqu'il s'agit d'une entrée de ville ou d'un carrefour où plusieurs avenues se croisent.
Plus encore, toujours dans cette logique de symbolisme de l'espace et du temps, ce monument a été pensé tel un cadran solaire. Le giratoire serait le contour d'une montre qui indique l'heure le long de la journée.

Contraintes
Le monument ne doit pas gêner la vue par sa largeur ou par son encombrement. Au contraire, il doit jaillir du giratoire tout en lui étant lié organiquement comme une plante dans un jardin.



Ce giratoire serait un lieu de croisement, de rencontre… C'est pour cela qu'il doit être aménagé pour que les gens puissent s'asseoir et circuler… Outre la perception lointaine du monument, il peut aussi être contemplé de près.
Le sujet du concours veut annoncer que Gafsa est devenue un centre universitaire et un pôle de savoir qui "illumine" le sud-ouest. La lumière, la grandeur, l'élancement doivent orienter la conception du monument.


C'est ainsi que l'idée de l'encrier et de la plume est venue répondre aux attentes symboliques du monument. Quant à la dimension culturelle, des dessins, symboles ou graffitis ont été sculptés sur le corps du stylo. Ces symboles retracent l'histoire de Gafsa avec ses richesses : mouflons à manchettes, gazelles, ses montagnes de phosphate, ses remparts, ses tissages, son histoire paléolithique, son oasis… Ces dessins semblent être une texture, une écriture qui décrit la ville de 8000 ans d'histoire. C'est un clin d'œil à l'obélisque égyptienne avec ses hiéroglyphes. C'est un empreint qui enrichit la dimension monumentale de l'édifice. La stylisation des personnages qui entourent le monument, s'inspirent des flammes et du feu…
En espérant que notre jeunesse soit la flamme du savoir dans notre université, que la lumière du savoir les habite, et les porte vers des horizons plus prospères…

 

 

 

   
  
   
 
© 2007 Archi Mag. All Rights Reserved
Réalisé par
DECLICK