MAGAZINE D’ARCHITECTURE EN LIGNE
 
 
   

Asma BAKLOUTI, SYFACTE, Université de Sfax.

LE PHÉNOMÈNE PÉRIURBAIN NON MAÎTRISÉ est responsable de l’étalement des villes tunisiennes. À Sfax, le problème de l’étalement se présente avec acuité. Sfax, deuxième ville tunisienne, s’avère une ville grande consommatrice d’espace ; elle s’étale sur environ 22 000 ha, ce qui est inadéquat avec le nombre de ses habitants égal à un demi million seulement[1]. Cette faible densité urbaine égale à 22,7 habitants/ha, a donc entraîné un étalement excessif de la ville dans laquelle tout effort d’équipement est par conséquent en deçà des besoins de la collectivité.

Cette réalité résulte d’une multitude de facteurs, mais il est certain que le développement de la périurbanisation agglomérée illégalement, ou initié par les pouvoirs publics depuis le début des années 70, y a largement contribué. Il est aussi à remarquer que l’intégration progressive dans la ville, des localités rurales jouxtant le périmètre urbain, explique aussi l’étirement de l’espace urbanisé sfaxien.

L’espace de la périurbanisation dans le Grand Sfax[2] carte1 est constitué en partie d’agglomérations différentes par leur formation, leur taille et au vu de leur organisation interne et de leur rapport avec la ville. Nous pouvons dire que ces entités spatiales nous offrent l’image d’une spécialisation sociale de l’espace certes, mais cette spécialisation est aussi et surtout fonctionnelle, dont la mobilité représente la caractéristique essentielle et le moteur du changement et de l’intégration.

Cet espace de la périurbanisation a évolué en fait en tant qu’espace interface, c’est à dire un espace de contact entre deux systèmes différents, deux cohérences, là où s’effectuent l’échange, la métamorphose et le processus de transformation. (Belhédi A., 1998). C’est pourquoi cet espace est très imprégné par différents flux, des flux liés à la résidence, et des flux de fonctionnement dont la mobilité est l’élément structurant. Ce nouvel espace, l’espace périurbain, quoiqu’il revendique l’identité urbaine et l’intégration dans la ville, possède néanmoins ses propres caractères et sa propre identité.

Cette périurbanisation étant surtout de type aggloméré et de caractère populaire, a pris une telle dimension spatiale et sociale, qu’elle peut engendrer une crise urbaine réelle, surtout face au désengagement de la part des pouvoirs publics.

L’espace périurbain sfaxien, a certes fonctionné et fonctionne encore comme une aire d’extension des stratégies résidentielles d’accès à la propriété surtout parmi les ruraux à revenus limités, mais il représente aussi une aire de propagation de l’urbanité. C’est pourquoi il s’agit bien d’une aire dans laquelle les agglomérations nous offrent l’image d’une spécialisation ségrégative sociale et fonctionnelle de l’espace, dont la mobilité représente la caractéristique essentielle, et le moteur d’une intégration hypothétique.

Plusieurs questions méritent d’être posées dont : quelles sont les stratégies de la périurbainsation agglomérée autour de Sfax, et quelle est l’empreinte de ce phénomène sur l’espace qui le porte, enfin quel type de rapports entretiennent les agglomérations avec la villes ?

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