MAGAZINE D’ARCHITECTURE EN LIGNE
 

par Jean Bouillot

1- CLIMATS MEDITERRANEENS

La fonction du hammam est de produire et de proposer des ambiances propres à provoquer chez l’être humain des phénomènes physiologiques capables de le détendre et de laver de ses impuretés, le conduire à la sérénité du corps et de l’esprit.

Pour être efficientes et efficaces ces ambiances doivent venir en continuité avec les ambiances naturelles du climat local et les prolonger jusqu’au but ultime et au retour au point de départ.Le phénomène physiologique de la sudation due à l’augmentation de la température et de l’hygrométrie jusqu’à saturation et à la formation de vapeur chaude reproduit artificiellement l’ambiance chaude et humide du climat tropical sous le climat chaud et sec de la zone subtropicale.

Cette continuité des ambiances privilégie le climat comme un des acteurs majeurs du hammam, car si la transition n’est pas correctement opérée et le but non atteint, l’exercice ne produit pas son effet.Ce but peut être atteint durant une saison et pas une autre, il peut l’être toute l’année, tout cela dépend à la fois de la nature plus ou moins difficile du climat et de l’architecture du hammam plus ou moins bien élaborée par son auteur.

La fonction de transition entre le climat local et la zone chaude et humide du hammam dite active est constituée par la zone d’accueil dite passive, c’est elle qui par son architecture assure toute l’année la transition entre le climat extérieur local et le climat intérieur tropical humide produit artificiellement dans la zone active.

2- SITES MEDITERRANEENS

Chacun des climats visités présente une saison chaude et sèche d’été et une saison froide et humide d’hiver, l’une et l’autre plus ou moins accentuées et prolongées selon les climats et dans chacun d’eux on a cherché à adapter l’ambiance entre celle, permanente, de l’intérieur de la zone active et celle, changeante, du climat local avec ses deux saisons extrêmes. Il faut noter que certains dispositifs de la zone active trouvent leur origine ou leur explication dans la nature du climat extérieur comme on pourra l’observer au Caire.

3- CONTEXTE URBAIN DES HAMMAMS

La combinaison des différentes saisons de chaque climat aboutit à des formules architecturales spécifiques et uniques où s’expriment les matériaux locaux et leurs techniques de mise en œuvre participant à l’originalité culturelle du lieu, le climat se révélant comme un des acteurs fondamentaux de l’architecture comme il l’est pour la cuisine et le vêtement.

4- ZONES MAJEURES DES HAMMAMS
- zone passive
-  zone active
- zone de chauffe

Dans chacun des 6 sites visités on trouve un modèle standard auquel se sont référés tous les hammams du site et à toutes ses époques mais il est possible de faire des rapprochements concernant les dispositifs bioclimatiques utilisés dans les parties passives et actives durant des saisons comparables entre les différents sites.

Durant les saisons chaudes et sèches d’été, les fontaines activent le rafraichissement par évaporation tandis que les hautes proportions des dômes accélèrent les ascendances d’air chaud diurne dans les zones passives de Damas et Ankara. L’enfouissement dans le sol permet d’y conserver l’air frais accumulé durant la nuit dans ces deux sites ainsi qu’au Caire.

5- ZONE PASSIVE
- dispositifs architecturaux
- fonctionnement thermodynamique

Les galeries supérieures dans les zones passives fonctionnent durant les saisons tempérées froides d’hivers à Ankara et Constantine : stratification de l’air chaud. Les massages s’effectuent sur des banquettes chaudes dans ces deux sites qui présentent le même type de saison tempérée froide en hiver , au Caire les banquettes ne sont pas chaudes ; à Damas et Fès, aux hivers plus modérés, les massages se font au sol sur les hypocaustes.

6- ZONE ACTIVE
- dispositifs architecturaux
- fonctionnement thermodynamique

Les bassins à immersion dans la zone active des hammams du Caire pourraient s’expliquer comme un remède à la déshydratation quotidienne sévissant toute l’année.

La saison chaude et sèche étant la plus longue et la plus accentuée dans la quasi-totalité des sites visités, il est naturel et normal que l’on ait privilégié les conditions de cette dernière par rapport à celles de la saison froide et humide.

Il faut cependant noter les points suivants :

Certains dispositifs comme l’inertie de la construction et l’enfouissement dans le sol sont bénéfiques à l’ambiance durant les deux saisons extrêmes ; de plus il est possible de moduler la température de l’eau des ablutions. Si les conditions de saison chaude et sèche se rapprochent des conditions thermiques de la zone active du hammam, les conditions de saison froide et humide se rapprochent de ses conditions hygrométriques.

En période d’été on ressort du hammam en « meilleure forme » qu’ en arrivant alors qu’en période d’hiver on en repart avec une « bonne provision» de chaleur.

Pour conclure, les rapports profonds entre le hammam et le climat local sont :
Définis par son accessibilité assurée par la zone passive servant de transition vers la zone active.

L’ambiance de la zone passive est thermodynamiquement et autant que possible élaborée à partir des conditions des saisons extrêmes du climat local.

Les dispositifs de la zone active sont eux aussi adaptés aux extrêmes du climat local comme on peut l’observer entre les deux climats les plus opposés, Ankara et Le Caire : banquettes chaudes ou froides, tendance au sauna avec bain froid ou bassin d’eau chaude.

7- SEQUENCES

8- DOMES : grotte géométrique, lumière naturelle & imaginaire

9- RENCONTRE AVEC LES ELEMENTS : le feu, la terre, l’eau, l’air et le feu

 


 

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