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Cet ouvrage s’inscrit dans le prolongement d’une réflexion menée dans le cadre d’une
thèse de Doctorat en architecture soutenue le 22 mai 2004 à l’é.n.a.u., sous la direction de
feu le Professeur Alain Rénier. Le concept de l’événementialité y est développé en tant
que notion critique pour penser l’architecture. Lorsque des figures ‘dites historiques’
telles que le Dôme de Florence, le Crystal Palace, la Tour Eiffel, l’Opéra de Sydney…
sont revues à travers le prisme de l’événementialité, des questions sur la connaissance
dans le champ de l’architecture s’esquissent : faut-il privilégier l’intelligibilité ou ce qui
nous fige dans un système de compréhension univoque ? Dans le cas du Dôme de
Florence : Brunelleschi a-t-il réellement inventé la perspective ? Dans quelle mesure le
savoir-faire constructif du Dôme interroge-t-il l’architecture dans une approche réflexive
de l’histoire ? De ces deux questions, quelle est celle qui nous positionne dans une action
intégrative de la connaissance ? Comment se met en place le ‘consensus’ ? Quel(s)
parcours constitutif(s) fonde(nt) la référence dans le champ de l’architecture, de l’histoire
de l’art ou celui de la pensée ? D’une manière inédite, l’événementialité met en question
ces fondements et ouvre des perspectives de (re)lectures critiques dans le champ de cette
discipline. |
L’un des grands axes de réflexion d’Alain Rénier était d’instituer une formation
doctorale dans la discipline au sein des écoles d’architecture et rattachée à l’université.
Une formation ayant ses propres champs de recherche et de questionnement, en
conjonction avec d’autres, pour consolider l’enseignement de base et la formation des
formateurs en architecture. Après plusieurs tentatives vaines qu’il a dû mener dans
plusieurs pays depuis les années 1960, ce projet de doctorat en architecture a pu être
réalisé, grâce à la collaboration de plusieurs enseignants et responsables tunisiens, en 1995
à l’é.n.a.u.
La présente réflexion se veut un hommage et une contribution à la pensée de
l’homme : « la constitution de la discipline architecture ».
La réflexion a une double portée : révéler les modes constitutifs de l’événementialité
et mettre en exergue la capacité de ce concept à rendre intelligible l’incompressible de la
pensée, dans le champ de l’architecture à travers ses multiples figures et savoirs. Elle
révèle, par ailleurs, que l’architecture ne se limite pas au clivage ou au dualisme
théorie/pratique ; elle se situe bien au-delà des frontières de celui-ci. Les figures
architecturales convoquées sont tantôt des prétextes, des moyens, ou des occasions pour
installer un débat sur et de l’architecture. Elles suggèrent, relativisent, ouvrent les
possibilités critiques, sans prendre le statut de références.
Ainsi, le discours sur l’architecture se structure de manière autonome. Il est une
méditation. Il se libère et libère la pensée de toute appartenance.
Dorra Ismaïl, architecte et docteur en architecture, enseigne à l’École nationale d’architecture et
d’urbanisme de Tunis (é.n.a.u.), en qualité de maître-assistante titulaire. Elle est membre du
laboratoire « Diraset » à la Faculté des Sciences Humaines et Sociales de Tunis, membre et
collaboratrice dans la Revue des Études Urbaines tunisienne « Mujtamaa Wa Umran ». Depuis
2006, elle est lecteure pour évaluation d’articles proposés à la publication (ALFA 2006 & 2007) par
l’IRMC en Tunisie. Elle finalise actuellement une étude sur l’enseignement en architecture tout en
exerçant son métier d’architecte dans différents projets opérationnels (habitat bioclimatique, études
sur les systèmes constructifs, exploration contemporaine de concepts traditionnels comme la voûte d'ogives)
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