LES
PORTES - FAÇADES DE LA MEDINA DE TUNIS Colloque International "
Architecture & Artisanat " Exposition
des travaux de l'URAMC Unité de Recherche en Architecturologie et Modélisation
de la Conception, dirigée par Mounir Dhouib, Maître
de conférences à l'Ecole Nationale d'Architecture et d'Urbanisme
de Tunis Réalisée par Mounir DHOUIB, Responsable
URAMC Yasser HENCHIRI, Chercheur URAMC

Nous
avons choisi de montrer des échantillons des travaux de cette unité
de recherches, qui contribuera, comme tant d'autres unités, à dégager
une pensée plus raisonnée sur l'architecture en Tunisie. Ce sont
des recherches extraites des travaux de : · Mounir Dhouib, thèse
de doctorat : " de la construction de connaissances à la conception,
modélisation du processus de conception architecturale ", ·
Anass Triki, DEA : " Vers la conception d'une base de données architecturale
", · Aida Ben Henda, DEA : " Les portes - façades de
la médina de Tunis, Essai de modélisation ", 
Cette exposition présente un échantillon de travaux qui illustre
le programme de recherches : " mémoires des formes, mémoires
des lieux, 3000 ans d'architecture en Tunisie " ; qui est porté par
un groupe de chercheurs et de doctorants de l'URAMC, du CREDA de l'ENAU. Ce projet
ambitionne d'inventorier, de classer et de sytématiser les architectures
du patrimoine millénaire de la Tunisie, avec des bases de données
qui contiennent ces systèmes ainsi que la connaissance qui permet de les
reproduire et de les interpréter.
Il s'agit d'une recherche préparée
par Aida Ben Henda Triki, sous la direction de Mounir Dhouib, ayant fait l'objet
d'un DEA en architecture. Ces planches ont été préparées
avec l'aide de Yasser Henchiri, architecte, et chercheur à l'URAMC. Les
portes de la médina ont été classifiées en catégories
: une taxinomie en a été proposée : P1 : portes droites
avec un large encadrement droit, P2 : portes droites, encadrement avec un arc
de décharge, P3 : portes droites surmontées d'un arc brisé
outrepassé dans une façade monumentale, P4 : grandes portes à
arc outrepassé. L'étude s'est intéressée au
type P3, que sont les portes façades : la déreconstruction spatiologique
est une méthode systématique, analytique et génétique
qui permet la reproduction des architectures passées et leur interprétation
actualisée. Par des relevés et des cas concrets, on s'est intéressé
à plusieurs portes façades de la médina : 
Dar
Othman : Planches I et II Cette porte monumentale en marbre blanc et noir
marque l'entrée de l'un des palais de Tunis qui fut édifié
au XVIIème siècle par Othman Dey, qui a régné de 1598
à 1611.

Dar
Belhassen : Planche III Du XVIe au XVIIe siècles, en keddal et
harsh , dans une façade à trois arcs brisés outrepassées,
soutenus par quatre pilastres en maçonnerie ; un second linteau de calcaire
appareillé se prolonge en frise, de part et d'autre, au dessous de trois
arcs brisés à claveaux et assises de harsh ( grès coquillé
). Un encorbellement dont il ne subsiste plus que les consoles en kadhel surplombait
autrefois la façade et ajoutait à sa noblesse.

Dar
Chahed : Planche IV Cette maison n'existe plus, mais grâce aux relevés
de Jacques Revault, On a pu refaire la modélisation. Elle se situe dans
le rbat de Bab Jedid.

Dar
El Hedri : Planche V Porte façade monumentale en keddal et harsh
rehaussée de marbre noir et blanc, du XVIe - XVIIe siècles. Porte
droite cloutée pourvue d'un large encadrement de keddal que surmontent
un linteau appareillé avec un arc de décharge en marbre clair rehaussé
de pierre noire, et un arc brisé outrepassé en harsh au dessus duquel
s'ouvre une fenêtre grillagée. Les extrémités latérales
de l'arc de décharge, ainsi que l'entourage de la fenêtre supérieure,
outre le seuil et le cadre de l'entrée, sont en calcaire keddal. Le reste
est en grès coquiller appareillé harsh. 
Dar Khira : Planche VI Du XVIe - XVIIe
siècles ; sa porte monumentale se distingue par un cloutage aussi simple
que celui de la porte d'une mosquée. Dépouillement dans le grand
encadrement de pierre keddal et harsh, d'où est bannie la moindre sculpture
ornementale.

Dar
Romdhane Bey : Planche VII Ici, la haute façade rectangulaire, toute
en keddal et harsh, se divise en deux parties superposées, que sépare
un large linteau appareillé. L'une encadrant la partie droite, l'autre
entourant de son arc brisé une imposte au centre du tympan. 
Midhat es-Soltane : Planche
VIII Du XVe siècle. Une même règle s'impose dans la composition
et la construction de la porte monumentale. Sa division en deux parties superposées,
à peu près égales par une plate-bande appareillée,
soit : en bas l'ouverture e l'entrée, en haut l'arcature avec imposte. L'emploi
du calcaire keddal, résistant et d'une taille plus aisée, pour la
structure de l'ensemble, le grès coquiller harsh servant d'élément
complémentaire et de remplissage des intervalles. 
Sebil es-Souk : Planche IX (Autre corpus) Cet
exercice de modélisation montré jusqu'ici sur les portes monumentales
de la médina de Tunis, peut être appliqué à d'autres
corpus. Il a été en effet essayé pour la décomposition
en unités tout d'abord puis de la reconstruction virtuelle du modèle,
fait ici sur la fontaine du souk de Soliman.

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