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Extension de l'Ecole Nationale d'Architecture et d'Urbanisme de Tunis

Extension de l'Ecole Nationale d'Architecture et d'Urbanisme de Tunis (ENAU)

Hela Boussemma, Architecte
Commenté par: Mohamed Sadok CHAIEB, Architecte

Il s’agit d’une approche délicate que d’aborder une extension d’une école d’architecture.
On se souvient tous déjà de la polémique qu’avait suscité, et que suscite encore, le concours d’architecture avec lequel les nouveaux locaux de l’ENAU (Ecole Nationale d’Architecture et d’Urbanisme) avaient été conçus.


Les architectes qui ont vécu les circonstances de ce concours se souviennent de l’amère déception de notre enseignant Lotfi Ben Abderrazzak, qu’on salue en passant.


L’actuelle école d’architecture a été conçue par Wassim Ben Mahmoud, qui l’a remporté à la suite d’un concours national. Elle est souvent un sujet sur lequel enseignants et étudiants tirent des « leçons » sur ce qu’il ne faut pas suivre.


C’est dans ce contexte difficile que se présente cette extension. Se rallier par rapport à ce qui a déjà été fait, ou proposer quelque chose de totalement différent ? L’architecte auteur de l’extension se retrouve en effet dans une situation délicate, surtout qu’elle est aussi enseignante à la même école d’architecture.


La commande exigeait des ateliers et des salles d’enseignement, ainsi qu’un amphithéâtre. L’architecte a adopté de ce fait un parti se ralliant à celui déjà existant, et a refait les façades extérieures en brise-soleil sur le côté sud.


L’amphithéâtre et les salles qui se juxtaposent ont été implantés derrière une placette, aussi dessinée par l’architecte. Cette placette est du coup une jonction entre l’existant et l’extension.

La galerie qui commence au niveau de la sortie de l’administration, avec un espace hypostyle devant la buvette, se trouve greffée latéralement par une place, qui devient un endroit où on respire, et où on peut boire un café le temps d’une pause.


Cette place est bordée de banquettes abritées par une structure tendue, encourageant les étudiants à s’y asseoir à l’ombre. L’amphithéâtre, qui ouvre sur cette place est doté d’un mur aveugle, avec un grand panneau rectangulaire en retrait, qui sera utilisé pour l’affichage. Du coup, la place devient le lieu où on vient recueillir l’information, dans un cadre convivial.


Les salles et les ateliers qui se développent à partir de l’amphithéâtre sont traités de l’extérieur de la même manière que les anciennes.

 

L’architecte a cependant étudié les petites ouvertures sur les galeries en les mettant à l’échelle de l’homme ; à l’encontre des anciennes, qui sont placées ou trop basses ou trop hautes.
Une note colorée caractérise les intérieurs des ateliers, avec des panneaux d’affichage aux couleurs différentes : oranger, bleu, jaune.

Chaque atelier prend une couleur différente. Une identification avec des couleurs pourra de la sorte être substituée aux numérotations usuelles des salles.


L’architecte insiste sur le fait qu’elle n’avait pas approché la conception avec de « grandes » prétentions.

Elle a adopté, selon ses dires, un parti « sage » et raisonnable qui concilie simplement avec l’existant. Une telle approche n’est pas toujours exempte de « surprises » et de polémiques, surtout avec le contexte d’une école d’archi.


L’intérieur de l’amphithéâtre a été dessiné en permettant une lumière latérale se diffusant à l’intérieur à travers des fentes verticales.

Un éclairage artificiel, en bas de fenêtre, donne une ambiance bleue étoilée, se faufilant simplement à travers des panneaux troués.

La courbe de couverture de l’amphi lui donne un aspect délibérément fluide de l’extérieur, elles débordent hors de la masse avec des fentes jouant le rôle de brise-soleils. La qualité de la finition n’est pas entièrement satisfaisante. C’est un problème dont souffre un grand nombre de constructions en Tunisie. Il s’agit d’une technicité qu’il faudra parfaire, surtout face à une ouverture imminente et en cours à des investisseurs immobiliers étrangers de grande taille, et techniquement exigeants.

 

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