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Cité Technologique de Tunis
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Architectes:
Lamine BEN HIBET (Chef de file)
Mohamed Salah KSOURI
Imen BEN CHEIKH |
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La Cité Technologique de Tunis, sise à la zone industrielle d’El Agba se compose d’un regroupement de trois institutions, chacune sur une parcelle indépendante mais limitrophe et contiguë :
- Le Centre Technique de la Chimie
- Le Centre Technique de l’Agro Alimentaire
- Le Laboratoire Central d’Analyse et d’Essais
Chaque institution possède son siège administratif, ainsi que ses besoins en laboratoires spécifiques et locaux annexes. Ce regroupement constitue l’évènement majeur tant attendu non pas seulement par les différents et nombreux services, éparpillées et éloignées les unes des autres, mais aussi par le secteur économique, industriel et commercial de tout le pays.


C’est un projet de très grande importance par sa taille, ses objectifs et ses fonctions multiples traduisant l’intérêt que porte notre pays pour le développement technologique et économique du secteur industriel, et ce en le dotant d’un moyen aussi performant et efficace de contrôle, de sécurité, d’analyse et d’essais des produits et en même temps en conseils et études, d’assistance techniques et de formation.

DESCRIPTION DU SITE
Le terrain situé sur les hauteurs de la zone industrielle d’El Agba où sera édifié la Cité Technologique couvre une superficie totale d’environ trois hectares, il est divisé en trois lots de différentes tailles de 2, 0,6 et 0,4 hectares qui vont recevoir respectivement le Laboratoire Central d’Analyse et d’Essais, le Centre Technique de l’Agro-alimentaire et le Centre Technique de la Chimie.

La déclivité du terrain qui est de l’ordre de 6 à 10% constitue une composante essentielle et importante à prendre en considération pour l’implantation et la conception du projet. Au lieu d’être considérée comme handicap au projet, cette déclivité a été prise au contraire en tant que atout et potentialité majeure pour une bonne implantation et une efficace distribution. En effet cela contribuera à mieux exposer le projet et à le mettre en évidence d’une part et à permettre une grande partie des étages d’avoir un accès direct au sol (voir pièces graphiques – coupe B-B).

Une attention particulière et des précautions nécessaires sont à prendre au niveau structurel et d’ancrage des ouvrages au sol, qui d’après les campagnes géotechniques sont à respecter scrupuleusement afin de ne pas connaître des problèmes de structure et de surcoût, vu que le sol est argileux de nature gonflante. Nous développerons plus loin les précautions qu’on a entreprises pour la sécurité des bâtiments.

PARTI ARCHITECTURAL
Devant refléter l’image d’un bâtiment institutionnel, aux fonctions multiples et symbole de la dynamique industrielle et économique du pays; la Cité Technologique de Tunis tel qu’élaborée par notre équipe tire ses fondements conceptuels à partir des thèmes suivants :
- La technologie et la science, à travers une image traduisant un développement technique et technologique du secteur industriel et celui des matériaux de construction.
- L’interaction exprimant la complémentarité des différentes entités de la cité
- La confiance à travers les multiples transparences et percées, la clarté et la simplicité.
- La légèreté et la souplesse par une image assez plastique constituée localement d'un jeu de courbes, de plein et de vide, d'ombre et de lumière et d’une panoplie de couleurs et de textures sobres.
- Le respect de l'environnement à travers l’adoption d’une architecture bioclimatique cernant des microclimats, et le souci d'économie d'énergie à travers toutes les dispositions architecturales prises de protection des surfaces vitrées.

Le premier objectif que s’est tracé notre équipe de concepteurs consiste à doter l’ensemble de la cité d’une image technologico-scientifique afin de valoriser l’activité grandissante, l’interaction et l’effervescence que connaît le secteur industriel. En effet, la volumétrie de notre projet tire son inspiration du milieu de la recherche scientifique. Elle se dessine telle une chaîne moléculaire formant une interaction permanente entre les différentes entités de la cité : ces entités au nombre de trois, puis quatre, se profilent telle des « molécules vivifiants » ayant comme centre leur direction générale respective, qui joue le rôle ensuite de locomotive desservant en rez-de-chaussée les laboratoires et en étage le reste des départements administratifs.

L’AXE DE LIAISON
Cet assemblage moléculaire proposé entre les différentes entités et administrations se fait par un axe piéton, épine dorsale du projet, qui longe la totalité des administrations et des labos de la cité. Il est ponctué par des « cylindres de rabattement des niveaux » : ces cylindres de circulation verticale comportant les escaliers et les monte charges permettent à l’usager de parcourir de plein pied toutes les plates formes du projet.
L’axe est matérialisé par un portique qui vient relier les trois noyaux aux autres administrations de la LCAE et aussi à la base de vie élément central du projet, qui constitue le lieu commun de rencontre, de loisir et de restauration, mais aussi d’accueil des visiteur lors des grandes manifestations.
Cet axe est secondé parallèlement :
- En contrebas par un l’axe véhiculaire principal de stationnement et des différents accès des trois institutions,
- En amont par une voie de service et de sécurité, d’approvisionnement et de livraison de produits lourds aux halls et laboratoires d’essais et des locaux annexes.

LECTURE URBAINE
L’évènement majeur, reste le rythme détonnant obtenu par les trois sièges administratifs chapotant « en faux appui » les cylindres de l’accueil, associé à la forme galbée du bâtiment abritant la base de vie encadrée par un parvis d’honneur agrémenté de caissons de fleurs.

FONCTIONNEMENT GENERAL ET DESCRIPTION DU PROJET
Notre souci fonctionnel était de respecter scrupuleusement le programme proposé en dimensions, en calage de niveaux et de ne pas dépasser trois niveaux partiels épousant parfaitement la forme du terrain. Cette tâche assez ardue a été rendue possible qu’après avoir défini au préalable la structure du bâtiment. Les contraintes du COS, du CUF et surtout des retraits ont été respectées. Les limites du terrain de chaque centre ne sont pas matérialisées par des clôtures, mais uniquement pour assurer la continuité par une voie carrossable secondée par une simple haie végétale.

Chaque noyau central comprend l’espace d’accueil et l’administration des ventes autour d’un escalier central ceinturant une cage d’ascenseur, servant de nœud distributeur vertical et horizontal des trois niveaux et du reste des locaux composés de laboratoires et de locaux annexes, de façon à avoir un niveau bas qui s’ouvre sur la voie d’accès et l’accueil du public, d’un niveau intermédiaire des laboratoires qui s’ouvre à l’arrière sur la voie de service et d’un troisième niveau haut abritant aussi la direction générale qui domine en hauteur les centres. Cette configuration nous permet une meilleure communication et d’avoir des niveaux francs et de plein pied, sans être perturbés par des demis ou quarts de niveaux, rendant la circulation pour la sécurité, le ravitaillement et les handicapés difficile.
De cette façon nous avons parfaitement épousé la déclivité du terrain tout en étant presque toujours en déblai.

Chaque centre technique s’ouvre en V (un V engendré par les limites du terrain) sur un espace intérieur abrité et baignant sous la lumière du jour à travers des fenêtres hautes latérales, au lieu des verrières qu’on a pris le soin de les éviter en APS pour limiter l’effet de serre en été et diminuer les déperditions thermiques en hiver. Les Centres Techniques s’ouvrent vers l’extérieur et vis versa moyennant des percés au rez-de-chaussée entre les blocs des laboratoires que compose le Centre. Ces percés contribuent à créer un microclimat dans la cour intérieure, à offrir de la lumière et de l’aération aux espaces qui l’entourent. Elles contribuent aussi à assurer une transparence et un dialogue entre l’extérieur et l’intérieur pour donner de la profondeur aux espaces, une profondeur tendant à rendre agréable et moins stressant le travail de concentration des utilisateurs des laboratoires. L’effet de cet évidement de ces puits de lumière et cette transparence sera d’un impact important d’une part sur le vécu à l’intérieur du projet et d’autre part sur la perception de l’animation et l’ambiance vues de l’extérieur. En effet, cette ouverture sera très animée, laissant entrevoir de jour ou de nuit à travers les parois vitrées le mouvement, la dynamique et l’activité, symboles d’une institution qui bouge.

Le reste de la Cité est composée selon les recommandations du programme fonctionnel, d’un ensemble important de départements et de centres de laboratoires spécifiques indépendants, dont la complexité de l’organisation et la fonctionnalité reste à assurer dans une parfaite cohérence et souplesse de relation entre les différentes entités et services.

Telles sont les forces fonctionnelles de la cité technologique, qui avec cette organisation, nous nous proposons de donner à cette institution son image de marque tirant sa force de sa simplicité, de sa clarté et son respect de la hiérarchie fonctionnelle demandée.


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