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Mohamed Hadj Khalifa, et Najoua Sabeur, Architectes

Construire à Tunis, dans la prestigieuse avenue Habib Bourguiba, constitue à la fois un privilège et un défi. D’autant que, sur une lignée de façades du début du siècle, le dialogue avec cet héritage se présente comme une intervention délicate.

La démolition même du « vieux » Claridge suscitait une vive polémique.

En effet, d’autres interventions dans l’artère principale de Tunis se sont faites de manières différentes, tendant à la réhabilitation, et la restauration des anciens bâtiments.

Le cas du Carlton représente en effet une intervention qui a gardé la peau extérieure, en faisant de nouveaux planchers, et en injectant une nouvelle fonction.

D’autres bâtiments, comme le "studio 38" , ont été carrément démolis et reconstruits. L’un des bijoux de cette avenue qu’était le théâtre municipal, a été sauvé de justesse.

C’est sous l’oeil vigilent des architectes de l’ASM, que les façades de cette avenue ont fait peau neuve depuis quelques années, faisant partie du fameux « projet de l’hyper centre ».

Le couple d’architectes Mohamed Hadj Khalifa, et Najoua Sabeur, qui dirigent leur agence ensemble, a su composer avec les contraintes de cette avenue pour proposer un projet contextuel.

Le challenge consistait à faire tenir sur une parcelle qui comportait un hôtel, un programme commercial complexe. Une autre contrainte était le respect de l’alignement des façades.


Les architectes voulaient en même temps adopter une attitude libre, qui ne doit pas nécessairement reprendre les mêmes proportions d’ouvertures.

Les architectes ont fait preuve d’un certain rigorisme distancié. Ils ont intégré des éléments de rupture en façade, et ont adopté d’autres éléments verticaux, afin de s’affranchir de toute sous lecture de refends ou nez de plancher.

Il s’agit, en effet, d’une rupture d’autant plus affirmée qu’elle s’insère dans la continuité du tissu foncier. Le bâtiment se situe en strict alignement sur l’avenue.

Le résultat, un peu post-moderne, est à la fois un clin d’œil au rythme environnant, mais aussi une libération en hauteur, avec l’adoption d’un vocabulaire architectural inspiré du classicisme environnant.

Côté intérieur, les galeries tournent autour d’un jardin d’hiver intérieur, donnant un jeu de vis-à-vis intéressant. Le tout, surplombé au dernier étage, par un restaurant panoramique tournant, dominant la grande avenue, et les alentours.

Le bâtiment est un complexe commercial et de services. Il comporte des espaces de commerce de haute gamme, des espaces d’animation et des bureaux.

Le terrain est desservi par une voie principale soit l’avenue H.Bourguiba et par une voie secondaire de 6m de largeur soit la rue de Pierre de Coubertin. Il est desservi également par un accès de service qui donne sur la voie secondaire rue Hédi Nouira.
Il est également limité du coté :
- Nord : par le siège de la C.N.R.P.S
- Est : par deux immeubles à usage d’habitation
- Sud : par l’avenue H.Bourguiba
- Ouest : par la rue Pierre de Coubertin

Le terrain se trouve dans la zone centrale mixte, caractérisée par les contraintes urbanistiques suivantes : COS=1 au RDC, CUF= 3.5

Fonctionnelement , les architectes ont chercher à grouper de façon rationnelle les différents éléments du programmes ; tout en facilitant la gestion de l’exploitation de l’ensemble tant au niveau de la surveillance que fonctionnement.

L’immeuble dans son ensemble est constitué de quatre étages de commerce, de quatre étages d’animation et d’un étage de bureaux surplombés par un restaurant panoramique tournant.
Les éléments du programme sont distribués de façon à donner plus de force au parti architectural.

Tout le centre commercial est basé sur une placette centrale ouverte sur les six premiers niveaux ou sont groupés les espaces de commerce et d’animation. Elle est surmontée d’une verrière; au-dessus de laquelle sont organisés les bureaux. Les espaces d’animations sont distribués sur tous les niveaux.

Les accès prévus pour l’immeuble sont distribués en fonction de chaque activité.
L’accès principal du centre commercial se fait à travers un hall. Il se situe à l’ongle à la base de l’élément signalétique du projet
Deux accès indépendants pour les bureaux donnants sur l’avenue H.Bourguiba et la rue de Pierre de Coubertin
Un accès direct au restaurant panoramique par un ascenseur panoramique qui vient donner plus de force à l’axe de l’entrée.
Un accès de service sur la rue Hedi nouira

L’espace du commerce se compose de 49 boutiques reparties sur quatre niveaux du rez de jardin au 2ème étage. La surface des boutiques est modulaire elle est comprise entre 10 et40 m2

Le rez de jardin comprend 12 boutiques l’accès se fait directement de la rue à travers un escalier de secours
Le deuxième accès se fait à travers le RDC par le moyen d'ascenseurs panoramiques, d'escalators, et de deux batteries d'escaliers. La placette au RDJ forme l’élément le plus intéressant de l’animation du centre commercial, vu quelle est ouverte sur 6 niveaux. Elle est étalée sur une surface de 180 m2 avec une circulation périphérique de 3 m de largeur. Elle est dotée également d’un ascenseur panoramique et d’un plan d’eau. Elle pourra abriter des manifestations et des expositions variées.
Le rez de chaussée comprend aussi 12 boutiques. L’accès au rez de chaussée se fait en plein pied de l’avenue Bourguiba et ceci à travers l’entrée principale du centre à travers les deux batteries des escaliers.
L’espace des bureaux est réparti sur deux niveaux à savoir le 4e et le 5e étage ; il comporte 13 ensembles de bureaux aménagé chacun sous forme d’un appartement doté d’une kitchenette et d’une salle d’eau.

La circulation horizontale est organisée tout autour de la placette centrale d’une forme souple et fluide, de largeur 3m assurant ainsi une promenade agréable guidée par la lumière de la verrière.

La circulation verticale au niveau du centre commercial est assurée par : un ascenseur panoramique donnant sur la placette et formant un élément principal de son animation ; deux escalators desservant les cinq premiers niveaux ; quatre batteries d’escaliers dont le nombre diminue en fonction de l’avancement en hauteur pour finir avec une seule batterie au 6e étage ; un ascenseur panoramique donnant sur l’extérieur du projet .

Les locaux techniques sont répartis suivant les besoins du projet sur tous les niveaux. Ils sont placés à l’endroit le plus sombre et le moins éclairé du projet. Un local CTA a chaque étage. Au rez de jardin une poste transfo, au 5e étage une bâche à eau et local sur presseur

Commentaire et photos : Mohamed Sadok CHAIEB


   
   
   
 
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