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Pavillon du Bahrein à la Biennale de Venise

 

 

Le Lion d'or de la meilleure participation nationale à la 12e Biennale d'architecture de Venise a été décerné au Bahreïn.


Le Bahreïn, dont c'était la première participation à la Biennale d'Architecture, qui a été ouverte au public dimanche, propose "des formes d'architecture provisoire présentées comme des dispositifs capables de revendiquer la mer comme un espace public", a indiqué un communiqué de la Biennale.

"Le jury a été particulièrement frappé par le choix d'une autoanalyse lucide et efficace de la relation du pays avec le changement rapide de ses côtes", selon le communiqué. Les exposants du Bahreïn sont les équipes Bahrain Urban Research et LAPA, le photographe et ingénieur Camille Zakharia et le producteur de cinéma Mohammed Bu Ali. Les commissaires de l'exposition bahreïnie sont Noura Al-Sayeh et Fouad Al-Ansari.

Trois grandes cabanes en bois, sur pilotis, telles des petits salons orientaux meublés de coussins accueillants, font rupture à l’Arsenale. Où sommes-nous ? Au royaume de Bahreïn qui, pour la première fois, présente un pavillon national à la Biennale. Tiens tiens, dans ce pays du Golfe situé entre l’Arabie Saoudite et le Qatar, on ne présente pas de grandes tours bling-bling mais des masures de pêcheurs ?

Ces constructions vernaculaires sont enrichies par des films où les habitants de ces rives racontent les changements brutaux survenus dans leur mode de vie. En quelques décennies, les côtes du pays ont été repoussées de plusieurs kilomètres, et transformées en terrains à bâtir. Leur paradis de palmiers a disparu. La pression immobilière a chassé les populations vers les plages.

Ce projet, nommé Reclaim («reconquérir»), est mis en scène par les architectes Noura al-Sayeh et Fuad al-Ansari. Ils proposent de développer une partie du littoral à partir des coutumes existantes, en totale rupture avec les constructions spectaculaires et énergivores, comme Bahreïn sait aussi le faire. Cette économie de moyens, affirmation culturelle ni dogmatique ni réactionnaire, remet le bon sens et les hommes au cœur de l’architecture. Une démarche douce qui a surpris ; charmé, aussi. Le jury de la biennale lui a attribué le lion d’or de la meilleure participation nationale. Loin de Dubaï.

Sources: Images: Camille Zakharia, Texte: Libération, Le Monde

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