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L'architecte tunisien Olivier-Clément Cacoub, Premier Grand Prix de Rome en 1953, auteur de nombreuses réalisations en France et dans le monde, notamment en Afrique, est décédé dimanche à l'âge de 88 ans, a annoncé mardi sa famille.

Laureat du Grand Prix de Rome en 1953, Olivier Clement Cacoub commence en Tunisie une brillante carriere qui devait rapidement se developper en France, dans le Continent Africain, voire dans le Pacifique. Chez ce grand batisseur enthousiaste, existe un plaisir physique de l'Architecture. Il voit tout en volumes comme un sculpteur. "Je fais de l'architecture comme je fais des gestes".

Cacoub représente pour nous, architectes tunisiens, un modèle à suivre, dans le sens où il a su s'expatrier, en maintenant un lien avec sa terre natale. Sa philosophie architecturale baptisée : "architecture du soleil" est une émanation de cette terre tunisienne.

Son oeuvre étonne par son abondance, mais aussi par sa variété. O.C.Cacoub est a l'aise autant dans la réecriture des formes traditionnelles qu'il emprunte aux cultures des divers pays où il exerce son art que dans les créations les plus audacieuses.Ses oeuvres comportent le Palais de Carthage, le Nouveau palais des Festivals à Cannes, l'Université d'Orléans-la-Source, le palais présidentiel de Kinshasa, la cité Internationale des Arts de Paris et le centre d'Art Contemporain de Beaubourg.

Olivier-Clément Cacoub était architecte en chef des bâtiments civils et des palais nationaux, et l'architecte conseil de Bourguiba. Les années soixante et soixante-dix ont été marquées par son empreinte architecturale.

Il avait notamment réalisé l'extension du Palais des festivals de Cannes (sud-est de la France) et le palais présidentiel de Yamoussoukro, en Côte d'Ivoire.

Né le 14 avril 1920 à Tunis, Olivier-Clément Cacoub avait débuté sa carrière comme architecte-conseil auprès de la République tunisienne.

Surnommé l'"architecte du soleil", il veillait à la dimension humaine de ses édifices. "Je conçois des plans pour les hommes. A ces hommes, je propose un habitat rénové, des structures repensées, une tentative de rencontre de la tradition et de la modernité, ou tout simplement, une architecture heureuse", disait-il.

Parmi ses nombreux travaux, Olivier-Clément Cacoub est notamment l'auteur de l'Université d'Orléans (centre), de l'aménagement du campus universitaire de Grenoble (centre-est), du Palais de la Méditerranée à Nice (sud-est).

Il était également l'un des architectes les plus prolifiques du continent africain, avec des réalisations en Tunisie, au Cameroun, en Côte d'Ivoire ou en République démocratique du Congo. Olivier-Clément Cacoub a notamment réalisé les palais présidentiels de Carthage et de Yaoundé, ainsi que la station balnéaire d'El Kantaoui.

La notoriété de cet architecte tunisien, né le 14 avril 1920, était établie sur le continent africain. Notamment dans ce qui était baptisé le "pré carré". Une expression dans laquelle on regroupait les anciennes colonies d’Afrique noire de la France. Ses lettres de noblesse, il les avait acquises bien avant l’indépendance des pays africains quand en 1953 il devint le lauréat du grand prix de Rome.

Les plus emblématiques des chefs d’Etat d’Afrique francophone vont lui confier la réalisation de leurs lubies. Ainsi en sera-t-il de Mobutu Sesse Seko dont l’imposant palais en pleine forêt équatoriale à Gbadolite, son village, est signé Cacoub. Quand Félix Houphouët-boigny décida de construire une nouvelle capitale pour la Côte d’Ivoire à Yamoussoukro son village, avec comme cerise sur le gâteau, une réplique de la basilique Saint-pierre de Rome, c’est à celui là qui porte le titre "d’architecte en chef des bâtiments civils et monuments historiques de la ville de Paris", que revint la responsabilité de concevoir cette cité qui se voulait futuriste.

Mais contrairement à ces grands esprits qui ne sont pas prophètes chez eux, celui qui deviendra un intime de Jacques Chirac, avait commencé par se faire un nom en Tunisie, sa terre natale avant de s’expatrier en France. Ce n’est donc pas le fait du hasard si le florilège de ses réalisations au pays d’Habib Bourguiba et Ben Ali, que visite en ce moment Nicolas Sarkozy, se passe de commentaires. Parmi les ouvrages saillants on peut citer : l’hôtel Abou Nawass de Tunis, l’hôtel Africa dans la même ville, le palais présidentiel de Carthage, le stade Mustapha Ben Jannet de Monastir, la station balnéaire de Port El-Kantaoui.

Olivier Clément Cacoub aimait à répéter, "je fais de l’architecture comme je fais des gestes". C’est peut-être ce qui lui permettait de passer des travaux domestiques, comme ces résidences privées de potentats africains, à des ouvrages qui resteront à la postérité comme : le palais des festivals à Cannes, le palais de la méditerranée (Nice), la Cité internationale des arts (Paris), l’Université d’Orléans.

Archi-Mag avait publié l'un de ses derniers projets, la nouvelle capitale du Sénégal, que vous pouvez voir en cliquant ici.

Le départ de ce grand architecte, suscite chez nous des questionnements sur le devenir de l'architecture dans notre pays, à un moment où le grand vide des années 80 et 90 est entrain d'être comblé, et qu'une nouvelle architecture est entrain de se tracer au début de ce nouveau siècle.

Mohamed Sadok CHAIEB


   
   
   
 
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