26 quartiers populaires concernés et 166.000 citoyens bénéficiaires. Coût global : 114 millions de dinars
Vingt-six quartiers populaires dont 14, situés dans le Grand-Tunis, font l’objet d’une réhabilitation dans le cadre d’un programme triennal 2007-2009.
Environ 166.000 habitants sont directement concernés par ce programme, dont le coût global dépassera 114 millions de dinars, et plus précisément par les diverses composantes,à savoir l’infrastructure et l’amélioration de l’habitat (voiries, assainissement, drainage des eaux pluviales, éclairage), les équipements collectifs (zones vertes, parcs de loisirs, terrains de quartier, salles de sport), promotion des petits métiers et de toutes les activités productives et d’emploi.
Mise en œuvre, dès 2007, dans dix quartiers populaires situés à Tunis, l’Ariana, Ben Arous, La Manouba, Sousse, Bizerte, Zaghouan et Nabeul, la première journée est pratiquement achevée, selon le timing arrêté préalablement, à l’exception de deux quartiers où les travaux de réhabilitation seront parachevés au plus tard durant le 3e trimestre de l’année en cours.
Ainsi, les cités des métiers qui sont au nombre de 7 prendront forme — leur forme définitive, en fait — entre le mois d’avril et le mois de novembre 2008 dans les quartiers de Sidi Hassine (à Tunis), Khazmet et Boukhzer (à Sousse), Khaled Ibn Al-Walid (à Douar Hicher), Ennassim (à La Soukra), Farhat Hached et Mongi Slim (à El M’hamdia - Fouchana).
Pour ce qui est des activités productives au sein des quartiers en cours de réhabilitation, quelque 2.600 projets ont été d’ores et déjà identifiés. Pas moins de 1.030 projets (351 projets dans le secteur des petites métiers et 271 dans celui de l’artisanat) accèdent au stade du financement. Le coût global s’élève à 3,7 MD et le nombre d’emplois prévus est estimé à 1.285 emplois permanents.
La réfection des façades achevée
Pour ce qui est du programme prévu pour 2008 dans 8 quartiers populaires dans les gouvernorats de Tunis, l’Ariana, Ben Arous, Kairouan, Sfax, Béja et Médenine, tous les indicateurs disponibles prouvent la totale conformité de la cadence des interventions au calendrier préétabli, sachant que les travaux visant l’amélioration (ou la création) des équipements collectifs s’achèveront en décembre 2008.
Toutefois, il est bon de savoir, par exemple, que les promoteurs chargés de la réfection des façades des logements et des locaux à usage commercial, et ce, pour les étapes 2007 et 2008, ont pratiquement terminé les travaux à eux confiés dans le cadre des contrats de concession conclus à cet effet. Les travaux d’équipement interne (installation sanitaire, etc.) étaient à la charge des bénéficiaires eux-mêmes. Autre tâche primordiale achevée tout récemment : les enquêtes économiques et aussi sociales relatives aux huit quartiers programmés pour 2008 (Ghedir El Golla 1 et 2, El Bassatine à Ettadhamen-Mnihla, Naâssen à Ben Arous, Al Ajinna à Kairouan, Sidi Mansour à Sfax, El Khadra à Béja et El Ouarassnia à Médenine).
En ce qui concerne la promotion des activités productives, les responsables de la tranche 2008 œuvrent, à l’heure qu’il est, à identifier le premier contingent des futurs promoteurs tant pour les petits métiers que pour l’artisanat, dressant à cet effet la liste des bénéficiaires des microcrédits nécessaires à la réalisation de cette étape.
Le gros en 2009 à Sidi Hassine
Quant à l’étape 2009 du même programme, il faut préciser qu’elle concerne 8 quartiers populaires dont 5 à Tunis. Il s’agira de Jayara 2, Jayara-Supérieur, El Medrassa, 25-Juillet et 20-Mars, dans la localité de Sidi Hassine. Les autres quartiers dont la réhabilitation est prévue pour 2009 se trouvent dans les gouvernorats de Jendouba, du Kef et de Siliana. Lancées sous peu, les enquêtes économiques et sociales devant délimiter le champ et les niveaux, la nature aussi des diverses interventions dans trois quartiers seront fin prêtes, très probablement, à la fin du mois de mai prochain.
En revanche, le démarrage des travaux dans les quartiers situés dans la zone de Sidi Hassine sera concomitant au lancement du programme d’assainissement qui concernera toute la zone de Sidi Hassine-Séjoumi où l’on s’attend, justement, à une transformation radicale vers le mieux de tout le cadre de vie un peu mis à mal, certes, par une expansion suburbaine anarchique et un déficit notoire en équipements collectifs.
Mise en valeur des quartiers anciens
Ce projet pilote fait partie d’un nouveau programme national de rénovation urbaine (PNRU) mis en place fin 2007.
Le projet est financé, partiellement, par l’Agence française de développement pour un montant de 50,7 millions d’euros.
L’amélioration des conditions de vie passe essentiellement par la mise en place dans toutes les villes des commodités nécessaires comme le réseau d’assainissement, l’éclairage public, les trottoirs bien aménagés et les routes bitumées. Les espaces verts et les parcs de loisirs sont, également, nécessaires pour permettre aux citoyens comme aux visiteurs de bénéficier d’un cadre verdoyant où il est possible de se reposer et de passer des moments agréables.
Avec le temps, l’infrastructure se dégrade et il faut assurer la maintenance nécessaire. Les pouvoirs publics n’ont pas lésiné sur les moyens pour mettre en place les commodités dans les zones qui en sont dépourvues et de rénover l’infrastructure usée dans le cadre d’un réaménagement total. Mais du chemin reste encore à parcourir pour développer une telle infrastructure. Justement, le partenaire français, à travers l’Agence française de développement (AFD) s’est dit prêt à soutenir la Tunisie dans cet effort.
Déjà, le taux d’urbanisation de la Tunisie est de plus de 65% et dépasserait les 75 % en 2010. Une forte dynamique de croissance urbaine est ainsi constatée, accompagnée d’un souci des pouvoirs publics d’amélioration des conditions de vie des citoyens. Les quartiers populaires ne sont pas, bien entendu, laissés pour compte et bénéficient de programmes spécifiques.
Les équipements et les réseaux publics comme l’eau, l’électricité et la voirie sont introduits un peu partout, même autour de l’habitat dit spontané.
Remédier à la dégradation accélérée des anciens quartiers
L’Agence de rénovation et de réhabilitation urbaine (Arru), n’a pas manqué, dans le cadre de ses prérogatives, d’assurer la coordination entre les différents concessionnaires dont ceux qui sont chargés des réseaux de l’eau, de l’assainissement, de l’électricité et du gaz. De son côté, la Caisse des prêts et de soutien aux collectivités locales gère de façon rationnelle les financements fournis aux collectivités locales.
L’essentiel est que la politique de réhabilitation des quartiers populaires a permis de réaliser des résultats encourageants depuis le VIIIe Plan (1992-1996) puisque trois grands programmes complètent l’effort d’investissement déployé par les différentes communes. Exigeants, les habitants demandent toujours plus et mieux en termes d’infrastructure et d’équipements, ce qui est tout à fait logique pour un citoyen qui aspire à une ville moderne et durable.
Tous les programme engagés ont permis, en tout cas, d’améliorer les conditions de vie et l’on peut citer, à titre d’exemple, le programme national d’assainissement des quartiers populaires, mis en œuvre par l’Office national de l’assainissement, le programme national de réhabilitation des quartiers populaires, à la charge des communes et l’appui de l’Arru. Le programme de développement urbain intégré – associant aux composantes relatives à l’infrastructure, un volet de développement d’activités économiques au sein de ces quartiers et qui est confié aux gouvernorats et aux municipalités sous l’égide du commissariat général au développement régional – a trouvé, quant à lui, un bon écho auprès des populations.
Ce sont, essentiellement, les quartiers d’urbanisation récente qui ont bénéficié des interventions de ces programmes. Les autres, plus anciens, et qui représentent plus de 30% du parc national de logements, n’ont pas pu tirer profit d’une telle faveur. Pourtant, leur situation se caractérise par une dégradation accélérée.
Heureusement qu’un nouveau programme national de rénovation urbaine (Pnru) est mis en place fin 2007. Il est financé partiellement par l’AFD pour un montant de 50,7 millions d’euros. Il intègre un projet pilote de mise en valeur des quartiers anciens.
Mise en valeur des rues et des places
Un tel programme va permettre incontestablement l’amélioration des conditions de vie et de santé des populations qui y habitent. En plus, le développement social sera concrétisé à la faveur de la réalisation d’équipements collectifs dans les quartiers sous-équipés et sous intégrés dans le circuit socio-économique.
Ledit programme permettra, aussi, de mettre en valeur des rues et places, ainsi que l’amélioration des équipements collectifs dans quatre centres anciens considérés comme prioritaires à savoir ceux de la médina des villes de Tunis, Sfax, Kairouan et Sousse.
Il sera procédé, également, à l’aménagement de terrains viabilisés à travers l’opération pilote de l’aménagement de la zone d’El Matar à Sousse.
C’est depuis 1998, rappelons-le, que l’AFD a accompagné cet effort national de modernisation de l’infrastructure urbaine et elle continue sa collaboration avec la Tunisie dans de bonnes conditions avec la mise en place de huit concours pour un montant global de 224 millions d’euros. A terme, ces différents concours auront permis de réhabiliter 870 quartiers contribuant à réaliser 1.300 km de voirie urbaine, 1.600 km de réseaux d’assainissement, 410 km de réseau d’assainissement pluvial, 28.000 foyers d’éclairage public au profit de plus de 1,5 million d’habitants.
Ainsi, grâce aux relations excellentes et devenues traditionnelles entre cette agence et les divers organismes, le financement est disponible pour réaliser ce saut qualitatif dans les différents quartiers, y compris ceux qui manquent d’équipements collectifs ou dont l’infrastructure est dégradée. L’objectif final étant d’améliorer les conditions et le cadre de vie de la population.
Source : La Presse
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