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Khénifra, un grand village? C'est le cas de le dire.

En effet, censée être la capitale du Moyen Atlas, elle n'en constitue qu'un grand bourg qui ne répond aucunement aux caractéristiques urbanistiques reconnues au moins à l'échelle nationale et qui doit concilier modernité, mise en valeur de l'identité nationale et spécificités locales ainsi que la qualité des services présentés aux habitants pour répondre à leurs besoins à différents niveaux.


Annoncé, suite à la visite Royale, le projet de mise à niveau est tant attendu par la population qui espère enfin que leur ville changera de visage.

Au niveau de la voierie, il est certain que c'est le point noir dans la ville qui pillule de nids-de-poule même dans les grands boulevards et artères. Ces derniers ont fait souvent l'objet de travaux à coups de milliards, mais à chaque fois des travaux entachés de fraudes et d'irrégularités sous l'oeil complice et des élus et des autorités locales.

Aujourd'hui, la voirie de la ville est défectueuse; un bitumage moderne et un élargissement des principales artères s'avèrent plus que nécessaires. Pour certains quartiers, le bitume est considéré comme un luxe à l'ère de la mondialisation! Le volet de l'éclairage a absorbé plusieurs budgets sans pour autant être satisfaisant ni embellissant. Certains quartiers périphériques vivent dans l'obscurité totale et les citoyens sont souvent une proie facile pour délinquants à la tombée de la nuit. Au niveau des espaces verts, il est impensable de voir une ville traversée par le plus long fleuve du Royaume souffrir d'un manque de jardins ou de parcs publics où le citoyen pourrait respirer, se promener et se divertir en compagnie de ses enfants.

A Khénifra, il n'y a pas une place publique qui pourrait symboliser l'identité de la ville, une fontaine ou une horloge comme c'est le cas des autres cités du pays. Et c'est frustrant pour les Khénifris qui, malgré tout, sont fiers de leur ville mais mécontents des gestionnaires de la chose publique. Côté loisir, c'est le vide absolu. Les Khénifris n'ont ni théâtre, ni salle de cinéma, ni conservatoire, encore moins de de salle omnisports, ni piscine digne de ce nom, de stade qui répondent aux aspirations de la jeunesse. C'est scandaleux lorsqu'on sait que la population de la cité et de son environnement est majoritairement jeune.

Autre volet important décrié à maintes reprises: la qualité de l'eau dont les responsables persistent à nier le taux de salinité élevé et son odeur nauséaabonde surtout en été. Plusieurs médecins ont affirmé qu'à la longue, cette eau pourrait être dangereuse pour la santé déjà mise à mal par l'absence d'infrastructures et d'équipements sanitaires à même de satisfaire les besoins des malades. Souvent ils vivent le cauchemar de se déplacer vers les établissements hospitaliers de Meknès et de la capitale. Le seul hôpital de la ville ne répond plus aux attentes des citoyens.

Quant au chapitre des constructions, c'est l'anarchie totale. On distribue les permis de construire sans prendre en considération ni l'harmonie ni la finesse architecturale que peut avoir l'ensemble du paysage urbanistique. Les Khénifris ne demandent pas la lune, mais aspirent à un minimum qui permettrait à leur ville d'avoir le visage d'une vraie cité où la vie serait plus agréable, en somme vivable.

KAMAL MOUNTASSIR

   
   
   
 
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