Une session «solaire et isolation thermique des bâtiments» sous la présidence de Mme Samira Khayach Belhaj, ministre de l’Equipement, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire, a été organisé durant la conférence nationale de maîtrise d'énergie : D’après les exposés des spécialistes, il s’est avéré que des performances peuvent être réalisées après l’amélioration de la construction des bâtiments en tenant compte de l’aspect maîtrise de l’énergie. Le représentant de la Chambre syndicale nationale des énergies renouvelables confirme d’ailleurs cet état de fait. Selon lui, le potentiel solaire de la Tunisie est important et il faut l’exploiter, notamment pour les chauffe-eau solaires individuels. De quatre entreprises fabriquant de tels matériels, on devrait passer à huit en 2009 (120.000m2 par an). Notre pays compte aussi 16 importateurs et 600 distributeurs. La Tunisie est, cependant, classée derrière la Grèce et la Turquie par exemple dans ce domaine. Les chauffe-eaux solaires peuvent être développés dans l’habitat semi-collectif et résidentiel. Le secteur est un grand pourvoyeur d’emplois puisque l’on compte en 2007 environ 1.200 emplois directs et 2.000 emplois directs sont prévus en 2009.
Parmi les recommandations formulées lors de cette session, le respect du règlement relatif à la maîtrise de l’énergie, notamment pour les nouvelles constructions, la promotion des mécanismes d’encouragement à l’installation des chauffe-eau solaires, l’actualisation du cadre réglementaire des concepteurs, le renforcement de l’information et de la formation en donnant la place qu’il faut au contrôle.
Les participants sont pour la mise en place d’un programme de solaire thermique pour le secteur tertiaire, le renforcement de la recherche en matériaux de construction et la mise en place d’une base de données appropriée dans ce domaine. La réglementation thermique et énergétique des bâtiments neufs en Tunisie a été appréciée par les participants qui souhaitent aussi que l’on parle des performances des matériaux de construction utilisés avec une meilleure approche pour la sensibilisation en diffusant des spots dans la radio par exemple. L’isolation des bâtiments devrait également être généralisée propose une intervenante.
Signature de onze chartes sur la maîtrise de l’énergie dans plusieurs secteurs
Onze chartes sur la maîtrise de l'énergie dans les secteurs du transport, de l'agriculture et de la pêche, de l'équipement et de l'habitat, de l'industrie et de l'énergie, de la recherche scientifique, du tourisme et du commerce ont été signées, hier à Gammarth, lors d'une cérémonie présidée par M. Mohamed Ghannouchi, Premier ministre, à l'occasion de la tenue de la Conférence nationale sur la maîtrise de l'énergie.
Ces chartes ont été signées par les membres du gouvernement concernés par ces secteurs avec les présidents des organisations nationales et professionnelles, à savoir l’Union générale tunisienne du travail (Ugtt), l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (Utap), l’Union nationale de la femme tunisienne (Unft), l’Organisation de défense du consommateur (ODC), la Fédération tunisienne de l’hôtellerie (FTH), l’Association professionnelle des banques de Tunisie (Apbt), l’Organisation tunisienne de l’éducation et de la famille (Otef), le Conseil de l’ordre des architectes, l’Association nationale des bureaux d’études et ingénieurs conseil (Anbeic) et la Chambre syndicale des promoteurs immobiliers.
L’objectif primordial de ces traités est d’instaurer des relations continues de coopération et de concertation entre l’administration, les professionnels et la société civile de nature à consolider l’effort national de maîtrise de l’énergie.
Ces chartes visent ainsi à développer le travail collectif en vue de dynamiser le rôle des différentes catégories de consommateurs, notamment les travailleurs et la femme, à inciter davantage à l’amélioration de l’efficacité énergétique dans les bâtiments et à promouvoir l’utilisation des chauffe-eau solaires et des énergies renouvelables.
Ces chartes énoncent, dans ce cadre, les engagements des divers signataires pour la réalisation des objectifs assignés aux différents secteurs dans le cadre du nouveau programme quadriennal de maîtrise de l’énergie (2008-2011).
S’agissant du secteur du transport, les chartes concernent l’audit énergétique obligatoire et le diagnostic des moteurs dans l’agriculture et la pêche, la promotion de l’utilisation des énergies renouvelables dans l’équipement et l’habitat, l’amélioration de l’efficacité énergétique dans l’industrie, l’énergie et les PME, l’efficacité énergétique, le financement de la maitrise de l’énergie et les rôles du travailleur et de la femme dans la maîtrise de l’énergie.
Ces chartes portent, pour ce qui est du secteur du tourisme, sur la promotion du chauffe-eau solaire dans le commerce et l’artisanat, sur la commercialisation des équipements électroménagers dotés d’une efficacité énergétique élevée ainsi que le rôle de la femme dans la maîtrise de l’énergie.
Une nouvelle approche pour préserver les ressources conventionnelles
Présidée par M. Abderrahim Zouari, ministre du Transport, la première session intitulée «Stratégie nationale de maîtrise de l’énergie dans le transport» a traité de l’utilisation rationnelle de l’énergie (URE) et de l’économie d’énergie au niveau de la voiture particulière, compte tenu que le transport est le secteur le plus énergivore après l’industrie, s'adjugeant à lui seul le tiers de la consommation nationale.
L’utilisation des déchets par fermentation a été également expérimentée et a donné des résultats encourageants. Un essai de fermentation en système discontinu a confirmé l’importance d’une telle procédure. D’où l’importance de leur généralisation. L’évaluation technique des installations biogaz ont montré leurs performances.
La fermentation des fientes des volailles est également source d’énergie. Il est possible, de même, de valoriser dans le domaine de l’énergie, les effluents agro-industriels ainsi que les déchets ménagers. Le bois de taille arboricole tiré à partir de certains arbres fruitiers — comme l’olivier, le pistachier — peut constituer une source énergétique importante. Il en est de même pour le bois et le charbon issus de sept espèces forestières.
Les performances du système de cuisson du pain traditionnel en milieu rural ont été également mises en exergue dans cet atelier de travail. La carbonisation (avec four amélioré) peut être exploitée en utilisant le sous-produit du bois et donc éviter de toucher les arbres et la dégradation des forêts.
Grâce au développement du gaz GPL, les ménages, même ceux se trouvant en milieu rural, ont commencé à réduire le recours aux ressources des forêts. Si l’on parvient à fournir l’énergie aux habitants près du milieu forestier pour cuire le pain et se réchauffer, on peut espérer une moindre exploitation des forêts.
Lors de cet atelier, les participants ont évoqué aussi l’utilisation géothermique pour le chauffage et les activités d’aquaculture notamment. Cette ressource est considérée comme fiable et stable mais peut être menacée par un épuisement à terme.
L’une des sessions a traité des «industries grosses consommatrices d’énergie et autoproductrices d’électricité dans l’industrie» sous la présidence de M. Afif Chelbi, ministre de l’Industrie, de l’Energie et des PME. Un responsable de l’Agence nationale de maîtrise de l’énergie a mis en exergue l’importance de la loi relative à la maîtrise de l’énergie. Il a indiqué que des actions ont été entreprises en vue de réduire la consommation de l’énergie sans pour autant compromettre la qualité. Un exposé a été fait sur le plan mis en place de 2005 à 2007. A lui seul, le secteur de l’industrie accapare 36% de la consommation finale. C’est pour cela que 225 entreprises ont été ciblées par le programme. D’autres entreprises bénéficient, bien entendu, du soutien et de l’accompagnement nécessaires. Les audits énergétiques ont concerné 106 entreprises au lieu de 85 initialement prévues et les contrats programmes ont touché 201 entreprises. Les investissements débloqués au cours de la période spécifiée ont été de l’ordre de 116 MD.
L’orateur a parlé aussi de la cogénération soulignant certaines contraintes comme celle de l’accès au financement pour certaines entreprises. D’ailleurs, au cours du programme qui s’étale de 2008 à 2011, l’on compte améliorer les interventions en contournant les faiblesses. Des subventions sont mises à la disposition des entreprises intéressées avec diversification des énergies renouvelables comme l’éolien, le solaire et la cogénération. Pas moins de 300 entreprises sont ciblées. Le représentant d’une banque allemande — qui a financé des projets au Maroc et en Egypte — se dit prêt à prêter son assistance pour notre pays.
La session consacrée à «LBC et équipements électroménagers» sous la présidence de M. Ridha Touiti, ministre du Commerce et de l’Artisanat, a traité notamment des étiquettes énergétiques. Une échelle de performances est ainsi indiquée. Au cours de la période 2003/2007, il y a eu disparition des classes 7 et 8 qui sont énergivores avec une domination de la classe 3. Des dispositions sont prises pour éliminer les classes 5 et 6. On espère ainsi axer les produits sur ceux qui ne consomment pas beaucoup d’énergie. Un programme a été déjà lancé pour la diffusion à large échelle des lampes à basse consommation durant la période 2005/2007.
Le travail va se poursuivre sur la période allant de 2008 à 2011 en concentrant les efforts sur la certification énergétique des appareils de climatisation individuelle. Cela va avoir un impact important sur la consommation de l’électricité. Il s’agit donc de réaliser une reconstitution du marché et de maîtriser les perspectives. L’échelle des performances sera maintenue et c’est aux consommateurs de choisir le meilleur appareil. L’affichage de l’étiquette est obligatoire à partir de cette année. Les participants ont appelé à une meilleure application de la réglementation d’autant plus que les opérateurs dans ce domaine sont bien informés. Il a même été procédé aux appareils non conformes à la réglementation. Les appareils importés ont été minutieusement contrôlés alors que ceux qui sont fabriqués localement ont fait l’objet d’un rapport du CETIME (Centre technique des industries mécaniques et électriques).
Recommandations de la conférence
Les participants à la Conférence nationale sur la maîtrise de l’énergie, qui a clôturé hier après-midi ses travaux à Gammarth, dans la banlieue de Tunis, en présence de plusieurs membres du gouvernement, ont insisté sur la nécessité, pour toutes les parties intervenantes dans tous les secteurs, de coordonner leurs efforts, dans le cadre d’une action effective, en vue d’assurer la concrétisation des programmes ambitieux fixés par la Tunisie dans le domaine de la maîtrise de l’énergie.
Ils ont notamment appelé à améliorer l’efficacité énergétique dans les moyens de transport, exhortant les responsables des sociétés de ce secteur à procéder à des audits énergétiques et à investir dans les programmes d’économie d’énergie. Ils ont également appelé à promouvoir la recherche scientifique dans le secteur des énergies renouvelables et à créer une commission nationale chargée d’élaborer des programmes de recherche prioritaire dans le domaine de la maîtrise de l’énergie, sur la base des études stratégiques réalisées ou en cours de réalisation.
Ils ont également recommandé de mettre en place des programmes de formation adaptés aux différents intervenants dans le secteur du bâtiment afin d’assurer l’application optimale de la réglementation thermique énergétique dans les nouvelles constructions et de veiller au respect des règles dans ce domaine, lors de l’attribution du permis de construction.
Ils ont aussi appelé à l’élaboration de législations relatives aux spécificités techniques en vue d’économiser l’énergie dans le secteur du bâtiment.
Les recommandations de la conférence ont aussi porté sur la nécessité de faciliter la commercialisation des lampes à basse consommation (LBC) et de les mettre à la disposition des consommateurs en quantités suffisantes dans les grandes surfaces et les espaces spécialisés. Les participants ont également recommandé de réfléchir aux meilleurs moyens d’intégrer les appareils électroménagers dans le système national de catégorisation et de généraliser la commercialisation des appareils électroménagers de catégories 1 et 2.
Ils ont aussi recommandé de renforcer la sensibilisation des citoyens à la nécessité de mettre leurs appareils électroménagers en position de veille.
Les recommandations ont également souligné la nécessité d’élaborer des cartes pour les énergies renouvelables, de créer une banque de données sur les différentes sources de ces énergies, de promouvoir leur utilisation sur la plus large échelle et d’assurer une exploitation optimale de ces ressources dans les activités agricoles, outre l’institution d’aides pour les particuliers en vue d’encourager la réduction des coûts d’utilisation de ces énergies de toutes sortes.
Les participants ont également recommandé de mettre en valeur le mécanisme de développement propre (MDP) pour préserver davantage l’environnement, d’intensifier les programmes de formation en vue de l’élaboration des projets relatifs à l’énergie et aux énergies renouvelables.
Ils ont également appelé les bureaux d’études à former des experts et des spécialistes dans le domaine du développement propre en plus de la promotion du cadre juridique et législatif régissant cette activité.
Les participants ont aussi appelé à promouvoir les programmes d’économie d’énergie dans les unités hôtelières et d’inciter ces établissements à s’intégrer dans cette démarche, soulignant la nécessité de multiplier les encouragements octroyés au titre de l’économie d’énergie.
Les participants ont enfin appelé à la création d’un guichet unique pour faciliter les formalités et les procédures d’acquisition et d’installation des équipements favorisant l’économie d’énergie, à intensifier les études d’efficience énergétique et à généraliser le mécanisme d’audits énergétiques.
Source : Tap / La Presse
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