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Une nouvelle Dubaï sur Atlantique va être créée de toutes pièces au Sénégal et sera réalisée sur 3 ans et achevée en 2010, créant ainsi une nouvelle capitale, aprés Saint-Louis et Dakar. C'est le franco-tunisien Olivier-Clément Cacoub qui a réalisé les plans d'architecture de cette nouvelle cité et c'est Dubaï World qui a signé en mars 2007 le protocole de réalisation.

Dubaï Atlantique devra couter 30 milliards Usd, qui seront avancés par Dubaï World et puis remboursé par l'Etat Sénégalais sous forme de loyer, du fait que l'administration va disposer des bâtiments, hôtels, routes et hôpitaux. Le bail s'étalera sur une période de 30 à 50 ans.
Dubaï sur Atlantique va couvrir 5.000 Ha au départ, pour atteindre 25.000 Ha, avec une population de départ de 200.000 habitants en 2010 et pour atteindre 1 million vers 2030. La nouvelle ville sera reliée à l'aéroport Blaise-Diagne par un TGV et par des autoroutes de 6 à 8 voies en direction de Dakar et Saint-Louis. En outre les promoteurs Damag et Limitless prévoient la construction d'hôtels de luxe a 40 km au nord de Dakar, dans la région du Lac Rose.

FONCTIONNELLE, AFRICAINE, VERTE, CONVIVIALE... : Les promesses de la nouvelle ville

La visite mardi dernier du site de la “ ville nouvelle ” sise à Lompoul en compagnie du ministre de l’Urbanisme et de l’Aménagement du Territoire, M. Assane Diagne, de l’architecte en chef M. Olivier Clément Cacoub et de ses associés et de toute la délégation qui l’accompagnait, a permis d’évaluer le travail déjà entrepris dans le cadre de l’Aménagement et de l’Urbanisme, en vue de la construction de la “ ville nouvelle ”.

Sur le site limité en sa bordure maritime par les villages de pêcheurs de Diogo-sur-mer (Communauté rurale de Darou Khoudoss) vers le Sud et Lompoul (Communauté rurale du même nom) plus au Nord sur une bande de 14 kilomètres, le ministre Assane Diagne a tenu à présenter l’architecte en chef des travaux de construction de la “ ville nouvelle ” qui, selon lui, a été choisi sur des bases objectives. Pour avoir été lauréat du premier Grand prix en Europe en matière de construction et d’architecture. Ce qui représente, selon Assane Diagne, un prix Nobel en la matière. Il a, en outre, souligné que l’architecte Olivier Clément Cacoub a été aussi nommé architecte en chef des Monuments et Bâtiments de Paris. “ Une partie de la Tunisie et surtout la ville de Yamoussoukro ont été construites par M. Cacoub, qui va faire la “ ville nouvelle ” sous inspiration du Président Abdoulaye Wade ”, note-t-il.

Si les besoins de décongestionner la ville de Dakar se font de plus en plus pressants, “ la ville nouvelle ” décrite par le ministre de l’Urbanisme et de l’Aménagement du territoire sera “ une ville ouverte sur la mer, large avec ses forêts urbaines, ses lacs urbains, une circulation fluide, une partie centrale qui abritera les institutions politiques et administratives ”. Pour Assane Diagne, cette ville verte sera très fonctionnelle et extrêmement africaine.

“ Les Sénégalais l’aimeront et se l’approprieront et en feront un espace riche avec une mixité sociale voulue par l’architecte en chef, car chaque Sénégalais aura le loisir de vivre là où il veut ”, promet-il.

Une ville conviviale

Hier, à la suite des entretiens et échanges entre différents techniciens avec l’architecte en chef et ses associés, le ministre Assane Diagne s’est réjoui du fait que le Sénégal possédait, en son territoire, sa principale richesse. “ A cela, il faudra y ajouter la sécurité et la main de l’homme qui feront le reste pour faire des lieux un espace où il fait bon vivre ”, avance-t-il. Avant d’indiquer des échéances très courtes pour la construction de la “ ville nouvelle ”, “ cinq ans voire dix ans ”, lâche-t-il.

Pour l’architecte en chef, la “ ville nouvelle ” voulue par le Président Abdoulaye Wade est une ville conviviale qui va permettre aux Sénégalais de se rapprocher, de se connaître et de permettre aux autres Sénégalais de connaître les Sénégalais. “ Ce n’est pas une grande ville, c’est un tour de table, c’est un salon. Il faut que tout le monde soit à l’aise, que tout le monde participe à la construction, que cette ville devienne de plus en plus la référence en Afrique ”, commente-t-il. Et Olivier Clément Cacoub de souligner : “ il faut que cette ville soit la fierté de tous les Sénégalais. Nous allons mettre là toutes les dernières idées d’urbanisme ”.

Un processus irréversible

Parlant de la situation domaniale et foncière, le ministre Assane Diagne a assuré que le site appartenait en partie au Domaine national. “ Nous allons faire l’état des lieux et nous discuterons avec ceux qui ont des terrains. S’il y a une possibilité de les laisser sur place, nous le ferons ; par contre, s’il y a lieu d’indemniser, nous le ferons selon les textes régissant l’expropriation ”, annonce-t-il.

Quid des premiers travaux de construction ? Il s’agissait de déterminer pour les techniciens et les architectes, la grande pénétrante de la “ ville nouvelle ”. Il a été décidé, à l’en croire, un emplacement pour recevoir la base-vie qui sera composée d’un bâtiment central, d’une salle de conférences, d’un restaurant, de chambres de passage (...)

Face à la presse, le ministre de l’Urbanisme et de l’Aménagement du territoire a affirmé que le processus de construction de la “ ville nouvelle ” était irréversible et il a réaffirmé la détermination et la grande volonté politique des autorités de l’Etat, qui demeurent la grande locomotive de cette ville. “ Il faut que les Sénégalais comprennent que c’est leur ville et qu’il se l’approprient ”, indique-t-il.

Future capitale ?

Pour Assane Diagne, la création de cette ville nouvelle instruite par le président de la République est une impulsion pour que chacun de nous ne doute plus de cette ville. Quant à son statut, il met un bémol sur la rumeur présentant la ville nouvelle comme la future capitale du Sénégal. “ On ne peut dire que cette ville est la capitale du Sénégal. C’est une loi qui décide de l’érection d’une ville en capitale. Ce serait prématuré de le dire. En somme, c’est une ville qui sera organisée pour qu’elle devienne ce que l’on voudra ”, explique-t-il.

Le Président de la Communauté rurale de Darou Khoudoss, M. Mactar Ndiaye, conscient de la sauvegarde de l’équilibre de l’espace (25.000 hectares) occupé par le projet de construction de la “ ville nouvelle ”, a pour sa part demandé aux autorités de l’Etat de faire des missions d’informations et d’explications auprès des populations du site et de ses environs. Une demande qui sera très certainement prise en compte pour mener à bien les futures étapes de la réalisation du projet de la “ ville nouvelle ”.

Une ville pour décongestionner Dakar

Les difficultés liées au déplacement dans Dakar font perdre à l’économie sénégalaise plus de 100 milliards de FCfa par an. D’où la nécessité d’aménager une nouvelle ville pour décongestionner la capitale et favoriser les conditions d’une compétitivité économique.

Le projet de la “ ville nouvelle ” s’intègre dans les grands chantiers du Chef de l’Etat, pour la construction d’un Sénégal émergent, dans une Afrique renaissante. La ville de Dakar occupe une position excentrée, notamment avec une saturation de l’espace urbain (80 % des industries, 75 % des activités économiques et administratives, 30 % de la population), mais aussi une concentration irrationnelle de l’espace et les difficultés de se déplacer qui font perdre à l’économie sénégalaise plus de 100 milliards de FCfa par an.

Le président de la République, en visionnaire, a conçu le projet de “ ville nouvelle ”, qui va permettre en amont un meilleur aménagement et la valorisation de l’espace disponible en dehors de Dakar.

Ce projet vise donc à réaliser un développement durable et un aménagement plus équilibré du territoire national ; à décongestionner durablement la ville de Dakar, afin d’améliorer sa compétitivité économique et son attractivité ; à créer les conditions d’une modernité effective de l’administration centrale, afin de réaliser un réseau d’infrastructures de communication mieux structuré.

La première phase de la “ ville nouvelle ” sera construite sur une zone de 5.000 hectares en bordure de l’océan et elle est destinée à une population d’environ 200.000 habitants. C’est une zone d’une part à dominante politique et administrative, avec une frange littorale à vocation touristique avec des lieux d’échanges commerciaux et culturels, des stations et complexes touristiques. D’autre part, cette zone abritera un espace urbain à fonctions diversifiées avec des logements, des activités et des équipements...

La seconde phase de construction sera une extension de près de 20.000 hectares qui permettra d’accueillir près de 1.000.000 d’habitants. Dans cet espace, il est prévu une implantation d’une voirie hiérarchisée avec un maillage de réseaux, de voies de contournement, des pénétrantes et des dessertes de voisinage. Dans le domaine des transports, un aéroport de transports moyens, une gare ferroviaire, une gare routière, des héliports, un réseau de bus sont prévus. Dans le schéma global, une large place est réservée à l’environnement urbain, à la revitalisation des Niayes et à la promotion économique de l’artisanat.

B. B. SANÉ, Le solei (Sénégal)

 

 

Dubaï en terre africaine ?

Les autorités misent sur le projet d’une nouvelle capitale pour faire du pays un pôle économique de premier ordre sur le continent.

Fonctionnelle, haut de gamme, ultramoderne… Les adjectifs qualifiant la nouvelle capitale dont le pays voudrait se doter ne manquent pas. Il faut dire que le projet, pour le moins ambitieux, a pour but de faire du pays de la Téranga (« hospitalité », en wolof) un pôle économique de premier ordre sur le continent. Selon les prévisions du ministre chargé du projet, Ahmed Khalifa Niasse, les premières infrastructures de « Dubaï sur Atlantique » - comme il l’appelle - pourraient être achevées dans trois ans.

Le 4 avril 2010, la Fête de l’indépendance du Sénégal devrait même être célébrée dans la nouvelle capitale -, qui sera alors la troisième dans l’histoire du pays, après Saint-Louis et Dakar -, dont le nom officiel n’a toujours pas été révélé par le président Abdoulaye Wade.
Optimiste, le ministre Ahmed Khalifa Niasse se veut rassurant : bien que colossal, le projet n’a rien d’utopique. Le cabinet d’architecture parisien Cacoub en a d’ores et déjà réalisé les plans. En outre, les autorités ont engagé depuis plusieurs semaines de très sérieuses négociations avec des firmes immobilières de Dubaï. Et un accord a été signé à la fin du mois de mars avec Limitless, la filière immobilière de Dubai World. Par ailleurs, une délégation du groupe émirati Damag a effectué à la mi-mai un voyage dans le pays afin de visiter le site où la nouvelle capitale devrait sortir de terre.

Situé sur la côte nord de l’Atlantique, à mi-chemin entre Dakar et Saint-Louis, « Dubaï sur Atlantique » devrait coûter, selon les premières estimations, quelque 30 milliards de dollars. Mais qui va payer ? D’après Ahmed Khalifa Niasse, l’État du Sénégal ne déboursera pas un centime pour sa réalisation. En revanche, il devra verser un « loyer » - d’un montant encore inconnu - lui permettant de disposer des bâtiments administratifs, des hôtels, des hôpitaux ou encore des routes. Le bail s’étalera sur une période de trente à cinquante ans. Considérée par les autorités sénégalaises comme un outil au service du développement du pays, de l’Afrique de l’Ouest et du Nord, « Dubaï sur Atlantique » occupera, dans un premier temps, une superficie de 5 000 hectares (ha). À terme, la ville s’étendra sur 25 000 ha pour une population de 200 000 habitants en 2010, et de 1 million par la suite.

La capitale du futur, dont l’architecture rappellera néanmoins les monuments ancestraux soudano-sahéliens et arabo-berbères, sera par ailleurs reliée à Dakar et à l’aéroport Blaise-Diagne de Diass par un train à grande vitesse (TGV), le premier sur le continent. D’après les premiers plans établis, des autoroutes de six à huit voies en direction de Saint-Louis et de Dakar ainsi qu’un port seront construits. Les promoteurs Limitless et Damag prévoient par ailleurs des travaux d’aménagement à Dakar et la construction d’hôtels de luxe au lac Rose (à 40 km au nord de Dakar)…

SÉNÉGAL - 20 mai 2007 - par CÉCILE SOW GUÈYE, CORRESPONDANTE À DAKAR (Jeune Afrique)

 

 

Autres réactions :
CONTESTATION - Ecartés dans la conception de la nouvelle ville : Plaintes et complaintes des architectes sénégalais
Sur le chemin de la «Ville nouvelle» : Malheur aux invités du ministre !

Le syndicat des architectes du Sénégal n’apprécie pas la mise à l’écart de leurs membres dans la conception de la nouvelle ville de Lompoul. Ces derniers contestent le choix de M. Cacoub et s’étonnent du manque de transparence dans l’attribution du marché. Et du manque d’inspiration dans la conception des plans.

Les architectes sénégalais ne sont pas prêts d’avaler la couleuvre que constitue le choix d’un architecte étranger pour la construction de la nouvelle ville de Loumpoul. Ces derniers, regroupés autour du syndicat des architectes du Sénégal, ont tenu un point de presse, hier, pour s’insurger contre leur mise à l’écart dans ce projet. Selon son président, Ousseynou Faye, «la conception d’une ville est d’une telle complexité qu’elle demande un large éventail d’expertise».

D’après ses explications, «l’érection d’une nouvelle ville doit prendre en compte les aspects économiques, sociologiques et culturels. Et, à ce titre, aucun architecte ne peut répondre de ces préalables mieux que les Sénégalais qui connaissent le terrain et les réalités des populations».

Loin de vouloir s’inscrire dans une xénophobie, le syndicat reste convaincu que «l’Ordre des architectes du Sénégal, riche de plus de 200 membres très reconnus dans la sous-région et ailleurs, renferme en son sein la crème pouvant doter de la nouvelle ville une architecture qui réponde aux besoins des populations». «On peut être moderne et être Sénégalais. C’est incompréhensible qu’un étranger nous apprenne à vivre chez nous en dessinant les grandes lignes du projet», pestent les architectes.

De l’avis de M. Faye, Olivier Clément Cacoub qui a été choisi par le président de la République ne peut pas être l’architecte d’opération en charge du contrôle et de l’exécution de l’essentiel des travaux et «laisser des miettes aux autochtones». D’autant que «les compétences requises sont bien là et sollicitées de partout dans le monde». En effet, précise-t-il que cette sortie du syndicat est une position de principe et de patriotisme. «Ce n’est guère pour des raisons pécuniaires mais, quand on a ce qu’il faut dans son pays, l’on n’a pas besoin d’aller le chercher ailleurs», renchérit Ousseynou Faye.

Par ailleurs, le syndicat des architectes exprime son incompréhension quant aux critères qui ont prévalu au choix de M. Cacoub. Ainsi, ils s’émeuvent «qu’il n’ait pas eu d’appel d’offres ou de manifestation d’intérêts. C’est très facile de se lever un jour et d’offrir un plateau d’argent, un tel marché à quelqu’un sans la définition des critères d’attribution». Ils sont d’avis que, la construction de la ville de Yamoussoukro par l’architecte choisi n’est pas un bon baromètre de jugement.

Car, révèle-t-ils, «la conception de cette ville a été un échec cuisant pour l’architecte». M. Faye d’expliquer que «Yamoussoukro a été surdimensionnée au point que les populations, ayant perdu leurs repères, étaient obligées de la fuir. Il a fallu que le défunt Président Boigny accorde des subventions à ces dernières pour les encourager à rester dans la ville».

Ainsi déplore-t-ils le manque d’inspiration dans la conception de la nouvelle ville de Lompoul. «Le plan n’est qu’une pâle copie modifiée de la ville de Paris comme cela a été le cas avec l’aéroport de Diass. Celui-ci n’est rien d’autre que le clone de l’aéroport de Roissy.» Or, les collègues de Ousseynou Faye estiment que, compte tenu de la différence des réalités et des cultures, les conceptions doivent différer de façon essentielle.

En outre, le syndicat s’étonne du silence de l’Ordre des architectes devant de telles situations où les autochtones sont lésés et laissés en rade.

Pour M. Faye, l’Ordre est représenté par un architecte fonctionnaire qui dépend du ministère de tutelle. «Comment ce représentant qui a les mains liées, peut-il défendre les intérêts de toute une corporation dont la majeure partie évolue dans le privé ?», se demandent les architectes. «Il est malheureux que le président de l’Ordre cautionne ces faits ainsi que le ministre de l’Urbanisme, Assane Diagne, qui est lui aussi de la même corporation», regrettent les architectes.

Ndiaga NDIAYE (Le Quotidien 27/10/2005)

VISITE - Sur le chemin de la «Ville nouvelle» : Malheur aux invités du ministre !

Lompoul. La «Ville nouvelle». Un budget et une visite de terrain en compagnie de l’architecte choisi et le ministre de tutelle. Une invitation reçue des jours avant celui de la visite. Cela suppose une bonne organisation. Mais ce pragmatisme, on ne connaît pas au ministère de l’Urbanisme et de l’Aménagement du territoire. Du moins quand il s’agit de la presse. C’est le tâtonnement depuis le parking de ce ministère. Et pour certains journalistes, Lompoul… c’est la plage de Fass Boye.

Avant-hier, le ministre de l’Urbanisme et de l’Aménagement du territoire, Assane Diagne et ses agents accompagnés de l’architecte Olivier Christophe Cacoub et ses associés effectuaient une visite de terrain à Lompoul, site choisie pour abriter la «Ville nouvelle». L’architecte devait donner une idée de ce que sera cette «Ville nouvelle» une fois achevée, ce qui fera son originalité en terme de cadre de vie, sa particularité par rapport aux autres villes du Sénégal et d’Afrique.

Pour une plus large diffusion, de ce que va donner la concrétisation de cette idée du chef de l’Etat, le ministère a invité des journalistes pour cette visite. Et la presse a répondu animée par le souci d’informer.

Seulement avant-hier, on avait l’impression que ces journalistes étaient des invités indésirables. Pour un voyage sur une distance d’environ 200 km, il n’y avait pas un moyen de transport à leur disposition. «Non, le conseiller en communication avait prévu un bus, mais on lui a fait comprendre que le chemin qui sera emprunté va être impraticable pour le bus.» Alors il faut se rabattre sur les véhicules 4x4 prévus pour ce voyage. Seulement, les journalistes ne peuvent occuper que les siègent arrières, s’il en reste. Et même cette discrimination ne règle pas le problème. D’autant que d’aucuns parmi eux refusent «d’être parqués derrière comme des moutons». A ceux-là on demande d’attendre un véhicule qui «est allé chercher de l’essence». Quelques minutes après, ledit véhicule se gare suivant la file dans le parking du ministère de l’Urbanisme et de l’Aménagement du territoire, avec trois passagers.

Le problème reste entier. Mais le plus désolant c’est de voir les organisateurs toiser les journalistes comme des malpropres, avec des interpellations du genre : «Qui vous a invité ? Je ne me rappelle pas avoir envoyé un fax chez vous. J’ai la liste en face de moi, mais il n’y a point le nom de votre organe.» Et après des échanges de propos pas trop agréables, des concessions de part et d’autres, il reste une place pour quatre journalistes. En fin de compte, deux vont embarquer les autres devront rebrousser chemin.

C’est à ce moment qu’arrive un véhicule du ministère du Tourisme, à bord duquel ces derniers vont voyager… jusqu’à Fass Boye. Là, le «sauveur» venu du ministère du Tourisme tombe en panne. L’embrayage ne répond plus. Pas moyens de le réparer après moult tentatives.

Le cortège du ministre, lui, a continué son chemin. Ces journalistes, ne verront pas Lompoul, ni la «Ville nouvelle». Ils resteront coincés sur la plage pendant plus de trois heures, sans assistance. A quelques minutes de 16 heures, l’espoir passe en la personne du préfet. Mais ce sera aussi bref que son assistance : «Attendez, il y a les autres qui arrivent», rassure un des passagers du cortège.

Les autres, ce sont des gendarmes, des journalistes et le conseiller en communication du ministre. Ces derniers, paraît-il, ont insisté pour reprendre le chemin emprunté à l’allée… dans l’espoir de retrouver le véhicule tombé en panne et ses passagers. Histoire de vérifier s’ils sont sains et saufs.

Que c’est beau la communication avec le ministre de l’Urbanisme et de l’Aménagement du territoire !

Fatou FAYE, Le Quotidien (Sénégal)


 

   
   
   
 
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