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Les architectes algériens prévoient une marche de protestation le 20 janvier 2012
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05/01/2012
«On ne peut pas parler de la qualité du bâti, tout en omettant l'apport des architectes.»
«S'ils veulent importer des architectes et des ingénieurs de l'étranger pour la construction des F3 et des F4, le secteur de l'Habitat national n'a qu'à recruter aussi des ministres étrangers pour gérer ce secteur en Algérie!», a tonné, hier, M.Athmane Touileb, président de l'Ordre national des architectes.
En prévision d'une marche vers le ministère de l'Habitat, le 20 janvier prochain à Alger, Touileb n'a fait qu'exprimer le ras-le-bol d'une corporation qui s'estime marginalisée et même blessée dans son amour-propre.
«Dans tous les pays du monde, les architectes sont respectés de par leur intelligence et créativité qui reflètent le patrimoine culturel, traditionnel ou moderne du pays, tout en participant de manière directe ou indirecte à l'élaboration des politiques de l'habitat, mais, malheureusement, dans notre pays, ils sont marginalisés à tel point qu'ils n'ont plus de repères», s'est-il exclamé. Le ministre de l'Habitat, produit un contre-discours.
«Il gère le secteur en se permettant l'extrapolation et il se retourne contre les architectes du pays», a-t-il déploré. Dans tous les cas, on ne peut pas parler de qualité du bâti d'une part, et d'autre part, exclure les architectes de la décision portant sur la construction.
«On ne peut parler de qualité du bâti, en se basant sur le calcul des coûts de la matière et des réalisations, tout en omettant l'esthétique, l'imagination et autres facteurs qui découlent des constructions quelles que soient leur importance», dit-il.
Poursuivant ses critiques contre la tutelle, M.Touileb souligne l'absence de réalisation du moindre institut de formation dans le secteur à l'exception des centres de formation qui forment différents ouvriers, afin de répondre aux besoins du secteur.
Aucun débat n'a été développé entre les architectes algériens et le ministère de l'Habitat. Aucun suivi ou réponse aux besoins de la corporation depuis le rassemblement des architectes en présence du ministre concerné n'ont été apportés lors du dernier Salon du bâtiment en 2011 aux Pins maritimes (Safex), a-t-il rappelé.
Les spécialistes de l'habitat sont très mal à l'aise dans l'actuelle organisation du ministère de l'Habitat. «Sinon, comment et pourquoi recourir aux bureaux d'études étrangers pour de piètres études de projets alors que les meilleurs architectes du pays sont ignorés?», s'est interrogé M.Touileb.
Le président de l'Ordre national des architectes algériens dira par ailleurs, qu'afin de se laver les mains des pratiques qui mettent les architectes dans de mauvaises conditions, le ministre de l'Habitat rejette la responsabilité de cette situation sur le Code des marchés publics qui régit le choix et la sélection des sociétés du bâtiment.
Source: L'Expression
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