MAGAZINE D’ARCHITECTURE EN LIGNE

L'immobilier au Maroc ne restera pas prémuni contre les crises

10/07/2010

Les médias ont créé une réticence chez les Marocains voulant acquérir un bien immobilier.

Le secteur de l'immobilier est actuellement en bonne santé, mais certains indicateurs portent à croire qu'il ne restera pas prémuni longtemps contre les crises», c'est ce qu'a déclaré le ministre de l'Habitat et de l'Urbanisme et de l'aménagement de l'espace Taoufik Hjira vendredi dernier à Rabat lors d'une rencontre relative à la présentation du bilan consolidé du 1er semestre et des perspectives d'actions du second semestre 2010. Selon M. Hjira, la promotion immobilière ne se trouve pas actuellement en situation très confortable à cause de deux facteurs. Il s'agira d'abord de l'impact de la crise immobilière déclarée au niveau international sur le Maroc.

M. Hjira a expliqué dans ce sens que le Maroc ne souffre pas directement des effets de cette crise. Toutefois, le secteur a été fortement influencé par les messages véhiculés par les médias internationaux qui ont créé une sorte de réticence chez les Marocains voulant acquérir un bien immobilier. Une situation qui a entraîné une stagnation des ventes et du marché immobilier en général.
Le deuxième facteur ayant influencé le développement du secteur est l'absence de l'offre relative au logement social qui constitue d'ailleurs 70% de l'offre immobilière générale, due à l'achèvement de tous les projets lancés durant les années précédentes.
Toutefois malgré cette situation «inconfortable», le secteur de l'immobilier a pu afficher, selon le ministre, de la résistance et enregistrer des résultats positifs.
On apprend ainsi que les nouveaux chantiers lancés dans le domaine ont permis la création de 31.000 emplois et l'augmentation de la vente du ciment à hauteur de 10% ainsi que la hausse des crédits immobiliers.

S'agissant de l'habitat social destiné à la population au revenu limité, le ministre a annoncé que le coup d'envoi a été donné pour la réalisation de 60.690 unités dont le prix ne dépasse pas 140.000 DH soit 47% de l'ensemble du programme engagé par Al Omrane. Le ministre a annoncé, dans ce sens, que 8000 de ces unités sont déjà prêtes. Par ailleurs, il sera question de relancer l'habitat social dont la valeur immobilière est estimée à 25.000 dirhams. «2010 sera l'année de l'habitat social par excellence » a annoncé dans ce sens, le ministre de l'Habitat.
Au volet de la lutte contre l'habitat insalubre, le ministre a rappelé que 1.136.000 familles ont bénéficié de cette offre et que 25.000 lots et biens immobiliers sont déjà prêts pour accueillir les populations résidant dans des bidonvilles. M. Hjira a indiqué que le défi actuel à relever est l'éradication des bidonvilles de 7 grandes villes.

Pour ce faire, trois commissions ont été mises en place regroupant les ministères des Finances, de l'Intérieur et de l'Habitat dans l'objectif d'étudier les moyens à mettre en place pour activer le programme de lutte contre les bidonvilles et déterminer les villes qui souffrent le plus de ce fléau.
En matière de développement territorial, le chef de département a fait remarquer que 11 programmes régionaux d'aménagement territorial sont en phase de réalisation.

Ces programmes seront réalisés parallèlement à la préparation d'un ensemble de documents d'urbanisme. En effet, 15 plans d'orientation pour l'aménagement urbanistique, 68 projets d'aménagement rural, 356 plans d'aménagement et 151 plans de développement de concentrations rurales, sont en cours d'élaboration. Par ailleurs, le ministère de l'Habitat serait en train de négocier pour prolonger la durée des plans d'aménagement pour pouvoir récupérer les espaces publics dans 43 villes où ces plans ont déjà expiré.

Bientôt un plan vert urbain

Le ministère de l'Habitat est en phase de préparer un nouveau plan qui sera consacré à la préservation et la création des espaces verts. Ce plan aura ainsi pour objectif d'établir le constat des espaces verts existants privés et publics, en définissant le caractère et la qualité de chacun, définir des objectifs en mettant à disposition des différentes catégories d'habitants des espaces verts collectifs de proximité suffisants en fonction des normes arrêtées, adaptés et facilement accessibles et enfin recenser les espaces et terrains privés ou publics susceptibles d'être aménagés et ouverts au public et qui devront faire l'objet d'une réserve dans les documents d'urbanisme. Ainsi, à l'échelle de la ville, et éventuellement de sa périphérie, ce plan devra définir une armature ou une trame verte sur l'ensemble du territoire.

De la sorte, des ratios et des normes pourront être garanties à l'échelle macroscopique, tout en admettant une marge de souplesse, pour faciliter sa mise en oeuvre. Le rôle structurant de certains espaces verts devra ainsi être mentionné avec suffisamment de détails, contrairement à d'autres types d'espaces verts dont l'échelle nécessite des plans sectoriels élaborés sur la base de prescriptions contenues dans le plan vert.

Par Yousra Amrani | LE MATIN


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