MAGAZINE D’ARCHITECTURE EN LIGNE
 
 
 
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Etre architecte, c’est aussi être artisan et concepteur de l’urbanisme. Un vrai bâtisseur d’une infrastructure architecturale de grandes formes géométriques confectionnées de haute facture, loin de toutes connotations anarchiques.

Cependant, dans la foulée de l’actuelle extension urbaine, la demande accrue des lotissements et leur construction anarchique, la présence de l’architecte sur le marché, notamment privé, risque de devenir inaperçue.

Son rôle étant, autrefois, de premier plan, demeure aujourd’hui menacé par les intrus du domaine, perturbé par une concurrence déloyale et soumis à des réglementations professionnelles dérisoires. Autant de questions en suspens auxquelles les architectes s’attachent à apporter les solutions requises.

Ainsi, dans son conseil consultatif, tenu tout récemment à Mégrine, l’Ordre des architectes tunisiens (OAT) a passé en revue les différentes activités et plans d’action de ses représentants régionaux. Un rendez-vous tant attendu par les adhérents pour trancher sur tout, dans le cadre de la loi et le respect des déontologies du métier.

Ainsi, afin de promouvoir la profession et d’en améliorer l’image, les architectes tunisiens ont mis le doigt sur les problèmes majeurs auxquels il font, encore, face. Leur souci est d’étendre l’application du barème des honoraires pour les projets publics à ceux initiés par les privés. Ils ont, également, recommandé à intégrer les représentants régionaux du conseil de l’ordre dans les commissions municipales chargées des permis de bâtir.

Dans l’objectif de pouvoir combattre le phénomène des intrus dont le nombre ne cesse de s’accroître, les participants au conseil consultatif ont plaidé pour l’adoption d’un cachet unique. Cela constitue, pour eux, l’un des moyens susceptibles de défendre les professionnels contre les pratiques illicites des «poseurs de cachets». Une manière détournée pour valider les dossiers des permis de bâtir, loin des normes architecturales en vigueur. Corollaire évident : la concurrence déloyale et la dégradation de l’aspect esthétique aux dépens des constructions anarchiques.

Autre sujet important, les concours d’architecture. A cet effet, les professionnels du métier ont renouvelé leur attachement permanent à l’organisation et la généralisation de ces concours à tous les architectes, sans aucune discrimination ni marginalisation. Toutefois, le règlement de certains concours, tel qu’il est présenté par le ministère de l’Equipement, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire, a été rejeté à l’unanimité par le Conseil de l’ordre des architectes, lors de son assemblée générale extraordinaire, tenue samedi dernier à Tunis, par 242 voix contre et 10 pour.

Ce nouveau système de concours proposé par le ministère de tutelle, dont 96% des participants à ladite assemblée ont déjà voté contre, dépend de plusieurs conditions. Le candidat doit faire preuve d’une expérience professionnelle supérieure à dix ans, avec à son actif des projets évalués à plus de 2 MD, ce qui pourrait limiter le nombre des participants aux concours concernés. Il doit également s’y présenter muni d’un dossier comportant seulement matricule fiscal et diplôme, sans avoir une attestation de participation au concours délivrée par le conseil de l’ordre en question. Ce procédé risque dans ce cas de faire participer des candidats radiés sur la liste des architectes inscrits à l’ordre.

Plusieurs autres conditions sont aussi obligatoires, mais qui ne répondent pas aux attentes des architectes telles que la nouvelle composition du jury et la détermination des prix.

K. FERCHICHI


 

   
   
   
 
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