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Contenu des rencontres doctorales architecturales de mai 2010
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25/05/2010
Rencontres Doctorales en Hommage à Alain RENIER.
Cité des sciences de Tunis, Tunisie 20 ,21 mai 2010.
Les rencontres doctorales architecturales se sont achevées à la cité des sciences vendredi dernier. Elles instaurent du coup une ouverture de le recherche architecturale sur son environnement.
Ces rencontres se sont déroulées sous les auspices de l'ordre des architectes de Tunisie, dans une manifestation qui a voulu faire rayonner l'université sur le milieu professionnel.
Ces manifestations se sont déroulées sous le signe des nouveaux défis de l'architecture, et dans le cadre de la Journée Nationale de l'Architecture qui sera célébrée chaque 22 du mois de mai.
Se sont succédées les interventions des docteurs tunisiens en architecture, notamment celle de Mohsen Ben Hadj Salem, membre du comité de rédaction d'Archi-Mag s'intitulant "Les effets sensibles comme outils d’analyse et d’aide à la conception dans les gares du 19° siècle."

Voici les abstracts des différentes inteventions :
Alain Rénier et la formation doctorale en architecture
Par : Ali Cheikhrouhou
Ma communication s’apparente plutôt à l’histoire orale, je vais exposer à travers les moments où j’ai connu Alain rénier, sa contribution à la refonte de l’enseignement de l’architecture et surtout son implication directe et massive dans la promotion et la mise en place des études doctorales en architecture à l’ENAU, période pendant laquelle j’ai eu l’honneur de le côtoyer continuellement et où on a travaillé ensemble pour réfléchir et mettre en oeuvre un enseignement doctoral de haut niveau inspiré de ce qui se fait ailleurs et qui tiens compte de nos propres expériences et de notre sensibilité méditerranéenne.
Nous verrons successivement comment j’ai eu connaissance de l’existence de Alain rénier quand j’étais étudiant « admissionniste » à l’école des beaux arts où il a assuré la direction des études avant les évènements de Mai 68, nous passons brièvement sur ses tentatives de réformer l’enseignement sclérosé des beaux arts en France, en introduisant de nouvelles approches d’enseignement du projet et en créant le laboratoire de sémiotique architecturale à l’ancienne UP6 .
Je présenterai plus en détail l’histoire que j’ai vécu dans la mise en place du DEA et du Doctorat en architecture où il a assuré la direction scientifique jusqu’à sa disparition, ce qui lui a valu d’y consacrer une bonne partie de sa vie pour le plaisir de former des docteurs en architecture et pour léguer son savoir et surtout sa manière d’être.
Ali Cheikhrouhou est architecte DPLG et urbaniste DIUUP, après avoir fait carrière dans l’enseignement d’architecture à L’ENAU (Ecole Nationale d’Architecture et d’Urbanisme de Tunis), il est actuellement architecte urbaniste consultant. Au cours de sa carrière, il a mené en parallèle avec l’enseignement de la conception du projet d’architecture, plusieurs recherches sur le patrimoine rural, les techniques traditionnelles de construction et l’habitat. Il a contribué à la formation des formateurs à l’ENAU et il a participé à la réflexion sur l’enseignement de l’architecture en Tunisie et à la mise en place du nouveau cursus d’enseignement englobant le diplôme professionnel et les études doctorales qu’il a mis promu pendant son passage à la direction de l’école.
Persistance de l'exemple
Par : Pr. Jean Pierre Péneau
Dans le cadre de l’hommage rendu par l’ENAU et l’Ecole doctorale : « Sciences et Ingénieries Architecturales » à la mémoire d’Alain Rénier, la présente intervention vise essentiellement à montrer la dimension exemplaire de son parcours et de son engagement sans partage pour le développement de la théorie de l’architecture. Après un rappel des principales étapes de sa carrière d’enseignant et de chercheur, l’accent sera mis, tour à tour : sur la cohérence d’une trajectoire professionnelle entièrement dédiée à la confortation scientifique et méthodologique de la discipline architecturale, considérée à la fois comme domaine de connaissances et comme pratique opératoire ; sur les recours aux approches à dominante structuralo-sémiotique et systémique comme instruments de compréhension et moyens d’action sur l’espace architectural ; enfin, sur les perspectives d’actualisation d’une telle démarche de stimulation interdisciplinaire, eu égard à l’apparition de nouveaux paradigmes et aux évolutions des référentiels théoriques des temps présents.
Jean-Pierre Péneau est architecte, docteur en histoire des sciences et des techniques, habilité à diriger les recherches, professeur honoraire des écoles d’architecture. Il a travaillé sur la théorie des ambiances, ainsi que sur les relations entre théorie architecturale et climat. Fondateur et directeur du laboratoire CERMA à l’Ecole d’architecture de Nantes, il a également participé à la fondation et à la direction de l’Unité Mixte de Recherche du CNRS 1563 « Ambiances Architecturales et Urbaines ». Il est actuellement professeur – visiteur à l’ENAU et assure la direction scientifique de l’équipe de recherche sur les ambiances (ERA) au sein de l’Ecole doctorale : « Sciences et Ingénieries Architecturales ».
De la critique à la théorie
Par : Pr. Philippe Boudon
Parler de travail théorique en architecture suppose de distinguer des genres de discours parmi lesquels s’inscrivent les discours théoriques : discours historique, critique ou doctrinal notamment. Il ne s’agit pas pour autant de revendiquer un privilège du théorique, mais simplement son existence.
En m’appuyant sur le cas de la distinction venturienne entre « canard » et « hangar décoré », et sur l’analyse intéressante qui a pu en être faite récemment du côté de la critique, il s’agira d’en indiquer une approche architecturologique.
Ce sera ma façon de rendre hommage à Alain Renier qui préconisait, comme je le fais moi-même, que l’architecture puisse être l’objet de travaux proprement théoriques.
Philippe Boudon, né en 1941, est un architecte et urbaniste français. Il a été directeur du Laboratoire d’architecturologie et de recherches
épistémologiques sur l’architecture (Laréa) et professeur à l’école d’architecture de Paris-La Villette.
Théoricien, il focalise sa recherche sur l’opération cognitive propre à l’architecte lors du travail de la conception. En esquissant cette théorie, il a voulu monter l’existence d’un espace de conception ou comme il l’appelle l’espace architecturologique.
Pour cette question, il se trouve en premier lieu deux concepts essentiels et opératoires : le modèle et l’échelle, l’opération de la conception consiste en l’opération de dimensionnement de l’opérande qui est le modèle par le biais de l’opérateur (l’échelle) qui tient d’une pertinence quelconque, en effet il énumère une vingtaine de pertinences correspondant à vingt.
Alain RENIER ou pour une sémiologie de la culture.
Par : Dr. Josep Muntanola
Josep MUNTANOLA est architecte et professeur à l'école d'architecture de Barcelone. Il a écrit plusieurs livres sur la pratique et la théorie de l'architecture, et il pratique actuellement l'architecture à Barcelone avec l'architecture et historienne Magda Saura Carulla.
La pensée en architecture au ‘risque’ de l’événementialité
Par : Dr. Dorra Ismail
L’un des grands axes de réflexion d’Alain Rénier était d’instituer une formation doctorale dans la discipline au sein des écoles d’architecture et rattachée à l’université. Dans ce sens, la présente réflexion mettra l’accent sur les compréhensions, limites et extensions d’une recherche dans le champ menée sous la direction de Feu le Professeur Alain Rénier, et se veut un hommage et une contribution modeste à la pensée de l’homme : « la constitution de la discipline architecture ».
La réflexion que nous tenterons de soumettre, dans le cadre de cette rencontre hommage, s’échelonnera sur trois temps correspondant à trois niveaux de questionnement :
1. Pourquoi coupler architecture avec pensée ?
Pour aborder l’architecture en tant que discipline et donc comme savoir constitué ayant son propre champ de réflexion et d’action, il est nécessaire de s’interroger sur ce qui fonde ce dernier et par extension comment il se pense. Dans une discipline où la ‘référence’, en tant que support et mode opératoire, est incontournable, il y a lieu de rendre intelligible une rupture épistémologique avec la référence en tant que modèle. D’où la nécessité pour l’événement de rester événementiel pour que la connaissance qu’on en dégage dans la discipline reste en progression.
2. Pourquoi coupler Evénement avec Risque ?
Nous partons du principe que toute connaissance (qu’elle soit historique ou constructive) est irréductible aux faits indépendamment d’une localisation spatiale, temporelle et culturelle. Rendre intelligible un événement c’est prendre le risque (constitutif) de l’interpréter. L’événement étant neutre, il apparaît à notre regard et devient visible par l’intermédiaire de diverses trajectoires et épaisseurs qu’il s’agit d’interroger et re-situer, afin qu’il ne soit pas absorbé par une instrumentalisation globale et instituée et donc confondu avec le fait.
3. Le concept de l’événementialité et son apport dans la discipline ?
L’événementialité permet à la fois de révéler et démêler des complexités liées à la compréhension d’un événement dans le champ de l’architecture et de donner un canevas pour ‘entrer’ dans une figure architecturale selon des catégories bien spécifiées.
Le concept constitue un point d’entrée à double inclusion :
- approche dans le champ, distanciée par rapport aux faits, ‘consciente’ des fondements idéologiques en jeu, de leurs présupposés historiques et de leurs implications sur le savoir et le savoir-faire.
- mise en relation de figures dans une posture diachronique, intégrant une durée plus transversale et réflexive, afin de mettre en évidence des connaissances incompressibles dans le champ de l’architecture.
Dorra Ismaïl, architecte et docteur en architecture, enseigne d l'École nationale d'architecture et d'urbanisme de Tunis (é.n.a.u.), en qualité de maître-assistante titulaire. Elle est membre du laboratoire Diraset à la Faculté des Sciences Humaines et Sociales de Tunis, membre et collaboratrice dans la Revue des Études Urbaines tunisienne " Mujtamaa Wu Umran ". Depuis 2006 elle est lecteure pour évaluation
d'articles proposés à la publication (ALFA 2006 & 2007) par l'IRMC en Tunisie. Elle finalise actuellement une étude sur l'enseignement en architecture tout en exerçant son métier d'architecte dans différents projets opérationnels (habitat bioclimatique, études sur les systèmes constructifs, exploration contemporaine de concepts traditionnels comme la voûte d'ogives).
De l'architecture de la sémiosis à la sémiosis de l'architecture
Par : Dr. Ali Djerbi
Cette communication présente les grandes lignes de la méthodologie mise au point au sein du groupe de recherche « Sémiotique de l’Espace Architecturé » par le Dr Ali Djerbi. Elle montre comment la sémiotique de l’architecture, qui s’est basée au départ sur les principes élaborés au sein de disciplines comme la linguistique et l’anthropologie, qui ont défini les premiers concepts et l’axiomatique de base de cette approche, s’est dotée aujourd’hui de ses propres outils méthodologiques pour analyser et révéler les structures profondes des configurations spatiales et des objets donnant du sens à l’environnement construit et aménagé.
Dr. Ali Djerbi est Architecte DPLG, Urbaniste, Artiste Photographe, fondateur de l'Atelier 3A. Docteur, HDR en Architecture.
Premier prix d’architecture Tunisienne pour l’année 2002. Maître de Conférences à l'ENAU, Université 7 Novembre de Carthage
Divers projets d'architecture et d'urbanisme d'échelles et de programmes variables, maisons individuelles, habitat collectif, hôtels, équipements socioéducatifs, lotissements, aménagement et réhabilitation de quartiers. Lauréat de plusieurs concours parmi lesquels l'école polytechnique de Tunisie.
ACTIVITÉ PÉDAGOGIQUE
Cours magistraux traitant des thèmes suivants :
- Théorie de l'architecture: Concepts de base, morphologie, articulations et compositions.
- Histoire de l'architecture : origines du fait culturel.
- Sémiotique de l'architecture : introduction aux concepts relatifs aux systèmes de communication et interprétation des codes rhétoriques de l'architecture.
- Les principes de l'architecture moderne.
- Les principes de l’architecture Islamique.
- Les principes de l’architecture vernaculaire
Publications
-‘L’architecture publique Tunisienne à la recherche d’une identité’ in Archibat N°4 Juin 2002.
-‘L’image de la ville’ in Archibat N° 5 Janvier 2003.
-‘Repères historiques des lieux d’enseignement en Tunisie’ in Archibat N° 6 Juin 2003.
-‘La Chine, un savoir-être au service d’un savoir -faire’ in Archibat N° 14 Juin 2007.
De la construction de connaissance à la création. « Eddar el’arbi » et la science de conception.
Par : Dr. Mounir DHOUIB.
Notre pratique de l’habitation tunisienne remonte à quelques décades, de longues années durant les quelles eddar el ‘arbi a constitué pour nous une véritable énigme .La reconception de ce système architectural singulier n’est possible que rapporté au système de pensée qui l’a engendré.
Nous proposons dans ce papier une architecture expérimentale qui met à l’épreuve un modèle de la conception à travers des expérimentations sur l’habitation tunisienne. Ce modèle de conception dialectise un modèle architecturologique d’intelligibilité et un modèle poïétique de créativité.
Aussi bien le système architectural que le système de pensée doivent leur identité à un paradigme spirituel qui les détermine. L’architecture est à l’image de la pensée : Le modèle du système de pensée vaut pour le système d’architecture ; pensée et architecture se contiennent l’une l’autre selon le principe hologrammatique. Le paradigme spirituel forge l’âme d’une culture et son système identitaire, aussi bien son architecture que sa pensée ; l’architecture change toutefois que le paradigme change lors de révolutions culturelles.
Nous soutenons une théorie de la transmission architecturale baptisée « Théorie des paradigmes égotistes », qui explique aussi bien l’apparition et la création de systèmes architecturaux nouveaux : la spéciation ; que l’évolution de l’architecture dans son ensemble. Dans cette lutte pour la transmission culturelle, les paradigmes poursuivent un comportement compétitif et coopératif qui est la raison de l’évolution architecturale.
Mounir DHOUIB a obtenu un diplôme d’Architecte ITAAUT en 1983, de docteur en 2004 et d’ Habilitation Universitaire en 2005 en Science de l‘ Architecture , maitre de conférences de l’Enseignement Supérieur à l’Ecole Nationale d’Architecture et d’Urbanisme de Tunis ENAU;
responsable de l’Equipe de Recherche Architecturologie et Modélisation de la Conception : ER AMC ; il est actuellement directeur de l’Ecole
Doctorale Sciences et Ingénierie Architecturales :ED SIA basée à l’ENAU, Université du 7 Novembre à Carthage ; auteur d’une thèse de doctorat
intitulée : « De la construction des connaissances à la création ; modélisation du processus de conception architecturale.» ; ENAU ,2004, sous la direction du professeur Alain RENIER.
Ceci n’est pas une oeuvre architecturale. Du mutisme de nos représentations.
Par : Dr. Olfa Meziou Baccour
Comme souhaiterait l’évoquer son titre par le clin d’oeil qu’il adresse à René Magritte – et par ricochet à Michel Foucault -, cette communication se veut une participation à la réflexion sur la relation entre l’oeuvre architecturale et sa/ses représentations.
Fondée sur une recherche – élaborée dans le cadre d’une thèse de doctorat dirigée par Alain Renier - qui considère les documents de travail de l’architecte comme des traces signifiantes du processus de conception qui donne naissance à l’oeuvre architecturale, cette communication n’en constitue cependant pas le résumé mais un prolongement possible. Le prolongement proposé est construit à partir du dernier discours prononcé par Alain Renier lors de la soutenance de ladite thèse.
La production architecturale ne consiste pas simplement à faire des dessins mais à créer des dispositifs de vie. De cette phase ultime où le bâtiment « fonctionne », où il est en (inter)activité avec les gens qui l’utilisent, Alain Renier dira : « Je pense qu’elle est aussi première dans la pensée de l’architecte ».
C’est à partir de cette idée que la question des représentations pratiquées par les architectes sera examinée notamment dans leur relation à l’oeuvre architecturale et à la forme. La question en effet est de savoir ce qui fait oeuvre dans l’objet architectural (le projet dessiné, l’édifice construit ou le dispositif d’habitat) et de savoir si les représentations des architectes rendent compte de la complexité de la forme, caractérisée selon Alain Rénier, par une configuration triangulaire : eidétique, morphique et skématique.
Olfa Meziou Baccour est diplômée de l’ENAU de Tunis et y est actuellement maître assistant. Docteur en architecture, elle enseigne la méthodologie de projet, intervient dans le cadre du séminaire de critique architecturale et anime le séminaire « les traces de la pensée cachée en architecture » en mastère. Elle est membre de l’Equipe de Recherche sur les Ambiances (ERA) dépendant de l’ED-SIA de l’ENAU et y assure la direction de mémoires de mastère et la co-direction de thèses de doctorat.
Son principal domaine d’étude est la genèse du projet et la modélisation du processus de conception architecturale. Elle a en effet réalisé une thèse de doctorat sous la direction d’Alain Rénier intitulée « De l’ante-projet au processus de conception. Etude de genèse d’une oeuvre architecturale » et un mémoire de DEA sous la direction de Daniel Guibert portant le titre « Exercice de systémographie de la conception
architecturale. Prémices d’une modélisation pour le développement de la CAO. » Elle mène actuellement, dans le cadre d’une recherche post-doctorale, une étude sur la représentation des ambiances dans la conception architecturale.
Olfa Meziou Baccour entretient des liens de collaboration avec l’Institut des Textes et Manuscrits Modernes (ITEM/CNRS) - où elle est chercheur associé - dans le cadre d’une recherche plus vaste sur les actes de la création en général (littérature, peinture, architecture etc.) à partir de l’analyse des traces (brouillons).
Configuration et conformation du Dar traditionnel cas de l’appartement privé ‘chambre en T’ et de l’espace central ‘patio’
Par : Dr. Rym El Asmi Nouira
Cet article traite de la genèse des lieux intérieurs de l’espace domestique et de la contribution que peut y apporter l’architecture « vécue » qui ne se limite pas à des effets de surface mais dessine en fait, en profondeur une poétique de l’habiter. Cette dernière tient compte du programme d’action des acteurs dans leur espace intérieur. Nous partons ici du « paradigme architectural » qui au sens de Muntanolà considère l’architecture comme un instrument « logico-topo-symbolique » générateur de lieux pour vivre ». Pour se faire nous tenterons de comprendre le processus qui nous permet de passer de l’espace vécu à la configuration de cet espace, en s’appuyant sur les différentes scènes de vie quotidienne. La sémiotique de l’espace comme l’a postulé Alain Rénier ne prend sens qu’en indiquant sur quel espace elle opère. L’espace ici
sera considéré sous le registre l’espace d’usage.
Partant du fait que l’espace vécu renferme selon Alain Renier plusieurs niveaux de compréhension lié à l’action activé par ses occupants, cet article tente de démontrer qu’à la conformation première, rigide et statique, issue de la programmation, s’articule une configuration seconde souple et dynamique, celle de l’engrammation de l’espace vécu de l’habitant dans son expérience temporelle. Les espaces intérieurs du Dar traditionnel seront pris comme support de cette application.
Rym EL Asmi Nouira est diplômée de l’Ecole Nationale d’Architecture et d’Urbanisme (ENAU) de Tunis et y est actuellement assistante. Docteur en architecture, elle enseigne la Théorie de l’Architecture. Elle est également membre de l’unité de recherche SEA sémiotique des espaces architecturés dirigée par le professeur Ali Djerbi dépendant du Centre de Recherche et des
études Doctorales (CREDA) de l’ENAU. Son principal domaine d’étude est l’espace architecturé, le registre espace d’usage, espace esthético-symbolique et l’espace technico-plastique. Rym EL Asmi Nouira a réalisé une thèse sous la direction de Ali Djerbi intitulée « Syntaxe et paradigmes de l’espace domestique : la domus de l’Afrique proconsulaire» et un mémoire de DEA sous la direction de Jean Paul
Guez, (coordinateur Alain Renier) intitulé « Etude comparée entre deux maisons antiques- Carthage-Kerkouane-Utique- Essai d’application des sciences de l’imprécis ».Elle a exposé ses travaux dans plusieurs colloques par des communications qui sont publiées ou en cours de publication dont la dernière présentée à Barcelone en Juin 2009 au séminaire « Second Meeting-Mind, Land and Society » portant le titre « Topogenesis of place, case of the dining room or Triclinium of Roman domus in the proconsulary Africa ».
VERS UNE MODERNITE SPECIFIQUE DE L’ARCHITECTURE : Du jeu entre texte et contexte dans la définition d’une approche poétique de l’habitat individuel à Tunis
Par : Dr. Emna Bchir Elaouani
La présente communication aura pour support mon travail de doctorat d’architecture, élaboré sous la direction de Joseph Muntanola et intitulé : Eléments d’approche d’une poétique de l’architecture : Etude de l’habitat individuel à Tunis. L’intervention portera sur l’idée d’une modernité spécifique dans le contexte tunisois, convoquant l’idée de la compréhension de soi comme une interprétation se construisant autour de l’ipséité et de la mêmeté. Pour cela, une lecture phénoménologique poétique du complexe habiter-construire, à travers un parallèle effectué entre le temps raconté et l’espace construit, conformément à l’approche herméneutique de Paul Ricoeur sera développée. Un cas d’étude de deux habitations à Tunis, l’une traditionnelle l’autre contemporaine sera exposé.
Ainsi, nous présenterons brièvement le parallèle effectué entre l’architecture et la narrativité, le texte de l’oeuvre littéraire et le contexte de l’oeuvre spatiale et exposerons le modèle d’analyse construit lors de notre travail de doctorat. Nous montrerons comment les trois étapes de l’invention mimétique aristotélique sont actives, et comment se profile à travers elles un jeu d’intime intrication diachronique et synchronique entre la construction et l’habiter. Ce jeu verra l’habiter prendre le pas sur la construction au stade de projet de la mimèsis I ou préfiguration, donnant au travail de conception spatiale un fort accent poétique ; tandis que le construire (le texte ou le territoire) reprendra le dessus, donnant un accent sémiotique entre poétique et rhétorique d’intelligibilité et d’intertextualité au stade mimèsis II ou configuration ; l’habiter reprendra de nouveau le dessus pour donner un accent plus rhétorique, au stade de la mimèsis III ou refiguration. Nous concentrerons notre intervention sur les trois stades de la structure poétique de l’oeuvre architecturale
élaborée à partir d’une analogie entre texte et contexte. Nous interrogerons alors dans un premier temps l’habiter suivant l’approche phénoménologique à la base de la topo-analyse de Gaston Bachelard, plaçant la question de l’image poétique au coeur de la réflexion culturelle. Nous montrerons comment l’habiter se dessine à travers elle, et comment est-ce qu’il peut être partie prenante d’une poétique de l’architecture à la recherche d’une modernité spécifique. Le deuxième temps posera la dialectique de l’habiter et du construire
du côté du construire : l’espace et le temps sont alors croisés à travers le "construire" et le "raconter", et la "spatialité du récit" s’enchevêtre avec "la temporalité de l’acte architectural ». Nous montrerons comment des opérations de renversements poétiques, d’intertextualité et d’intelligibilité sont à l’oeuvre dans le projet architectural. Le troisième temps sera un retour sur l’habiter du complexe habiter/construire, et interrogera le monde de goût des différents protagonistes du projet architectural. Il pointera notamment la dialectique de l’espace et du temps : celle du rapport à l’autre agissant dans l’espace, tandis que celle du rapport à soi agira dans le temps. L’intervention portera nécessairement sur le côté théorique de la réflexion afin d’expliquer le cadre théorique de référence, mais axera également sur l’applicabilité à un cas concret de l’habitation individuelle à Tunis.
Emna Bchir Elaouani est Architecte ITAAUT, Maître-Assistante à l’ ENAU.
-Nov 2007 Doctorat d’Architecture, Dir. Joseph Thornerg Muntanôla. : Eléments d’approche d’une poétique de l’architecture : Etude de l’habitat individuel à Tunis.
ACTIVITES PROFESSIONNELLES : 1995-1998 : Exercice dans l’agence de Tarek Ben Miled
COMMUNICATIONS
- Séminaire d’Helsinki juin 2007 organisé par l’Association Internationale de Sémiotique de l’Espace : « Eléments d’approche d’une poétique de l’architecture ».
- XIIIème Congrès International de l’AFEMAM, organisé par URBAMA, Maison des Sciences de la Ville, Université François Rabelais de Tours : Bilan d’une expérience pilote à Tunis : aménagement des berges du lac nord de Tunis.
PUBLICATIONS
- « L’action urbaine de la municipalité de Tunis à la fin du XXème siècle ». Ouvrage collectif Municipalités méditerranéennes : Les réformes urbaines ottomanes au miroir d’une histoire comparée (Moyen-Orient, Maghreb, Europe Méridionale) sous la direction de Nora Lafi, Edition Klaus Schwarz Verlag, Berlin, 2005.
- « Epaisseurs et langage en architecture : étude comparée des portes de deux quartiers de la ville de Tunis » dans revue tunisienne Mujtamaa wa omrane, numéro 26/27, décembre 2000.
RECONSTRUCTION TRIDIMENSIONNELLE DE TISSUS URBAINS
Par : Dr. Najla Allani Bouhoula
La reconstruction tridimensionnelle de tissus urbains a fait l'objet de plusieurs études et recherches. Pour aboutir à l'acquisition de la géométrie d'ensembles architecturaux ou urbains, certaines d'entre elles se sont basées sur la photogrammétrie ou sur la vision par ordinateur. D'autres se sont intéressé au développement d'outils d'acquisition à partir d'un laser fournissant un nuage de points 3D. D'autres recherches encore se sont orientées vers le développement de logiciels de CAO. D'autres recherches enfin, portent sur la génération automatique de représentation morphologique 3D reposant sur l'exploitation d'une base de connaissance architecturale. La plupart de ces méthodes nécessitent des moyens coûteux et les processus de reconstruction utilisés sont très longs et délicats. A l'inverse de ces travaux, nous proposons une méthode qui, à partir de documents bidimensionnels disponibles, essentiellement des plans cadastraux digitalisés sur ordinateur, permet d'extraire les éléments pertinents relatifs à la troisième dimension, puis d'utiliser ces informations ainsi que les règles d'urbanisme pour la reconstruction automatique en 3D de tissus urbains. Notre méthode a été implantée dans le système MEDINA. Les
résultats expérimentaux ont mis en évidence l'originalité, la simplicité et la fiabilité des techniques employées par rapport aux techniques les plus utilisées.
Najla ALLANI-Bouhoula a obtenu son diplôme d’architecte de l'Institut Technologique d'Art, d’Architecture et d’urbanisme (ITAAUT) en Tunisie en février 1994. Elle est titulaire d’un diplôme d’études approfondies en Architecturologie, Informatique et Intelligence Artificielle de l’université Henri Poincaré de Nancy (France) en septembre 1995 et d'un Doctorat en sciences de l’architecture de l'Institut National Polytechnique de Lorraine de Nancy en janvier 1999. Elle est actuellement maître assistante à l'Ecole Nationale d'Architecture et d'Urbanisme de Tunis. Elle est également chercheur associé au Centre de Recherche en Architecture et en Ingénierie (CRAI) à Nancy. Elle a occupé le poste
de directrice des études à l'Ecole Nationale d'Architecture et d'Urbanisme de juin 2005 jusqu’à juin 2009. Elle a été également membre de la commission nationale de recrutement des assistants en architecture en 2008-2009.
Najla ALLANI Bouhoula a publié plusieurs interventions et articles à caractère scientifique et technique dans des revues et des conférences internationales spécialisées. Ses thèmes de recherche portent sur l'acquisition et la modélisation tridimensionnelle de l'architecture, la simulation virtuelle de projets architecturaux et urbains et la restitution numérique des sites historiques et archéologiques.
Assistance à la Conception Coopérative
Par : Dr. Mohamed Bouattour
La complexité de l’utilisation des systèmes d’aide à la conception coopérative dans le domaine du bâtiment résulte de la complexité même du travail coopératif (difficultés de traçabilité des actions, non-disposition sur chaque document de l’ensemble des informations requises pour accomplir une tâche donnée, problèmes de coordination, ‘discontinuité’ des données, etc.).
En considérant cet état de fait, nous proposons une étude des activités liées au travail de groupe dans le cadre de projets de conception de bâtiments, et plus spécifiquement dans le domaine du bois qui nécessite une importante coopération entre les concepteurs. Cette étude présente ensuite le concept de projet numérique déduit de l’analyse du modèle des IFC ‘Industry Foundation Classes’ et de l’approche de coopération basée sur l’utilisation de la maquette numérique dans les secteurs de l’industrie automobile et aéronautique. En effet, l’échange des données basé sur l’utilisation des objets interopérables constitue une approche nouvelle à approfondir dans le domaine du bâtiment.
Ainsi, afin de concevoir un environnement virtuel coopératif regroupant ces notions étudiées, nous proposons un modèle tenant compte des informations sémantiques relatives aux ouvrages échangés par les acteurs. Nous avons mis en oeuvre celui-ci dans une interface d’un système coopératif. Cet outil prototype offre une représentation graphique d’un contexte coopératif de projet favorisant l’organisation et le regroupement des informations nécessaires à la conception de bâtiments.
Histoire de la conservation du patrimoine architectural et urbain de la médina de Tunis au cours du Protectorat
Par : Dr. Faiza Matri
L’objet de l’étude est d’élucider l’émergence et l’évolution de la pratique de conservation du patrimoine architectural et urbain de la médina de Tunis au cours du Protectorat. L’histoire patrimoniale présentée couvre une période de près de soixante quinze ans. Elle commence en 1881 avec l’établissement du Protectorat et se termine en 1956, date d’Indépendance. Ente ces deux dates, la question de conservation du
patrimoine a connu une évolution considérable partant d’un concept théorique pour devenir une pratique sujette de controverse et de polémiques.
L’étude consiste en trois grandes parties. La première partie est consacrée à présentation de la médina de Tunis et ses monuments. Une analyse typologique lui a été consacrée, pour la mieux distinguer, de part sa morphologie générale, sa structure, ses limites et ses équipements, de la ville européenne qui fut le modèle de référence des architectes français, des politiciens et même des historiens. La deuxième partie est consacrée à l’étude du cadre juridique et institutionnel de conservation. C’est une histoire institutionnelle se
rapportant à l’analyse des mesures législatives de conservation instaurées par le Protectorat. Le découpage chronologique correspond aux trois grandes périodes historiques séparées par les deux guerres mondiales.
La dernière partie se rapporte à l’aspect technique de la conservation à travers des cas d’étude dans l’objectif d’examiner l’évolution progressive des techniques et des pratiques de conservation des monuments. Répartie en quatre phases successives de vingt ans chacune : les premières années du Protectorat jusqu’au début du XX e siècle, puis jusqu’aux années 1920, les interventions de l’entre deux-guerres, enfin la consolidation des édifices à partir de 1950. L’échantillon illustre les différentes approches allant de la rénovation systématique à la restitution à l’identique, avec bien entendu, les approches intermédiaires entre ces deux extrêmes.
Dr. Faiza Matri est Architecte, docteur en histoire de l’architecture et enseignante d’histoire de l’architecture moderne à l’Ecole Nationale d’Architecture et d’Urbanisme de Tunis depuis 2000. Passionnée par l’étude du patrimoine architectural des médinas et surtout
celui de la médina de Tunis qui demeure le sujet principal des recherches et études scientifiques à l’exemple du diplôme d’architecte, intitulé : Lecture d’une ville : la médina de Tunis, ou le diplôme d’études approfondies en histoire intitulé : La médina de Tunis sous les ottomans, lieu de rencontre de trois cultures.
Pour les oeuvres récentes, on peut citer l’ouvrage intitulé : Tunis sous le protectorat, histoire de la conservation du patrimoine architectural et urbain de la médina, publié par le Centre de publication universitaire en 2008 ; l’article
intitulé « Faut-il réformer la procédure de classement du patrimoine architectural de la médina de Tunis ? », paru au N° 13 de la Revue Rawefed : Revue de l’Institut Supérieur d’Histoire du Mouvement National en 2008. Et l’article intitulé « Les casernes de Hammûda Pacha à Tunis et les mesures pour leur protection » paru au deuxième numéro de la Revue Tunisienne d’histoire militaire en décembre 2009.
Les effets sensibles comme outils d’analyse et d’aide à la conception dans les gares du XIXe siècle
Par : Dr. Mohsen BEN HADJ SALEM
Cette thèse est une recherche sur l’évolution de l’ambiance d’un édifice, la gare Saint-Lazare, depuis sa construction jusqu’à notre époque. Depuis une dizaine d’années, des travaux pionniers de recherches historiques sur les ambiances architecturales et urbaines tentent de démontrer leurs pertinences et leurs capacités à renouveler la pensée des architectes sur le patrimoine bâti. Cette recherche s’inscrit dans cette modalité d’approche et ambitionne d’enrichir les pratiques opérationnelles habituellement mises en oeuvre aujourd’hui.
L’enjeu est de montrer un passage possible entre une recherche historique dans le domaine des ambiances et la pratique d’aménagement. Il s’agit de proposer une méthodologie historique sur les ambiances architecturales pouvant contribuer à une meilleure connaissance du rôle des phénomènes sensibles dans l’histoire environnementale de la ville. Dans l’analyse du vécu des propagations sensibles, nous avons cherché à donner à chacun des documents du corpus la possibilité d’être significatif. L’histoire de l’ambiance est comprise à partir de ses singularités (la notion d’effet sensible), avec ses continuités et ses discontinuités, ses élasticités. Son criture imposait la description de la réalité physique de l’espace de la gare Saint-Lazare, et l’enquête dans un corpus permettant de retrouver les ressentis ferroviaires qui furent offerts aux voyageurs. Matérialisation de l’espace ambiantal plus que géographie environnementale de la ville, cette thèse fonde un « terrain » sur lequel l’ambiance peut devenir un objet historique.
Mohsen Ben hadj Salem est architecte diplomé de l'ENAU et docteur en urbanisme et aménagement de l'Université Pierre Mendès France, Grenoble,
France. Sa thèse a été soutenue en mars 2009 au laboratoire d'accueil CRESSON: Centre de recherche sur l'espace sonore et l'environnement urbain à l'Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Grenoble. Ses recherches et ses publications relèvent d'une approche historique des ambiances sonores. Aussi, le deuxième volet de ses recherches, en continuité avec sa thèse, portent sur les espaces de transports urbains. Il est actuellement enseignant chercheur à l'ENAU.
Publications récentes :
-" De l’ambiance héritée à l’ambiance programmée : les leçons d’une expérience ", in Collette Vallat (dir.), Antoine Le Blanc, Pascale Philifert, " La Pérennité urbaine ou la ville par-delà ses métamorphoses ", Volume1-Traces, Paris, Harmattan, 2009, pp 303-314.
-" A regional identity through a railway line: Tunis north suburbs and the TGM ", CSAAR 2007 conference: Regional Architecture and Identity in the Age of Globalization, 13-15 novembre 2007, Tunis, Tunisia .
-" Ambiance(s) de gare, imaginaire ferroviaire, mémoire des lieux ", in Laurent Viala, "Imaginaire, territoires, sociétés. Contribution à un déploiement transdisciplinaire de la géographie sociale ", Montpellier, France, 2007, pp 207-217.
Modèle compositionnel de l’architecture et sémiomorphose.
Par : Dr. Abdelkader Ben Saci
Architecte, Docteur d’État en architecture (Algérie, 2004). Docteur en philosophie (Lyon, 2000) « Etude des systèmes ». DEA de philosophie et CEAA esthétique et sciences de l’art.
Position statutaire, Maître-assistant 1ère classe des Écoles d’Architecture, ENSA Grenoble.
Enseignant-chercheur à temps plein (CRESSON, ENSA Grenoble associé au LAF, ENSA Lyon)
Coordonnateur des enseignements d’informatique ENSA Grenoble.
Membre Commission de la Pédagogie et de la Recherche depuis 2003.
Conseils scientifiques
Commission des études doctorales (2004-2005), ENSA Grenoble.
Conseil Scientifique de l’ENSA de Lyon depuis 2000.
Conseil scientifique du Centre de la Recherche Scientifique et Technique des Régions Arides, Biskra,
Conseil scientifique du Centre de la Recherche et des Études doctorales, Université Carthage.
Activités d’enseignement
École Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble
Enseignement des outils numériques d’aide à la conception architecturale : outils numériques 2D et Séminaire et projets d’architecture « Relation et soutenabilité » (M1, M4) : responsable du séminaire Epistémologie de l’architecture, (M2R).
École Nationale d’Architecture et d’Urbanisme, Université de Carthage, Tunisie
Mastère de recherche : cours systèmes de l’architecture et séminaires d’épistémologie, jurys
Doctorat d’architecture : direction de thèses.
Activités scientifiques
LAF 2006-2009
Instruments morphométriques et méthodes de l’analyse des formes
Analyse morphologique de corpus d’édifices et stylistique architecturale
HDR en cours : « Pour une ontologie de la forme dans la conception architecturale »
«Le parcours sonore : de la construction urbaine aux constructions mentales»
Par : Dr. Kabil FEKIH
Dans ce travail de recherche, au croisement de l’urbanisme, de la géographie, de la sociologie, de la psycho-acoustique et de la psychologie cognitive, nous traitons la question du parcours sonore urbain. Notre dessein est de construire et d’élaborer des éléments de réponse à notre principale question : qu’est-ce que la mémoire sonore du parcours urbain ? Notre tâche serait alors de mettre en lumière les modes de construction et de constitution de la carte mentale sonore moyennant l’examen du parcours dans la ville pour mettre en valeur la synergie qui s’installe entre l’urbain et le chemin, entre le parcours et la sédimentabilité des évènements sonores. Après la réalisation et l’analyse des enquêtes effectuées à Grenoble, Strasbourg, Québec et Sousse (Tunisie), nous arrivons à la présentation et la définition de cinq nouvelles notions fondamentales dans le traitement de la carte mentale sonore à savoir, le Système sonore, le Coefficient Mnésique Sonore, la Synaptogénèse urbaine, le Spectre mental urbain et la Fractalité sonore. Ces notions sont élaborées à partir de l’étude de toutes les données théoriques et méthodologiques que nous avons abordées tout au long de notre réflexion . Elles nous permettent de comprendre le fonctionnement de la mémoire sonore du parcours urbain et de préciser ses caractéristiques et les modalités de son fonctionnement.
Dr. Kabil FEKIH a eu son diplôme d’architecte en 1999 de l’Ecole d’Architecture et d’Urbanisme de Tunis, il a terminé en 2000 un diplôme d’études approfondies à l’école d’architecture de Grenoble (Laboratoire Cresson, option : Ambiances architecturales et urbaines). En 2005, il a eu son diplôme des études supérieures spécialisées, option : Gestion urbaine des pays en développement, à la faculté de l’aménagement de l’université de Montréal (Québec). En mai 2006, il a soutenu sa thèse de doctorat en urbanisme et aménagement à l’Institut d’urbanisme de Grenoble, Université Pierre Mendés France. Ses recherches doctorales ont porté sur la construction mentale du parcours sonore urbain. Il est actuellement Maître assistant à l’Institut des beaux arts de Sousse.
PARCOURS URBAINS QUOTIDIENS : L’habitude dans la perception des ambiances.
Par : Dr. Hanene Ben SLAMA
Cette thèse traite la question de la place de l’habitude dans la perception des ambiances des parcours quotidiens. Ainsi, une lecture sensible des parcours urbains quotidiens, permet de travailler sur les processus d’habituation en lien avec l’organisation spatiale elle-même ou bien encore par rapport à leur valeur esthétique et morphologique. Cette lecture sensible met en évidence des enjeux opérationnels relatifs aux processus de conception de l’espace construit. Le parcours urbain quotidien relève d’une situation ordinaire de référence constitutive de la formation de l’habitude chez le citadin. De ce point de vue, la notion de parcours urbains quotidien représente une entrée méthodologique pertinente pour aborder la question plus large de l’habitude.
Dans cette recherche nous mettons en avant une analyse comparative qui traite de l’influence de la dimension culturelle dans la manière de percevoir les ambiances d’un parcours urbain quotidien. Nous optons pour des parcours situés dans deux contextes socioculturels où les usages, pratiques et vécus de l’espace public, ne sont pas les mêmes. Il s’agit d’une recherche exploratoire, qui nous a permis de tester des méthodes permettant d’accéder aux processus d’habituation dans la perception des ambiances.
Après la réalisation et l’analyse des enquêtes effectuées à Tunis et Grenoble, nous avons structuré nos résultats sous trois formes, à savoir :
- Une typologie exploratoire des habitués : description des profils des habitués, de leur mode d’attention et de perception des ambiances de l’espace public habituel.
- L’étude des habitudes dans l’espace public, en traçant le lien qui existe entre la configuration spatiale et les pratiques quotidiennes.
- Et enfin le processus d’habituation aux parcours (les caractéristiques et le déroulement), qui se fait en boucle et en trois étapes : "acquisition, maturation et stabilisation".
Dr. Hanene Ben SLAMA est MAITRE-ASSISTANTE à l’ENAU de TUNIS et coordinatrice de l’équipe ERA Depuis juin 2007
* Chercheur associée au laboratoire CRESSON à l’ENSAG
Publications : - De septembre 2004 à décembre 2008
* Contribution à une recherche internationale : Précarités : formes sociales, formes spatiales et formes symboliques
* Contribution à une recherche ACI internationale, titre : Variations d’ambiances
* Article : BEN SLAMA Hanène, LES GENERATEURS D’AMBIANCE : Chroniques de la place Beb Bhar, in Thibaud Jean-Paul, Variations d’ambiances, processus et modalités d’émergence des ambiances urbaines, Action Concertée incitative, Terrains, techniques, théories, CRESSON, octobre 2007, p.63-84
* Participation au colloque du "Réseau international ambiances", A Rio de Janeiro du 3 au 6 novembre 2009, Titre : COPRESENCE DANS L’ESPACE PUBLIC : Situations et modes de partage des ambiances ramadanèsques
La reconstruction en Tunisie de 1943 à 1947
Par : Dr. Houneida Dhouib
L’actualisation du patrimoine architectural en Tunisie représente jusqu’à nos jours une problématique épineuse que les concepteurs s’efforcent de résoudre de différentes manières. Réfléchir sur des architectures compatibles avec les structures formelles et constructives de notre héritage représente pour certains l’enjeu le plus pertinent de la conception. Toutefois, la médiation avec ce passé n’est pas une préoccupation récente. Elle avait été illustrée tout au long de la période coloniale par une multitude d’empreintes architecturales et urbaines. Des bâtiments publics, des édifices gouvernementaux mais aussi des programmes d’habitation avaient dessiné un paysage empreint de ce que François Béguin avait désigné par des « arabisances ». Oscillant entre le discret et l’ostentatoire, cette architecture reconduisait les principaux attributs formels et ornementaux du patrimoine tunisien, greffés sur les nouveaux programmes importés par la France. Une brève période de quatre ans, entre 1943 et 1947, a fait date dans l’histoire de l’architecture en Tunisie. Elle correspond à un travail intense de construction mené par une équipe d’architectes, dirigée par le grand prix de Rome Bernard Zehrfuss et engagée pour reconstruire la Tunisie sinistrée par la guerre. Dès sa constitution, le service d’Architecture et d’urbanisme s’était penché sur la mise au point des plans-types de maisons, immeubles de recasement, infirmeries, dispensaires et écoles dont les localités rurales avaient un besoin impératif.
A travers ces équipements et pas uniquement pour cause de pénurie, l’architecture officielle du protectorat marquait une rupture nette avec la transposition des expressions monumentales des formes traditionnelles. Plus de minarets plantés sur des hôtels de ville, plus d’accumulation décorative, la nudité des volumes et la modicité des matériaux laissaient apparaître clairement l’homogénéité d’une démarche franche où la simplicité n’enlevait rien à sa richesse. L’apport exceptionnel des architectures conçues par l’équipe Zehrfuss se manifeste principalement dans cette capacité à intégrer les volumétries empruntées au vocabulaire local, telles que les voûtes et les coupoles dans une conception fondée sur une notion chère à nos architectes, formés à l’école des beaux arts, qui est « la composition ». Le tout endigué dans le plan, vecteur d’informations typologiques et morphologiques. La difficulté de cette approche réside dans la manipulation de ces volumétries qui répondent dans l’architecture traditionnelle à des impératifs d’ordre fonctionnel et structurel pour les insérer dans un processus très attentif au côté formel à l’occasion de projets traitant des programmes importés telle que les écoles ou les dispensaires. C’est à ce niveau que va s’établir un parallèle avec l’architecture moderne. S’agissait-il de traduire le vocabulaire vernaculaire dans une visée moderniste ou d’inscrire une certaine conception de la modernité dans une lecture sélective de ce vocabulaire ? L’interprétation de cette oeuvre se fait-elle dans le sens d’une tradition tunisienne modernisée ou celui d’une modernité tunisifiée ? L’étude de cette forme particulière de métissage nécessite de poser un double regard, d’abord sur sa réception locale et internationale et puis sur sa place dans le débat architectural tunisien.
Hounaïda Dhouib est architecte diplômée de l’Ecole Nationale d’Architecture et d’Urbanisme de Tunis en 1999, docteure en histoire de l’architecture moderne et contemporaine, assistante à l’Institut Supérieur des Arts et Métiers de Sfax depuis 2003, a soutenu une thèse intitulée La reconstruction en Tunisie de 1943 à 1947, sous la direction de Danièle Voldman à Paris I, Panthéon-Sorbonne, en janvier 2010. |
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