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Les orientations du ministère de l'équipement en discussion
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24/03/2010
Les députés ont loué les réalisations accomplies dans le domaine des routes, chemins de fer, aéroports et ports, lesquelles ne manqueront pas de consolider davantage le processus de développement économique et de hisser la Tunisie en tant que site d'investissement.
Ils se sont interrogés sur la mise en place de la carte nationale d'infrastructure de base et des grands équipements collectifs, outre la protection des terres agricoles contre l'envahissement urbain.
Les questions des députés ont été axées notamment sur le plan d'orientation pour le Centre-Est et les plans d'aménagement urbains en général, outre les programmes de protection des villes contre les inondations comme la ville de Bousalem (gouvernorat de Jendouba) et les programmes du ministère relatifs à la maîtrise de l'énergie, la protection du cadre environnemental et esthétique du réseau routier.
Les interventions ont été axées sur la stratégie du ministère pour la maîtrise des prix des logements en hausse vertigineuse, outre la résolution de la situation des anciennes habitations appartenant à la Snit (Société nationale immobilière de Tunisie).
Opter pour les constructions verticales
M. Slaheddine Malouche, ministre de l'Equipement, de l'Habitat et de l'Aménagement du territoire, a souligné, dans sa réponse aux interventions des députés, que le programme présidentiel «Ensemble, relevons les défis» vient renforcer par le biais du 19e point «des infrastructures de base et de communication modernes, respectant les normes internationales», les acquis du secteur, ajoutant que la mise en place d'une carte nationale de l'infrastructure de base et des grands équipements collectifs vise essentiellement à doter le pays des fondements d'un développement intégral, équitable et équilibré.
Cette carte est basée, a-t-il poursuivi, sur le renforcement de l'infrastructure de base (routière, ferroviaire, portuaire) et le développement des biens collectifs (établissements sanitaires, sportifs et de plaisance), relevant que l'élaboration de cette carte doit prendre en considération la garantie des exigences des réseaux d'électricité, d'eau, d'assainissement et de communication dans toutes les régions du pays.
Le ministre a relevé que les efforts se poursuivront pour la protection des terres agricoles contre l'expansion urbaine, et ce, en coordination avec les municipalités et à travers l'application des directives de la carte agricole.
Il s'agit également d'opter pour les constructions verticales en vue de faire face à l'extension urbaine et préserver les réserves agricoles du pays.
Concernant le plan directeur du Centre-Est, en particulier celui relatif aux délégations d'Enfidha, Bouficha et Hergla, le ministre a fait savoir qu'une étude a été réalisée en tenant compte de tous les aspects d'aménagement urbain de la région. Cette étude est actuellement en phase finale et sera bientôt présentée au conseil régional du gouvernorat de Sousse.
M. Malouche a annoncé que 98% des plans d'aménagement urbain programmés ont été réalisés et que les trois restants font l'objet de concertations entre les ministères et les parties concernées et seront parachevés ultérieurement.
S'agissant de la protection des villes contre les inondations, le ministre a rappelé la décision du Chef de l'Etat d'ériger cette question en composante fondamentale du budget de l'Etat et des plans de développement, relevant que les investissements dans ce domaine ont évolué à 100 millions de dinars au cours du XIe Plan de développement contre seulement 13 millions de dinars au cours du VIIe Plan.
Maîtrise de l'énergie
Les projets de protection des villes contre les inondations sont réalisés conformément à un agenda bien précis, a-t-il indiqué, ajoutant qu'une dizaine de projets sont actuellement en cours de réalisation et que des investissements de l'ordre de 225 millions de dinars ont été investis, jusqu'à ce jour, pour protéger 165 villes et villages dont la ville de Bousalem (Jendouba).
Des financements supplémentaires estimés à 19 millions de dinars ont été mobilisés, exceptionnellement, pour réparer les dommages des inondations survenues au cours des mois d'avril et de septembre 2009 dans les régions du Nord-Ouest, du Centre-Est et du Centre-Ouest.
Les projets entrepris dans ce cadre consistent à réparer les routes et les pistes vicinales, et ce, sans compter les investissements ordonnés par le Chef de l'Etat au profit du gouvernorat de Gafsa et la ville de Redeyef en particulier.
M. Slaheddine Malouche a mis l'accent sur les efforts déployés par son département pour introduire la composante «maîtrise de l'énergie» aux projets de bâtiment et de travaux publics, et ce, en coordination avec le ministère de l'Industrie et de la Technologie et de l'Agence nationale de maîtrise de l'énergie (Anme).
Cette coordination a permis de prendre des décisions concernant la réglementation thermique et la maîtrise de l'énergie pour les bâtiments dédiés au logement et ceux consacrés aux bureaux, a-t-il poursuivi, ajoutant que deux décisions sont actuellement en cours d'étude concernant les établissements sanitaires et les unités touristiques (hôtels).
Le ministère de l'Equipement se penche actuellement, en collaboration avec des experts tunisiens et étrangers et le Centre des expériences et des techniques de construction (Cetc), sur la réalisation d'une étude visant à limiter l'utilisation de l'asphalte extrait des hydrocarbures dans le bitumage des routes, a-t-il fait remarquer, et ce, compte tenu du prix élevé de cette matière (un prix qui dépend de la hausse des prix des hydrocarbures).
Le ministère a également entamé la mise en oeuvre d'un programme qui s'étalera sur trois ans et visant à embellir le réseau routier (5.000 km de routes) à travers la plantation de 1 million 300 arbres.
Un logement décent
Le ministre a passé en revue les actions menées pour promouvoir les logements sociaux au profit des salariés,et ce, à travers les offres du Fonds de promotion des logements pour les salariés (Foprolos) et les programmes de la Société nationale immobilière de Tunisie (Snit).
L'observatoire, créé au sein du ministère, a-t-il rappelé, assure le suivi des évolutions en matière de logement et d'immobilier en Tunisie.
Des efforts sont parallèlement consentis, en coordination avec les banques et les parties concernées, pour garantir au citoyen tunisien un logement décent.
Concernant les lotissements, le ministre a fait savoir que les situations de 51.237 anciens lotissements aménagés par la Snit ont été régularisées sur un total de 53.540 et que 22.260 contrats de précision ont été conclus avec les bénéficiaires.
Concernant les projets autoroutiers, M. Malouche a évoqué celui de l'extension de l'autoroute Tunis-Hammamet, précisant que les travaux entrepris sur 30 km de l'autoroute (extension jusqu'à l'entrée de Hammamet-Nord) seront parachevés l'été prochain.
Le ministre a nié l'existence de projets routiers interrompus, précisant que les travaux des projets dont les marchés publics ont été résiliés par le ministère pour des raisons exogènes, ont été entamés excepté celui de l'échangeur de Bouassida à Sfax, lequel sera parachevé l'année prochaine.
M. Malouche a annoncé, dans ce contexte, que son département s'apprête à entamer le projet de modernisation de la route nationale n°5 sur une longueur de 42 km, reliant Medjez El Bab à la délégation du Krib et qu'un autre tronçon de cette route (50 km) sera réaménagé prochainement.
Aux commandes du ministère de l’Equipement, de l’Habitat et de l’Aménagement du Territoire depuis août 2008, M. Slaheddine Malouche est arrivé à ce poste à un moment crucial où le pays s’apprêtait à accélérer la cadence en matière d’infrastructures de base. A la fois pour accompagner et favoriser son développement économique au cours des décennies à venir, et, plus particulièrement, pour se préparer à accueillir les grands projets annoncés par des investisseurs du Golfe dans les mois ayant précédé l’arrivé de l’actuel ministre de l’Equipement, de l’Habitat et de l’Aménagement du Territoire aux affaires. «Nous préparons la Tunisie pour nos générations futures. Et, autant nous œuvrons pour que les infrastructures de base et de communication soient un facteur de développement et de stimulation de l’activité économique et sociale, autant nous sommes attachés à tracer les contours de l’avenir, conformément à ce que nous ambitionnons pour notre pays dans ce domaine au terme des trois premières décennies de ce nouveau siècle», clame le programme présidentiel 2009-2014 en son point 19.
Déjà enclenchée, cette accélération est aujourd’hui perceptible davantage dans les grandes villes et sur la côte. Elle le sera de plus en plus à l’intérieur du pays à l’avenir. Car le développement régional dont les pouvoirs publics ont fait leur crédo depuis longtemps passe par là.
Ce travail de rattrapage implique, d’abord, un diagnostic. Il sera fait avec la «carte nationale de l’infrastructure de base et des grands équipements collectifs», inscrite au programme présidentiel, et qui apportera une «vision globale» de la situation de ses infrastructures de base «pour ensuite la développer», explique M. Slaheddine Malouche.
En parallèle, la Tunisie mène déjà une réflexion sur son développement urbain pour en définir les contours et les axes de déploiement. Enfidha, où un nouvel aéroport international a été construit et un port en eaux profondes le sera à l’avenir, en fera probablement partie.
En effet, le ministère de l’Equipement, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire a annoncé, jeudi 18 mars 2010, lors d’un débat à la Chambre des députés, le lancement d’une étude sur le plan d’aménagement de Bouficha, Enfidha et Hergla, afin de «dresser un état des lieux et tracer les orientations qui pourraient être adoptées pour intégrer la région et encadrer son développement urbain». Un député –Ridha Bouargoub- a même proposé un nom pour la future ville -celui du président Ben Ali- dont ce représentant du RCD attend qu’elle «réduise la pression sur la capitale et les autres grandes villes».
Et l’un des défis –ici, mais également dans d’autres régions du pays- sera d’aménager un espace pour permettre au tissu urbain de s’étendre «tout en préservant les terres agricoles fertiles». |