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Réunis à Tunis le week-end dernier, les architectes de la Fonction publique ont exprimé leur mécontentement quant à leur situation morale et matérielle peu envieuse. C’est que leurs revendications semblent tomber dans l’oreille d’un sourd tout comme leurs confrères exerçant dans le secteur privé.

La grogne des architectes de la Fonction publique monte de plusieurs crans.
C’est ce qui ressort de la table ronde organisée le 28 courant par l’Ordre des Architectes de Tunisie (OAT) pour sonder les préoccupations de cette catégorie d’architectes, longtemps laissée pour compte. Contrairement à ce qu’on aurait pu croire, les architectes exerçant dans les organismes publics sont pris en sandwich entre le marteau d’une situation matérielle peu reluisante et l’enclume des procédures de promotion opaques. “Dans le secteur public, les ingénieurs sont mieux lotis que les architectes. A titre d’exemple, ces derniers ne bénéficient pas de la prime de non-clientèle alors qu’il leur est interdit de faire la conception des projets architecturaux.
Les perspectives de promotion qui leur sont offertes sont généralement distillées au compte-gouttes”, explique Karim Ellouze, président de l’OAT.

Intrus à la profession
Et c’est pour cette raison d’ailleurs qu’un comité de suivi de la situation des architectes de la Fonction publique vient d’être mis en place. Sa mission consiste à diagnostiquer les préoccupations de cette catégorie et de rendre un rapport à l’Ordre. Ce rapport servira de plate-forme pour les négociations avec l’administration de tutelle.
Les architectes exerçant dans le secteur privé ne semblent pas mieux lotis que leurs confrères “fonctionnaires”.
Ils souffrent notamment de la concurrence déloyale de plusieurs centaines d’intrus à la profession. Ces derniers sont souvent des agents municipaux ou des personnes peu qualifiées pour octroyer les permis de bâtir.
Pour lutter contre ces intrus, l’Ordre n’a pas hésité à engager des poursuites judiciaires contre quelques uns d’entre eux pour usurpation de titre et à recourir à un cachet unifié portant le nom de l’architecte son numéro d’inscription sur le tableau du Conseil de l’Ordre et son identifiant fiscal. Mais le phénomène n’a pas perdu du terrain en raison du “silence complice” des autorités locales. “La solution de ces problèmes est pourtant très simple.
Elle réside dans l’application à la lettre des décisions présidentielles annoncées en janvier 2003”, précise le président de l’OAT avec beaucoup d’amertume. Concrètement, il s’agit de réviser la loi régissant la profession promulguée en 1974, de resserrer l’étau sur les intrus à la profession, d’annuler la mesure qui ne permet pas à l’architecte d’intervenir dans les bâtiments dont la superficie est inférieure à 80m2 et de “gommer” la condition de 10 ans d’expérience requise pour la participation aux concours d’architecture.

Source : Le Quotidien Mardi 30 Janvier 2007


 

   
   
   
 
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