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La dégradation des anciens immeubles à Tunis pose le problème de relogement des habitants
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02/08/2009
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Depuis quelques années, les immeubles de la ville de Tunis accusent une dégradation plutôt préoccupante. Cela s'est traduit au concret par plusieurs cas d'effondrement, qui ont constitué une menace réelle pour les citoyens. Toutefois, l'on estime que la situation est provisoire et aucunement inquiétante.
A ce propos, M.Abbès Mohsen, maire de la ville de Tunis, est plutôt réaliste. La ville de Tunis, dit-il, est une belle ville, mais elle est également ancienne. Et c'est bien là un problème sérieux, qui explique largement la dégradation d'un bon nombre d'immeubles qui actuellement menacent ruine.
Mais, optimise le maire, «parce que Tunis est une ville qui prospère régulièrement, il est fondamental de s'unir, s'associer et agir en commun pour assurer son renouvellement». Heureusement, se félicite-t-il, «il y a une prise de conscience collective et une volonté partagée pour relever un tel défi, et améliorer ainsi la qualité de notre environnement». |
Justement, la municipalité de Tunis a pris toutes les dispositions nécessaires pour rétablir rapidement cette situation. Il est vrai que les multiples actions et autres programmes engagés ou encore prévus à cet effet sont en mesure d'apporter une solution à la fois concrète et efficace au problème d'effondrement que connaît le centre-ville de Tunis.
En fait, le projet des oukalas, à titre d'exemple, lancé depuis quelques années déjà, devrait permettre, sans aucun doute, d'assurer le bon relogement des familles menacées. Il est question de 3.600 familles en tout pour un budget de 50MD. Aujourd'hui, ce projet hautement important, et qui a nécessité une enveloppe de 5MD, en est à sa quatrième tranche.
En plus de ce projet, la municipalité de Tunis a mis en place des incitations financières largement motivantes pour l'engagement des travaux au niveau des immeubles menaçant ruine. Une campagne de sensibilisation a porté sur 65 immeubles. Actuellement, plus de 40 immeubles ont engagé des travaux.
Il faut préciser dans ce même contexte que cette campagne a concerné un quadrilatère en plein centre-ville. Il s'agit de la rue Charles de Gaulle, de la rue de Yougoslavie, de l'avenue de France et de la rue Jamel Abdenasseur.
Une responsabilité collective
Justement, toutes les personnes concernées sont en mesure aujourd'hui de bénéficier de crédits allant jusqu'à 100. 000 dinars, remboursables sur 15 ans et avec un taux d'intérêt de 5% seulement. On rappelle dans ce même contexte que ce projet ambitieux est financé par le Fadès.
Madame Majda Darfous, responsable des projets à la municipalité, estime à ce propos que le crédit concerne uniquement les propriétaires et nullement les locataires. Il est accordé sur trois tranches (20%+40%+40%). On passe d'une tranche à l'autre après suivi des travaux. En cas d'infraction, le crédit est bloqué systématiquement.
Les personnes bénéficiaires ont droit à une année de grâce. Selon les dernières statistiques de la municipalité de Tunis, 128 familles ont reçu des crédits. En parallèle à ce projet, on parle d'un autre projet de même ampleur; la reconstruction de Mdak El Halfa. Il est question d'aménager 56 logements au profit de 56 familles. Ce projet, qui s'étend sur 7.000 m2 de planchers, a nécessité une enveloppe de l'ordre de 4,750MD.
En somme, le maire de Tunis reconnaît que «la réhabilitation des différents quartiers du centre-ville se place comme une urgence. Toutefois, pour relever un tel défi, il est important d'assurer l'adhésion de toutes les parties. C'est plutôt une responsabilité collective. Les propriétaires eux-mêmes y sont totalement impliqués».
D'ailleurs, M. Mohsen Abbès note dans ce même contexte «qu'au Canada, à titre de comparaison, et en présence d'immeubles menaçant ruine, la municipalité prend elle-même en charge les travaux. Et si le propriétaire refuse de payer, elle devient systématiquement copropriétaire».
Le maire de Tunis se félicite tout de même des interventions engagées jusque-là. Il rappelle, en effet, que «les travaux d'office sont généralement payants. En effet, la municipalité, en cas d'immeubles détériorés, procède par un préavis aux propriétaires concernés avec un délai de deux mois. Elle fixe la nature des travaux à engager. En cas de non-respect du délai, la municipalité intervient pour engager automatiquement les travaux nécessaires, à la charge, bien entendu, du propriétaire».
Toutefois, M.Abbès pense tout de même que «le parc immobilier de la ville de Tunis est très important, c'est pour cette raison que la municipalité ne peut pas tout faire. Le budget et trop important».
Réduire, recycler et réutiliser
En plus de la réhabilitation des immeubles, la municipalité a tenu à garantir la propreté et l'esthétique de la ville de Tunis.
Le programme des rues modèles, engagé depuis des années déjà, est très ambitieux. La première rue bénéficiaire a été la rue de Marseille.
Ce programme a été, d'ailleurs, élargi pour englober la rue Ennakhil à El Ouardia, Montfleury, à la Cité El Foulla à Hraïria, ainsi que la rue El Wafa, à la Cité Ettahrir.
On reconnaît, à cet effet, que ce programme a connu un rythme assez accéléré grâce à l'engagement total des citoyens. D'ailleurs, M. Abbès observe que «le dialogue, la concertation et la consultation ont été des éléments très importants».
Toujours, dans le cadre de la propreté et de l'esthétique de la ville, la municipalité entend éliminer radicalement les containers collectifs et éviter également le recours aux sacs en plastique.
Ainsi, à la Cité El Foulla, à El Hraïria, la municipalité a sondé 200 familles pour avoir leurs avis et donc leurs propositions. C'est ainsi, et après consultation, que la municipalité a présenté un modèle, pour la collecte des ordures. Il s'agit de paniers accrochés au mur et qui sont plus pratiques, mais aussi et surtout plus esthétiques. Au quartier Sidi Bel Hassen, à El Ouardia, le choix des habitants s'est porté sur des crochets métalliques. 400 crochets ont remplacé ainsi les containers collectifs.
Par ailleurs, pour enraciner encore plus la culture environnementale, la municipalité a incité la création d'un club de l'environnement, avec la garantie d'un encadrement total. L'objectif est, selon M. Abbès, «de préparer des jeunes à la rentrée scolaire pour qu'ils mettent la pression aussi bien sur les instituteurs que sur les parents». Il faut dire que les nouvelles approches mises en place au niveau de la collecte des ordures procèdent clairement du souci de mieux organiser cette opération.
Pour M. Abbès, l'objectif prioritaire est «de réussir les trois R : réduire, recycler et réutiliser». Reste que réussir un tel pari, il est nécessaire de s'associer aux efforts de la municipalité. Justement, la municipalité de Tunis assure quotidiennement 600 t d'ordures ménagères. Heureusement, se félicite le maire de Tunis, «il y a bien une conscience collective pour relever un tel défi, une volonté partagée pour améliorer la qualité de l'environnement».
Anis Souadi / La Presse |
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