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"Soleil de Nefta": l'énergie solaire comme alternative dans le sud tunisien

23/07/2009

Avec 340 jours de soleil ; le Sud tunisien est tout indiqué pour être un centre de rayonnement sur la région et sur le pays. L’énergie solaire ; bien que encore coûteuse, figure en bonne place parmi les énergies renouvelables disponibles en Tunisie, pays du soleil par excellence. Pour un pays qui ne dispose pas d’une grande quantité d’énergies fossiles, il est vital de développer et de diversifier les sources. Il est important d’alléger la facture de carburant et de sauvegarder l’environnement. L’idée de "Soleil de Nefta" a germé dans la tête de Hassan Zargouni et ne manquera pas de susciter l’adhésion de plus d’une partie, au niveau national et à l’échelle internationale.


Une ferme solaire à Nefta ?

Nefta est une ville de plus de 20.000 habitants. Située au sud-ouest de la Tunisie, sa principale activité est l’agriculture et l’agro-industrie à travers les palmiers dattiers et le tourisme local et international. La facture énergétique de Nefta revient relativement cher aussi bien aux services publics, qu’au secteur privé, et ce compte tenu des conditions climatiques de la région. Il devient indispensable d’initier un projet pour développer le secteur des énergies renouvelables afin de le substituer aux hydrocarbures.

Ceci permettrait à terme d’alléger considérablement la facture énergétique de la région d’une manière durable tout en participant à la préservation de l’environnement. Il s’agit d’un projet de renommée mondiale qui utilisera les dernières technologies solaires pour subvenir aux besoins énergétiques de Nefta. On peut considérer en effet que pour la première fois au monde, une ville agricole et touristique bénéficiera d’un système basé sur les énergies solaires. Il est proposé d’installer 6MW de solaire photovoltaïque, 6MW de solaire thermique, 4MW de solaire réfrigérant et 4 MW de solaire à concentration.

Le système est évalué à 20 MW à un coût oscillant entre 40 et 50 millions d’euros pour 20.000 habitants, des équipements collectifs classiques, du pompage et de l’irrigation de près de 500.000 palmier-dattiers. Le projet a été proposé par Hassen Zargouni, économiste statisticien et est en pré-étude à l’ANME pour le rendre éligible

« Le projet a été présenté aux acteurs associatifs tels que le Rotary International et l’association locale de l’environnement de Nefta qui ont d’emblée parrainé le projet. Divers acteurs de la sphère économique locale et internationale ont manifesté l’intérêt de contribuer au projet… »
A l’origine; une initiative de Hassen Zargouni, statisticien et économiste. Originaire de la ville de Nefta, M. Zargouni n’a pas raté l’occasion offerte par l’hebdomadaire pour exposer les lignes forces de ce projet fédérateur.

L’autoproduction d’électricité et des énergies renouvelables vise à doter la ville de Nefta des dernières technologies en la matière. Mais pourquoi Nefta ? Plusieurs éléments justifient ce choix. Avec sa communauté urbaine (25 mille habitants), ses oasis (500 mille palmiers) et ses unités touristiques (une dizaine d’hôtels), la ville séculaire est en droit de prétendre à des besoins énergétiques grandissants.
« L’ambition du projet est de placer la Tunisie au centre de l’effort mondial visant le développement d’une économie planétaire sans gaz à effet de serre. Il s’agit d’un projet créateur d’emplois sur le plan local et régional. Un projet innovant nécessitant une coopération parfaite entre investisseurs internationaux, centres de recherches et développement situés dans le Sud tunisien et l’adhésion-appropriation des populations bénéficiaires. La volonté de changement pour l’innovation est en effet une condition du succès du projet "Soleil de Nefta". Nefta, la ville aux cent coupoles, est attachante ; aujourd’hui son environnement est fragilisé ».

Hassen Zargouni précise que l’oasis de Nefta souffre, de plus en plus, de la rareté de l’eau, à cause d’une faible pluviométrie, et de l’augmentation des charges d’exploitation des parcelles, notamment pour les petits agriculteurs. A la merci des aléas de la conjoncture, ces derniers ont du mal à honorer leurs engagements vis-à-vis de la STEG, unique producteur d’énergie indispensable au pompage de l’eau d’irrigation.
Un autre facteur milite en faveur de l’expansion des énergies renouvelables. C’est la volonté des pouvoirs publics de repenser la politique énergétique du pays. L’énergie solaire photovoltaïque n’est plus une option. C’est une nécessité. Alléger la facture du carburant et autres énergies fossiles, accéder aux zones isolées et protéger l’environnement figurent en effet parmi les priorités du Programme national de maîtrise de l’énergie.

La Tunisie table sur l’installation de 50.000 m² de capteurs solaires en 2009. Ce nombre s’élèvera à 480.000 m² en 2011, selon le programme quadriennal: 390.000 m² pour le secteur résidentiel, 60.000 m² pour le tertiaire et 30.000 m² pour l'industriel. Le programme quadriennal de maîtrise de l’énergie (2008-2011), a pour objectif de réduire de 20% la demande d’énergie primaire à l’horizon de 2011. Le cumul en économie d’énergie devrait être de 20 Mégateps à l’horizon 2020.
M. Zargouni rappelle que la Tunisie, qui a déjà développé un plan ambitieux pour promouvoir l’installation d’un système solaire thermique ; « s’est engagée avec ses partenaires commerciaux (du Nord notamment) dans un plan visant la réduction des effets de serre. Ce plan permettra particulièrement de réduire la demande d’énergie importée sous forme d’hydrocarbures, de maximiser la génération d’énergie propre et de devenir l’une des pays clés dans la prestation des technologies renouvelables et l’établissement d’une politique d’avant-garde de la sécurité énergétique ».

Vu sous cet angle, "Soleil de Nefta", se présente comme un projet phare et de renommée mondiale qui utilisera les dernières technologies solaires. M. Zargouni en énumère quatre : le solaire thermique, le solaire réfrigérant, le solaire à concentration et enfin le solaire photovoltaïque.
Pour une enveloppe de 40 à 50 millions d’euros, ce projet permettra l'exploitation de l'énergie solaire pour l'électrification des foyers isolés, le pompage de l'eau des puits de surface, la fourniture de l’électricité à une dizaine d’unités touristiques et plusieurs unités de stockage frigorifique et de conditionnement de dattes.
Côté financement, M. Zargouni cite plusieurs intervenants intéressés par le projet : la Banque Mondiale, le Rotary international ; le Plan solaire méditerranée, la fondation Total, le ministère de l’Industrie, de l’Energie et des PME, l’Association Locale de Protection de l’Environnement de Nefta (ALPEN), l’Ecole Nationale d’Ingénieurs de Tunis (ENIT), l’Agence Nationale de la Maîtrise de l’Energie (ANME) ainsi que d’autres structures publiques.

Ville parfaitement ensoleillée, Nefta connaîtra assurément de beaux jours. En communicateur confirmé, Hassan Zargouni ne manque pas d’arguments pour rallier à sa cause les pouvoirs publics, les investisseurs locaux et internationaux ainsi que la communauté nationale : « Le projet "Soleil de Nefta" ne peut que générer de la valeur ajoutée pour la localité, la région et le pays, sur le plan de l’image innovante High-tech et écologiquement responsable de la Tunisie. Le projet aura un impact positif sur le tourisme vert et saharien que peut offrir la région, sur le transfert de savoir-faire et la maîtrise technologique exportable et enfin sur la création de richesse, de croissance et d’emplois dans les zones ouest, priorité du pays sur les cinq prochaines années ».

La promulgation prochaine d'un amendement de la loi de 2004 sur la maîtrise de l'énergie, devra permettre aux entreprises industrielles, agricoles et tertiaires de produire de l'électricité à partir des énergies renouvelables et de la cogénération, pour leur propre consommation.
Il permettra par la suite de transporter l'électricité ainsi produite, via le réseau national.

Cet amendement permettra aux ménages et aux entreprises de produire l'électricité à partir des énergies renouvelables notamment l'énergie solaire photovoltaïque destinées à leur propre consommation. S'il y a excédents, ces ménages peuvent les vendre à la STEG. Le ministère de l'industrie, de l'énergie et des petites et moyennes entreprises est en train de préparer une révision du décret fixant les primes spécifiques aux opérations de maîtrise de l'énergie. Cette révision apportera de nouvelles incitations pour la consommation de l'énergie solaire, notamment une prime de 40% du coût d'investissement (plafonné à 20.000 Dinars), pour les fermes agricoles et les projets ruraux de production d'électricité à partir des énergies renouvelables.

Une prime de 30% du coût de l'investissement (avec un plafond de 15.000 D par maison et 3000 D par kilowatt/heure) est accordée aux maisons solaires. Il y a lieu de rappeler que la Tunisie s'est lancée en 2008, dans un deuxième programme de maîtrise de l'énergie suite aux résultats très encourageants du premier programme triennal (2005-2007). Ce dernier a permis de réaliser jusqu'à la fin de 2008, 1700 MD d'économies en matière d'énergie soit l'équivalent de 2,2 Mtep (millions de tonnes équivalent pétrole). La Tunisie a atteint 322 mille m² de capteurs d'énergie solaire (CES), en 2008. Ainsi, le rythme annuel d'installation des CES est passé de 8 mille m² en 2004 à 80 mille m2 en 2008.

De sa part, le projet de généralisation de l'énergie solaire dans la ville de Nefta (Sud tunisien), permettra de couvrir les besoins de 25 mille habitants. Il peut également aider à développer un ensemble d'oasis de 500 mille palmiers et garantir la disponibilité de l'eau pour une dizaine d'hôtels de la région. Ce projet sera réalisé en collaboration entre le Rotary Club et l'association de protection de l'environnement de Nefta.

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