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Décès d'Elie Azagury, grande figure de l'architecture marocaine
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23/01/2009
Élie Azagury est né à Casablanca en 1918 et décédé à Casablanca en janvier 2009
Elie Azagury fait partie du patrimoine humain marocain et mondial. Immense architecte, homme de grands engagements, il est l’une des figures emblématiques de l’architecture marocaine. Pour ce natif de Casablanca qui a sillonné le monde, l’architecture est une alchimie, une poésie du corps et de l’espace. Retour sur un homme exceptionnel.

Qui d’entre nous savait que Derb Jdid, l’actuel Hay Hassani, a vu le jour grâce aux dessins d’Elie Azagury ? D’ailleurs la mémoire de cet héritage a été oblitérée, puisque le legs de l’architecte a subi les plus folles transformations. Reste que malgré le temps, l’ensemble d’habitat économique réalisé par Azagury, défie le temps et se tient solide. Jusqu’à quand ? Là c’est une autre paire de manche qui relève de la compétence des autorités qui ont laissé faire, malgré les mises en garde de l’architecte lui-même, qui a attiré l’attention sur les risques à encourir.
Aujourd’hui, à 89 ans, Elie Azagury n’a rien perdu de sa fougue, de son sens de l’engagement, toutes ses idées de jeunesse, qui ont fait de lui l’un des visages les plus marquants de l’architecture marocaine depuis 60 ans. D’autres chantiers et des plus prestigieux, d’autres projets à venir. Cet homme vit d’architecture, se nourrit des espaces qu’il remodèle. Voyageur aguerri qui a visité presque tous les continents (voir la Bio-express), son style est unique et rappelle beaucoup celui d’un autre grand nom de l’architecture moderne qu’il a connu au Brésil, Oscar Niemeyer. La même approche grâce aux croquis qui sont à la base du concept architectural, mêmes courbes et lignes qui défient les règles les plus élémentaires de la physique comme un défi, face à la rigidité des règles.
Une constante pourtant dans ce long et riche parcours : l’habitat économique et le logement de masse. Azagury qui a participé à la reconstruction de la ville d’Agadir après le tremblement de terre, celui qui a lancé le développement des cotes du Nord, sait comment reloger dignement les populations. Très proches des valeurs sociales, visitant des pays comme la Hongrie, la Tchécoslovaquie et la Yougoslavie de l’après deuxième guerre mondiale, il a une idée bien précise de la reconstruction après le désastre. Aujourd’hui, la ville de Casablanca, où il a vu le jour et où il a laissé quelques traces de son œuvre, demeure l’exemple de la ville moderne pour lui. On peut encore visiter les différentes constructions qui portent sa signature, toutes ces lignes épurées, ce raisonnement de l’espace qui font de lui l’un des visionnaires de l’architecture mondiale.
Biographie
Il se forme à l’École des beaux-arts de Paris de 1937 à 1946 (atelier Hérault) puis de Marseille (atelier Beaudouin), et enfin, après deux ans passés chez Michel Aimé à Megève après l’occupation de la zone libre, de nouveau à l’École des beaux-arts de Paris (atelier Perret). Il travaille deux ans à Stockholm chez l’architecte anglais Ralph Erskine (1914-2005). À son retour à Casablanca (1949, agence active jusqu’en 2007, longtemps dans le quartier résidentiel d'Anfa puis dans un immeuble de Marius Boyer avenue Hassan-II), il réalise des villas d’un fonctionnalisme organique et inventif, telle la villa Schulmann (1951). Les références suédoises sont perceptibles dans le groupe scolaire Longchamp de Casablanca (1954), alors que la maison personnelle d’Azagury (1962) est un manifeste du néo-brutalisme. Azagury anime les débats du groupe CIAM marocain et participe à la revue Le Carré bleu. Il voyage en URSS, en Chine et en Amérique latine entre 1957 et 1965.
Président de l’ordre des architectes du Maroc après l’indépendance (1958-1971), il dessine et construit le quartier d’habitations populaires du Derb Jdid (1957-1960), l’Office national du thé (avec Henri Tastemain), ainsi que le tribunal d’Agadir. Il travaille plusieurs fois avec Jean-François Zevaco et avec Henri Tastemain.
Il dirige l’aménagement de la station méditerranéenne de Cabo Negro (1970-1980) et poursuit la recherche d’une architecture fidèle à l’éthique du Mouvement moderne et sensible aux conditions marocaines.
Source: PATRIMOINE ARCHITECTUAL DU MAROC : Elie Azagury, une mémoire casablancaise. Par Fouzia Ejjawi in. La Gazette du Maroc |
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