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La création de trois écoles d'architecture irrite l'ordre des architectes du Maroc
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16/01/2009
Le Ministre de l'Habitat, de l'Urbansime et de l'Aménagement de l'Espace, Taoufik Hjira, annonce officiellement lors de la journée nationale de l'Architecte (14 janvier à Fès) la création de TROIS (3) Etablissements Publics d'Enseignement de l'Architecture à FES, TETOUAN et MARRAKECH. La convention concerant l'établissement de Fès a déjà été signée ce matin du 14 janvier.
LA création d'une nouvelle école d'architecture à Casablanca irrite l'Ordre national des architectes. Dans un communiqué rendu public, il épingle «la procédure suivie actuellement pour la mise en place de ces établissements empreinte de précipitation et de manque de rigueur». Le point principal de la discorde est le cahier des charges. Le choix des candidats à l'adjudication doit être basé sur des critères d'évaluation objectifs et précis. En effet, l'Ordre veut «être étroitement associé à toute procédure destinée à mettre en place un établissement, public ou privé, d'enseignement de l'architecture au Maroc». Il réclame un projet pédagogique qui ne serait pas une simple reproduction de l'école nationale d'architecture de Rabat. Il appelle également à «des mesures d'accompagnement de ces futurs architectes sur le marché de travail pour assainir les conditions actuelles d'exercice de la profession». En réalité, ce n'est pas le principe de création de ces écoles qui est critiqué mais la manière.
Pour Khalil Boucetta, architecte, la création de nouvelles écoles d'architecture est une bonne initiative. Selon lui, ceci aidera à la diversification des approches architecturales. Une seule école est insuffisante pour répondre aux attentes de la population et les besoins des grands chantiers à lancer par le Maroc, ajoute-t-il.
Rappelons qu'en mai dernier, l'Ordre national des architectes saluait cette décision de créer des écoles.
A cette occasion, le Premier ministre Driss Jettou avait annoncé la création de trois nouvelles écoles d'architecture au cours de l'université de printemps de l'architecture tenue à Rabat du 20 au 24 mai 2004. Dans ce sens, une convention a été signée entre le ministère de l'Habitat et de l'Urbanisme et le ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche scientifique. La convention a présenté un cadre de coopération entre les deux départements pour la création de nouvelles écoles d'architecture soumises au contrôle de l'Etat et aux mêmes normes de l'Ecole nationale d'architecture de Rabat. Dans cette perspective, une école ouvrira ses portes pour la prochaine rentrée universitaire à Casablanca. Deux autres suivront à Meknès et Oujda.
Jettou avait également annoncé en mai dernier la transformation de l'Ecole nationale d'architecture en un établissement public, doté d'une autonomie financière et d'une personnalité morale. Dans le contexte actuel, il est nécessaire d'avoir plus d'architectes pour la réalisation des grands projets d'aménagement et de construction de 100.000 logements par an.
Accès difficile
(d'après l'Economiste)
L'Ecole nationale d'architecture à Rabat a été créée en 1980. Les conditions d'accès sont difficiles. Une présélection suivie par un concours écrit. Il faut également avoir moins de 22 ans et être titulaire d'un baccalauréat scientifique avec au minimum une mention Bien. Les études durent 6 ans. Ils sont près d'une cinquantaine d'étudiants par promotion à suivre ce cursus.
F.E.G.
«Toute forme de monopole ne peut être que néfaste»
Rachid Andaloussi, architecte
· L'Economiste: Que pensez-vous de la création de nouvelles écoles d'architecture au Maroc ?
- Rachid Andaloussi: Sur le plan personnel, il fallait une école d'architecture à Casablanca. Au niveau architectural, la ville, à elle seule, représente une école. Cette école viendrait donc comme support institutionnel à tout ce qu'a été développé au cours de ces décennies.
Je suis favorable à la création d'une école puisque j'y ai moi-même participé à l'appel d'offres. Seulement, cette école doit se situer au centre de Casablanca, dans le cœur actif de l'architecture Art déco. Pour son démarrage, il était préférable de créer d'abord un atelier rattaché à l'Ecole nationale d'architecture de Rabat et logé dans un bâtiment qui a une valeur architecturale. Pourquoi pas une école d'architecture dans une partie de l'hôtel Lincoln?
· Dans un communiqué, l'Ordre national des architectes critique la procédure suivie pour la création, “empreinte de précipitation et de manque de rigueur”. Qu'en pensez-vous?
De toutes les façons, ils ne sont pas contre. L'important est que la dynamique soit enclenchée. Il faut que le processus se développe. Une ville comme Casablanca mérite une école d'architecture.
· Le privé doit-il créer également des écoles d'architecture ou cela doit-il rester le monopole du secteur public?
Nous sommes dans un pays libéral où le secteur privé a donné ses preuves par son efficacité et son attachement aux perceptions de la modernité. Donc il n'est pas exclu d'avoir une école d'architecture privée sous le contrôle d'une haute autorité de l'enseignement, orientée vers un esprit de compétition anticipatif visant le développement et l'amélioration du cadre bâti dans nos villes. Toute forme de monopole ne peut être que néfaste dans n'importe quel domaine. Il faut donc multiplier les écoles d'architecture dans notre pays. Nous pouvons affirmer aujourd'hui que le Maroc a une culture architecturale confirmée qui, par ses particularités, son identité et sa richesse, peut être considérée comme une grande leçon d'architecture qui a sa place parmi les plus grandes écoles. Ainsi, elle intègre par son potentiel local et global les visions du grand philosophe Paul Virilio qui affirme: “A l'heure de la mondialisation, le développement passe par la glocalisation”.
Propos recueillis
par M.C. |
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