MAGAZINE D’ARCHITECTURE EN LIGNE

Le projet "Alger Médina" de la Baie d'Alger

25/11/2008

Les travaux d’aménagement d’une importante partie de la baie d’Alger avancent au rythme souhaité par son promoteur Abdelouahab Rahim, qui ambitionne de donner vie à ce pôle urbain moderne dénommé « Alger Médina », en mettant à la disposition des citoyens certains équipements.

 

Il s’agit notamment du centre commercial (Shopping mall) comprenant un supermarché Carrefour, une chaîne de grands magasins et un parking automobiles de plus de 4000 places. L’infrastructure commerciale sera en mesure de satisfaire en produits divers et services la centaine de milliers de clients appelés à s’y rendre chaque jour. Le parking et les espaces communs gérés de façon moderne seront, de surcroît, agrémentés par un fond de musique. Seront également ouverts au public le parc aquatique principalement destiné aux loisirs des enfants, le boulevard central donnant une vue imprenable sur la mer, ainsi que 6 km de chaussées spacieuses à usage de promenade et d’activités sportives. Cet ensemble d’infrastructures baignera dans une oliveraie composée de quelque 2000 oliviers centenaires importés d’Espagne. La plantation sera entamée dès janvier prochain. Sur chantier, nous avons pu observer les travaux de montage de la charpente du supermarché Carrefour, les gros œuvres du parc aquatique ainsi que le corps de chaussées du parking automobiles de 4000 places, du boulevard central et d’une partie non négligeable de l’allée piétonnière, appelée à s’étaler au gré de l’avancement des travaux, pour atteindre 20 km environ.

Pour Abdelouahab Rahim, il n’y a aucun doute à avoir sur l’ouverture prochaine de ces infrastructures dont il maintient mai 2008, comme date butoir. Toutes ces infrastructures en chantier figurent parmi les grands éléments structurants d’un mégaprojet d’aménagement urbain qui s’étalera sur 108 ha, de l’hôtel Hilton à l’embouchure de l’oued El Harrach. Il comprendra deux tours de bureaux et d’appartements dont les travaux sont largement entamés, ainsi qu’un palais des congrès d’une capacité de 4000 places. L’hôtel Hilton et le Business Center en activité donnent déjà une idée de l’importance qu’Alger Médina prendra en tant que quartier d’affaires, lorsque toutes ces tours, totalisant plus d’un million de mètres carrés de bureaux et appartements pour hommes d’affaires, seront opérationnelles. Alger Médina sera également une importante zone d’habitat avec à la clé la construction d’une vingtaine de tours de cinquante étages chacune. Environ 10 000 logements promotionnels de divers standings y seront réalisés d’ici 2010. Une marina en mesure d’arrimer quelque 600 bateaux de plaisance y est également prévue avec de nombreux restaurants et activités liées aux produits de la mer. Ce port de plaisance est appelé à rayonner sur toute la Méditerranée, en accueillant notamment les embarcations de tous les pays riverains. Le tourisme s’en trouverait ainsi redynamisé. Les Algérois et, plus largement encore, les visiteurs d’Alger trouveront dans ce nouveau pôle urbain toutes les commodités et tous les plaisirs de la vie que ne peuvent plus leur assurer les quartiers centraux de la capitale, arrivés à saturation. L’aménagement d’Alger Médina est conçu par l’architecte américain d’origine sud-coréenne, lauréat du concours international, M. Kim. Le suivi des travaux est, quant à lui, assuré par le bureau d’études du groupe Dahli, auquel son patron Abdelouahab Rahim a visiblement imposé une certaine rationalité en matière d’organisation et de conduite de chantiers. On peut à titre d’exemple constater que la mise en chantier des équipements programmés a commencé par la réalisation des voiries et réseaux divers (VRD), ce qui permet d’effectuer les élévations sans devoir patauger dans la boue hivernale. Une fois les VRD achevées, les constructions dénuées de toutes contraintes avanceront de façon spectaculaire. Le financement sera, pour une grande part, assuré par les fonds propres du groupe et les crédits accordés par sa banque. Les préfinancements accordés par les futurs acquéreurs de logements promotionnels et autres biens immobiliers viendront en complément. Malmenés par les vicissitudes d’une ville en phase avancée de saturation, les Algérois seront bien contents de trouver dans ce nouveau pôle urbain les commodités et les plaisirs de la vie que ne peuvent plus leur assurer les quartiers centraux de la capitale. Ils ne peuvent, de ce fait, qu’applaudir à la réalisation de ce pôle urbain, appelé à mener la capitale algérienne vers la modernité.

 

Le montage financier pour la réalisation du grand projet immobilier «Alger Medina» initié par le groupe algérien Dahli sera en grande partie financé à partir de l'émission d'un emprunt obligataire grand public. Le processus de financement a reçu l'aval de la Commission d'organisation et de surveillance des opérations de Bourse (COSOB).

Dans le communiqué rendu public jeudi dernier, l'institution boursière a attribué son visa sur la notice d'information présentée par le groupe Dahli dans le cadre de l'émission d'un emprunt obligataire pour le financement de projets touristiques qui seront édifiés aux Pins Maritimes d'Alger près de l'hôtel Hilton et de son centre d'affaires.

Cette opération sera un emprunt obligataire par appel public destiné au grand public d'un montant de 8,3 milliards de dinars d'une durée de sept ans, d'un taux d'intérêt progressif annuellement démarrant à 4% la première année pour arriver à 6,75% en 2015. 830 000 obligations d'une valeur nominale de 10 000 DA chacune seront collectées et cotées à la bourse d'Alger.

Les fonds collectés dans le cadre de cet emprunt obligataire seront destinés à la réalisation d'un parc aquatique, des tours abritant des appartements-hôtels et d'une marina (port de plaisance).

Ces trois projets font partie du méga-projet «Alger Medina que l'émetteur Dahli est en train de réaliser et de financer sur des fonds propres et bancaires», précise la COSOB.

Les modalités de fonctionnement du compte d'affectation spéciale qui sera mis en place (abritant le montant total des charges et des commissions de l'emprunt collecté et souscrit par le grand public) seront définies par une convention à établir entre la Banque extérieure d'Algérie (BEA), qui est la banque domiciliataire, et ce groupe.

La COSOB précise que le lancement de l'opération de souscription est conditionné par la constitution de l'hypothèque des actifs proposés en garantie pour cet emprunt.

La société émettrice a proposé l'hôtel Hilton et la tour d'affaires Algeria Business Center (ABC) à Alger. A cet effet, le groupe Dahli devra, avant le lancement de l'opération de souscription, remettre à la COSOB un exemplaire du document portant constitution et publication des actes authentiques d'hypothèque de ces actifs et un exemplaire de la convention établie avec la BEA.

Rappelons enfin que l'opération d'emprunt obligataire du groupe Dahli est la troisième du genre lancée par un opérateur économique privé algérien après ceux de Cevital en 2006 et de la société d'informatique et de fourniture d'accès Internet Eepad en 2007.

Plusieurs entreprises publiques (Air Algérie, Sonatrach, Algérie Télécom et Sonelgaz) ont également lancé des opérations d'emprunts obligataires pour financer leurs projets d'investissement

Alger Médina est un concept urbanistique et architectural nouveau

Interview avec Abdelouahab Rahim. PDG du groupe Dahli


Comment penser intégrer ce futur pôle urbain aux quartiers, notamment centraux, d’Alger dont on compte assurer la continuité ?
La genèse de ma réflexion remonte à cette période que vous avez probablement vécue, où Alger n’avait pas autant d’habitants. En ce temps-là, les gens vivaient mieux parce qu’ils pouvaient plus facilement accéder à un certain nombre d’éléments culturels, sportifs, sociaux, commerciaux, technologiques et autres, qui favorisaient la qualité de la vie dans la capitale. C’est un ensemble d’éléments qui nous a guidés dans la conception de cette ville. Il s’agissait précisément de trouver le moyen de les intégrer, le principe étant que chacun puisse y trouver son hobby. C’est en partant de ce principe que nous avons, à titre d’exemple, pensé à doter Alger Médina d’un large boulevard piétonnier de 20 km de long où l’Algérois peut à tout moment s’adonner à des activités sportives, comme la marche ou le footing, sans compter les sports en salle qu’il pourrait également pratiquer.

Alger Médina sera donc aussi bien un grand espace commercial qu’un espace de détente et de loisirs...
La dimension sociale d’Alger Médina est effectivement de répondre aux besoins de la population en termes de détente et de loisirs. Vous avez, tout comme moi, constaté que le repos hebdomadaire à Alger est plutôt triste. C’est l’angoisse pour de nombreuses personnes qui ne trouvent rien à faire. Alger Médina constitue une opportunité pour la population algéroise qui peut y trouver un centre commercial en activité permanente, un aqua-parc où les enfants peuvent trouver leur bonheur. Ce sera également un pôle de rencontres extraordinaire dans les espaces commerciaux, mais également culturels que constitueront les galeries d’art et les divers centres d’activités culturelles et artistiques. Je suis convaincu qu’Alger Médina mettra définitivement fin à la morosité de nos week-ends et jours fériés.


Pourquoi avez-vous donné à ce pôle urbain le nom de Médina ?
La médina est le lieu où l’on venait des quartiers et des villages environnants pour faire ses courses et effectuer des rencontres. J’ai appris cela quand j’étais enfant. La médina constitue par conséquent le pôle économique d’une ville. Nous voulons, à travers Alger Médina, poursuivre cette vocation économique et commerciale en faisant le business district d’Alger. Alger Médina hissera la capitale vers la modernité.


Les travaux sont largement entamés pour bon nombre d’infrastructures et équipements structurant ce mégaprojet. Avez-vous d’ores et déjà fixé des échéances de livraison ?
Les travaux ont effectivement démarré il y a un peu plus de 6 mois. Nous nous sommes d’abord attachés à réaliser les parties voiries et réseaux divers. Nous avons aujourd’hui traité toute la partie souterraine et nous sommes sur le point d’en finir avec les conduites et les connexions. Nous commençons maintenant à sortir de terre un certain nombre de pôles et notamment le centre commercial que nous comptons mettre à la disposition de la population dans le courant du mois de mai 2008. Le centre commercial sera composé du mole commercial composé du supermarché Carrefour, de nombreuses boutiques de grandes marques et d’un aqua-parc destiné aux enfants qui aura la particularité d’être ouvert 24h/24h et durant tous les jours de l’année. C’est pour la première fois que nos enfants auront la possibilité de se détendre été comme hiver dans un tel lieu, spécialement conçu pour eux. Je suis convaincu que ce parc réalisé dans les normes, intéressera l’ensemble des « enfants » de 7 à 77 ans. Un parking surveillé de 4000 places permettra, j’en suis convaincu, à l’ensemble des visiteurs de trouver où stationner leur véhicule en toute sécurité.

A Alger Médina, il y aura également de grands immeubles à usage de bureaux et de logements. Les travaux dans ces pôles sont-ils aussi avancés que ceux de la zone commerciale ?
La phase réalisation des bureaux a effectivement commencé et nous aurons, dans 24 mois, les deux premières tours de bureaux qui vont sortir. La première résidence hôtelière sortira en principe juste après. Les autres éléments d’Alger Médina arriveront les uns après les autres en fonction du marché.
Quand comptez-vous démarrer les travaux du port de plaisance, la Marina en l’occurrence ?
La Marina est un élément essentiel d’Alger Médina, car la médina est une porte ouverte sur la Méditerranée. Elle pourrait accueillir 600 bateaux et ainsi constituer une véritable porte ouverte sur la Méditerranée. Elle va de surcroît dynamiser l’ensemble des activités liées à la plaisance, et à la mer en général. Nous avons bon espoir de mettre la Marina en chantier dans les deux années à venir.

Cet important pôle urbain dont vous êtes l’aménageur demande également à être bien géré, une fois réalisé et mis à la disposition du public. Vous vous y préparez ?
Bien entendu. Si on met quelque chose au monde ce n’est pas pour le laisser, par la suite, livré à lui-même. Nous avons consenti des investissements importants et nous sommes à l’évidence dans l’obligation de préserver nos actifs.

Le paysage urbain prend, peu à peu, un nouvel aspect avec l’édification de ces tours vitrées dont l’architecture nous était inconnue. Une ville est en voie d’être érigée sur la façade maritime, à côté de l’hôtel Hilton, à Mohammadia. Le projet Alger Médina a démarré il y a deux ans et demi avant de se concrétiser par la construction d’une tour d’affaires, Algeria Business Center, considérée par le groupe Dahli comme étant «la première pierre» de ce qui «va devenir le futur Business-district d’Alger», selon le directeur du projet qui qualifie cette tour de «temple de la technologie».

Un véritable joyau conçu pour abriter les dernières techniques de pointe. «C’est ce qu’on appelle un véritable immeuble intelligent. La quasi-totalité des sociétés représentatives high-tech dans le monde, comme Hewlett Packard, Microsoft, Sysco qui sont les mastodontes des multinationales, sont ici, ainsi que plusieurs autres entreprises et des banques. Nous avons une telle technologie et une telle connexion qu’ils [les représentants étrangers, ndlr] ont l’impression d’être à côté [de leur pays].»
«C’est une première en Algérie, c’est l’extrait de la technologie qui se fait ici. Nous avons tous les systèmes possibles et imaginables pour fonctionner normalement en cas de panne de courant ou de téléphone.» Sur le plan de la capacité, la tour peut abriter 2 000 à 2 500 personnes, «dans de bonnes conditions de travail [air filtré, confort]». «Le confort n’est pas un luxe, c’est une nécessité pour augmenter la productivité, pour une meilleure rentabilité», souligne le directeur. Sa gestion est assurée par un personnel estimé à 700 employés qui assurent également la prise en charge de l’hôtel Hilton.
Une salle de conférences pouvant contenir 500 personnes, des salles de réunion (une pour chacun des pays d’appartenance des entreprises présentes), des agences de voyages et d’assurances, un copy center disposant d’«un matériel au top» pour l’envoi de fax, le tirage et même «l’édition d’un livre» occupent le premier étage. «Tout se fait sur place», nous dit le directeur du projet. La tour est «assise» sur deux étages en sous-sol. Ces derniers abritent la partie technique, «le cœur du système». Une salle de contrôle gère le fonctionnement intérieur. Des écrans affichent les alentours surveillés, avec possibilité d’agrandissement des images.
«En matière de sécurité, nous sommes couverts sur un rayon de plusieurs kilomètres», souligne notre interlocuteur. Le spectacle offert par toutes ces machines fait croire à une véritable usine en fonctionnement permanent. Notre interlocuteur présente cet ouvrage comme «un objet d’art».

L’histoire d’un pays s’écrit avec son architecture


«L’histoire d’un pays s’écrit avec son architecture. Tout ce que nous sommes en train de bâtir, c’est l’alphabet de notre histoire. Cette tour représente la première lettre. Les générations futures continueront.» Il émet le souhait que les prochaines constructions en Algérie soient «de cette qualité, sinon mieux. Il faut qu’on construise avec cette qualité et de cette manière». En plus de Algeria Business Center qui est donc achevé et «pleinement exploité», et l’hôtel Hilton, Alger Médina sera composée d’un City Center qui comprendra un palais des congrès dont les travaux démarreront à partir du mois de mai prochain, de deux autres tours de bureaux et d’appartements-hôtels d’une superficie de 70 à 1 000 m².

Une conception pour une vie future à Alger


Les futurs occupants pourront y séjourner pour une période indéterminée et choisir entre une autonomie complète et le recours au service hôtelier. Hommes d’affaires et simples voyageurs, sans pied-à-terre dans la capitale, s’y côtoieront. Il est prévu également la réalisation d’une marina qui sera composée d’un port de plaisance et de restaurants. «Ce sera la nouvelle pêcherie», nous dit le directeur.
Un shopping-môle [un centre commercial] «capable de recevoir 100 000 personnes dans les meilleures conditions» sera également édifié. En somme, un projet grandiose qui donnera un autre visage à Alger et, selon ses concepteurs, une ville où l’on pourra s’adonner aux affaires, faire des achats, s’offrir des loisirs, se restaurer.
«Il y aura, enfin, un endroit où on pourra venir le matin et repartir le soir après le shopping et les loisirs en terminant par un dîner.» Un boulevard piétonnier de 3 km donnera une autre dimension à cet espace. Le seul endroit à Alger, nous dit-on, où on trouvera une chaussée aussi spacieuse et aussi longue uniquement pour les piétons. Elle permettra aux visiteurs d’allier emplettes et promenade. La maquette dessinée sur une carte montre un parcours étudié de telle façon qu’il y ait une logique dans le cheminement des futurs usagers. «En clair, nous sommes en train de créer la vie future à Alger, pour les Algérois». Pour ceux qui souhaitent ne pas s’encombrer de leur progéniture, un parc aquatique accueillera les enfants qui seront pris en charge sur tous les plans en attendant le retour des parents.
Les travaux pour l’ensemble de ces projets débuteront en juin prochain pour prendre fin dans trois ans, au plus tard en 2010, «en fonction de la volonté de l’administration», relève le directeur du projet. Une date limite puisque le futur palais des congrès est appelé à abriter la conférence internationale sur le gaz qui doit se dérouler la même année.

«La Médina, une autre dimension»
«L’Algérie a été sélectionnée par le biais de cette infrastructure dont la capacité est de 4 000 personnes. Il y aura 3 000 participants, mais avec leurs accompagnateurs, nous aurons entre 10 000 et 12 000 personnes. C’est une grosse affaire.» Pour notre interlocuteur, ce nombre impressionnant sera gérable grâce aux relais et aux nouvelles technologies de la communication. «C’est la Médina, ce sera un autre monde, une autre dimension. Ce sera Alger du 3ème millénaire.» Il estime que celle-ci sera «un modèle de conception et d’architecture dont s’inspireront les futurs architectes». Alger Médina sera édifiée sur une superficie qui variera entre 70 et 80 hectares. Elle sera réalisée par l’architecte américain d’origine sud-coréenne, M. Kim, qui a été le maître d’œuvre de la tour Algeria Business Center. Une fois sa construction achevée, elle devrait générer 5 000 emplois, dont 1 700 à 2 000 pour le shoppingmôle.

 

Sources: Nordine Grim, el watan; et Ziad Abdelhadi, de la tribune, Abdelouahab Rahim. PDG du groupe Dahli

 

 

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