
Si le paysage urbain change et l'activité économique devient de plus en plus dense, c'est parce que les grands projets que connaît la Tunisie sont à l'origine d'une dynamique à même de conforter le secteur de l'emploi et nécessite par conséquent une grande capacité de la part de l'économie tunisienne à répondre aux différentes demandes de cette nouvelle donne.
Toute la Tunisie est en chantier. Les mégaprojets qui ont démarré dernièrement en témoignent. Outre les projets engagés par l'Etat, nombreux sont les grands projets qui seront réalisés à travers des investissements directs étrangers. Le choix de la Tunisie en tant que site d'investissement attractif témoigne de la capacité de l'économie tunisienne à garantir les bonnes conditions matérielles et technologiques nécessaires.
Toutefois, l'économie tunisienne est appelée à se préparer davantage afin de mieux répondre aux demandes de ces projets et tirer profit de toutes les opportunités offertes. Formation de cadres capables de piloter ces projets, mise à niveau des entreprises tunisiennes et modernisation des services sont, entre autres, des éléments essentiels pour faire de la Tunisie un centre régional d'affaires et de services.
C'est dans ce cadre que s'est tenue récemment à l'Insat une rencontre ayant pour thème la gestion des grands projets. Cette manifestation a été organisée par North Africa Services Co (NASCO) en collaboration avec la Commission supérieure des grands projets et le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Technologie.
Invité d'honneur de cette rencontre, Mr Slim Tlatli, conseiller principal auprès du Président de la République et président de la commission supérieure des grands projets, a relevé que si les défis pour l'économie tunisienne sont énormes, les opportunités à saisir sont de taille. Les grands projets, a-t-il ajouté, ont un contenu fort en activités diverses et complémentaires : réalisation de 60 à 70 millions de mètres carrés de génie civil, création d'activités économiques à haute valeur ajoutée et promotion du savoir-faire tunisien. Pour l'intervenant, trois défis majeurs sont à relever afin de maximiser l'impact de ces projets sur l'économie tunisienne. Il s'agit en premier lieu de la création d'emplois pour les jeunes diplômés et de revoir la qualité de leur formation afin qu'elle réponde aux exigences du marché de l'emploi. Ensuite, il est question que l'industrie tunisienne puisse répondre aux besoins spécifiques de ces grands projets et notamment en matière de spécialisation. Le troisième défi est celui des services. Ces derniers doivent se diversifier pour répondre aux besoins en matière de comptabilité, de maintenance, d'environnement, de sécurité.Il est nécessaire de s'adapter aux nouvelles donnes et d'identifier les différentes pressions, conclut l'intervenant.
De son côté, le représentant du Groupe Boukhatir a présenté le grand projet qui sera organisé au Lac Nord sur une superficie de 250 ha sous le nom de Tunis Sports City. Il a précisé que son groupe engage prioritairement des compétences tunisiennes. Pour lui, le grand défi se rattache au timing:la réalisation de 4 millions de mètres carrés sur une période allant de 15 à 20 ans n'est pas chose aisée. L'investisseur doit voir sa demande satisfaite sur le marché local en temps opportun.
Pour Mr Mohamed Khalil Najjar, sous-directeur de PerSons International, la Tunisie sera le point de départ de sa société vers le Maghreb et toute l'Afrique. La société qu'il représente compte quinze mille employés répartis sur 62 pays. Parlant de la formation des ingénieurs, il précise que sur le plan scientifique, l'ingénieur tunisien est mieux formé que son homologue européen. Toutefois, cette formation doit être enrichie pour l'introduction d'une formation juridique relative à la gestion des affaires et au management, l'objectif étant de tirer profit de toutes les opportunités offertes.
Ainsi, ces grands projets s'inscrivent dans une stratégie qui consiste à évoluer vers des activités à haute valeur ajoutée à même de générer des opportunités d'emploi pour les jeunes diplômés. L'objectif de cette stratégie est de repositionner l'économie tunisienne et de l'orienter vers des activités porteuses permettant d'améliorer le revenu du Tunisien moyen et de conforter son pouvoir d'achat.
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